
Aion RP Communauté Roleplay sur Aion - Serveur Urtem |
| | | [Background Ywain] Tu seras un Homme... | |
| | Auteur | Message |
|---|
Ywain Highspear Nomade

Messages: 66 Date d'inscription: 08/01/2010
Feuille de personnage Race: Elyséen Classe: Gladiateur Légion: Ars magna
 | Sujet: [Background Ywain] Tu seras un Homme... Mar 2 Fév 2010 - 9:44 | |
| Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties Sans un geste et sans un soupir, Si tu peux être amant sans être fou d’amour ; Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre Et , te sentant haï, sans haïr à ton tour, Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d’entendre tes paroles Travesties par des gueux pour exciter des sots, Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles, Sans mentir toi-même d’un mot ; Si tu peux rester digne en étant populaire, Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois Et si tu peux aimer tous tes amis en frères, Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître, Sans jamais devenir sceptique ou destructeur Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître, Penser, sans n’être qu’un penseur ; Si tu peux être dur sans jamais être en rage, Si tu peux être brave et jamais imprudent, Si tu peux être bon, si tu sais être sage, Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer triomphe après défaite Et recevoir ces deux menteurs d’un même front, Si tu peux conserver ton courage et ta tête Quand tous les autres les perdront ; Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire Seront à tout jamais tes esclaves soumis Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un Homme, mon fils.
Rudyard KIPLING |
|  | | Ywain Highspear Nomade

Messages: 66 Date d'inscription: 08/01/2010
Feuille de personnage Race: Elyséen Classe: Gladiateur Légion: Ars magna
 | Sujet: Re: [Background Ywain] Tu seras un Homme... Mar 2 Fév 2010 - 9:49 | |
| Chapitre I Première et seconde naissance
1°) Tu seras un Homme. 2°) La voie du Daeva. 3°) Bedwyr. 4°) Cinq ans. 5°) Le Baiser. 6°) Le Serment. 7°) Les pierres du juste. 8°) Le rituel d'Ascension.
Dernière édition par Ywain Highspear le Sam 6 Mar 2010 - 6:02, édité 2 fois |
|  | | Ywain Highspear Nomade

Messages: 66 Date d'inscription: 08/01/2010
Feuille de personnage Race: Elyséen Classe: Gladiateur Légion: Ars magna
 | Sujet: Tu seras un Homme.. Mar 2 Fév 2010 - 10:44 | |
| http://www.deezer.com/listen-3235924 (en aucun cas obligatoire mais c'est ce que j'écoutais au moment de l'écriture) Sur les chemins mal pavés d'une terre reculée, le seigneur Highspear presse sa monture, dont le pas languide lui parait trop lent. En arrière, son escorte déjà a cessé la poursuite de peur de crever les bêtes, et c'est seul qu'il franchit la petite enceinte de la gentilhommière. Dans un bond, il saute à bas et jette les rênes à un écuyer abasourdi. Il ne lui faut que quelques secondes pour atteindre la chambre de maître où le silence feutré lui fait craindre le pire. Ne devrait-on percevoir les pleurs d'un enfant ?
Les suivantes de son épouse le calment et l'entourent, toutes parlent en même temps, et il chasse avec empressement ces agaçantes femelles, pour pénétrer d'autorité dans la pièce fermée. A l'intérieur, un unique chandelier dissipe l'ombre, adoucit les couleurs. La chambre est entièrement tendue de velours cramoisi, jusqu'aux portières, frappées au armoiries familiales. Tapie dans un coin, la sage-femme s'avise de sa présence et se lève de son siège pour plonger dans une révérence mesurée. Entre ses bras, le petit paquet de linges blancs explique sans doute son manquement à l'étiquette. Silencieux sur les tapis épais et sombres, le seigneur s'approche pour regarder sa progéniture." L'enfant n'a pas pleuré Gael. Et voyez, il est né coiffé. - Des signes de force assurément. " D'un geste, il rabat le linge qui cache le sexe. Pas un muscle ne bouge sur son visage, lorsqu'il relève les yeux pour croiser le regard de la femme. D'un signe du menton elle indique le lit où une forme moribonde s'étend, si immobile qu'on la pourrait croire déjà passé." Le chirurgien a fait ce qu'il a pu, Gael, elle a perdu trop de sang, il n'est pas parvenu à faire cesser l'hémorragie. Peut être devriez vous.. " Levant une main avec une élégante autorité, le seigneur Highspear impose le silence, et marche jusqu'au lit de sa femme. Dissimulé dans l'ombre, tenant la main de sa mère, Gaheris arbore déjà l'air grave qui sied à un digne héritier. Aux yeux de la famille, un enfant est à peine plus qu'un petit animal, état dont il convient de le faire sortir au plus tôt en lui imposant une discipline stricte et une éducation très avancée. A cinq ans à peine, l'enfant manifeste des aptitudes qui comblent les siens d'aise, et c'est avec un salut bref mais parfaitement protolocaire qu'il accueille son père." Gaheris. Allez vous occuper de votre frère avec soeur Aean. - Oui, Gael. " Très digne dans ses petits habits de gentilhomme, Gaheris se laisse glisser au bas du lit et disparait derrière les baldaquins tirés du lit. Se retournant, le seigneur regarde son épouse un long moment, puis d'une main hésitante, ose une caresse sur le visage flétri. Aussitôt elle s'éveille, et, malgré son état, a un sourire de bienvenue." Gael...j'ai eu si peur que vous n'arriviez point à temps...dites moi...je n'ai pas voulu savoir avant votre retour...la malédiction... - L'enfant a la délicatesse de vos traits, ma dame, et ma force de caractère. Le premier second de la famille depuis huit siècles. S'il plait à Aion, il sera noble et droit. Il s'appellera donc Ywain, du nom de notre ancêtre. Puisse-t'il mériter, à son exemple, le surnom du Juste. " La main, aussi fine et blanche qu'une toile d'araignée, se crispe sur son bras dans un élan de bonheur." Gael...ne vous l'avais-je point dit ? Aion nous a...pardonn... " Sans manifester la moindre émotion, le seigneur recueille d'un baiser le dernier souffle de son épouse, puis ferme ses yeux avant de détacher un à un les doigts de son bras, où cinq marques blanches restent un moment gravées. Comme subitement vidé, il se releve, ses yeux gris ternis par la peine contenue, et considère de loin le tableau que forment Gaheris et la sage femme, penchés au dessus du berceau du nouveau né. Se dressant sur la pointe des pieds pour atteindre le rebord, le jeune héritier fait glisser sous la couverture son bien le plus précieux, une toupie de bois tout simple, décorée aux armoiries familiales, offerte par son père pour le consoler de ne pouvoir venir repousser les kralls à ses côtés. Venant poser une main sur l'abondante chevelure noire de son aîné, le seigneur vient lui au dessus du berceau profiter de l'instant fugace, avant que les charges et le chagrin ne l'assaillent tout à fait. Un regard de la sage-femme suffit." Gael, devons nous... - Faites le amener au monastère de Nezakan. - Mais Gael c'est une... - Suffit ! Ne suis-je donc plus maitre en mon propre logis ? Faites donner l'ordre ! Il recevra l'éducation traditionnelle des futurs daeva de notre famille, il accomplira la Quête, et sa gloire sera comme le feu brûlant et immortel des phénix de Théobomos ! " A l'heure où les ombres jetées par les barreaux des fenêtres emplissent la pièce d'un jour plus sombre encore, le seigneur Highspear guette le départ du convoi. Sur le carreau froid, alors qu'il murmure, son souffle embue sa vision, et son visage, un instant masqué, devint plus impénétrable que jamais. "Car tu seras un homme..."
Dernière édition par Ywain Highspear le Mar 2 Fév 2010 - 12:03, édité 3 fois |
|  | | Ywain Highspear Nomade

Messages: 66 Date d'inscription: 08/01/2010
Feuille de personnage Race: Elyséen Classe: Gladiateur Légion: Ars magna
 | Sujet: La voie du Daeva Mar 2 Fév 2010 - 11:37 | |
| Lever, quatre heures. Toilette, quatre heures trente. Prière, cinq heures. Petit déjeuner six heures. Leçons, sept heures. Repas frugal, ou jeûne, midi. Quatorze heures, exercice. Seize heures, besognes diverses. Dix-huit heures, repas. Dix-neuf heures, coucher.
La vie au monastère était réglée sur un rythme immuable depuis des siècles. Chaque heure, divisée en tâches, découpait la vie en petits morceaux et avançait lentement mais sûrement vers la suivante. Plus qu'un lieu de culte, le monastère était devenu un lieu d'éducation privilégié par la noblesse du pays, qui voyait dans cette pension le double avantage d'un enfant de moins à élever et d'une solide éducation doublée d'un excellent apprentissage des armes le jour où il en serait libéré. Les leçons y étaient dispensées dans une atmosphère constante de rivalité, sous la terreur toute puissante du martinet que le père supérieur maniait avec une sournoise dextérité, même s'il aimait également recourir à des punitions moralement plus satisfaisantes pour l'âme, comme le jeûne forcé ou la pénitence publique. Ainsi constament poussés vers le haut, les jeunes nobles qui y faisaient école faisaient rapidement preuve d'un très solide sens des valeurs personnelles et de leur propre ego, mais par dessus tout, développaient d'incroyables facultés pour la dissimulation et le mensonge.
Imperturbable, d'une politesse acérée, Ywain agaçait. Il n'était d'aucun jeu, d'aucun charivari, acceptait sans un mot les punitions lorsqu'on parvenait à lui rejeter la faute. Dans un élan de curiosité personnelle, l'abbé lui même chercha jusqu'où l'enfant pouvait aller. Ce ne fut qu'au bout de quatre jours que, terrassé par la faim et la soif d'un jeûne trop long, couplé à un exercice quotidien vigoureux, il fallut d'urgence le faire transférer à l'infirmerie monacale.
" Il a tout le temps l'air de se moquer de nous. - Moi je sais qu'il vole et qu'il mange en cachette. Aristius l'a vu. - Hey ! J'ai dit que je croyais qu'il le faisait ! - C'est tout comme. Il nous dévisage sans parler. Ca me fiche le bourdon chaque fois qu'il me regarde. On dirait qu'il enregistre tout. - Faudrait lui donner une bonne leçon. "
Les quatre têtes s'inclinèrent d'un commun accord et se tournèrent vers la petite silhouette qui contemplait une fourmilière au loin. Le plus grand s'avança et écrasa son pied par dessus dans l'hilarité générale, qui redoubla lorsqu'il lui rejeta de la poussière dans la figure. En passant sa manche sur son visage d'un air distrait, Ywain se redressa et arrangea les plis de sa tunique trop grande. Puis tourna les talons et s'éloigna en direction du bâtiment principal. La cloche du repas ne tarderait pas à sonner.
" Hey ! Pourquoi est ce que tu fuis toujours ? Tu ne peux pas te battre pour une fois ? On t'a vu t'entraîner, comme si ça pouvait arranger quelque chose ! " Les rires reprirent tandis que la silhouette blond platine s'arrêtait pour leur retourner un regard vide. Simplement, il répondit : " Je vous bats chacun d'une main. Tous avec les deux. C'est pour ça que je ne vous répondrai pas. "
" Espèce de petit..." Estomaqué par tant d'impudence, le plus grand s'approcha les poings levés et frappa un coup dans le vide. Vivement, Ywain ramassa un bâton et en abattit un coup sur le crâne offert. Pendant que le premier tombait le nez dans la poussière, il roula et ramassa un second bâton, faisant face à la horde qui lui fonçait dessus. Le second fut esquivé et projeté sur le troisième, le quatrième écopa d'un coup sur la tempe, et le premier, revenu à l'assaut, reçu un coup de coude qui lui éclata le nez et éclaboussa de sang la manche du jeune homme. Lorsqu'il se fut abattu au sol de toute sa longueur, Ywain se jeta à califourchon sur lui et posa ses bâtons en croix sur le cou. Puis tranquillement il dit : "t'es mort.", jeta ses bâtons et se hâta de répondre à la cloche du dîner.
Au détour d'un pilier, il se heurta au père supérieur qui le dévisagea sans y croire. " Ywain, qu'avez vous fait ?! Votre bras ! - Ce n'est rien mon père. Je le laverai. - Je ne parle pas de ça ! Où sont vos camarades ? - Ils vont arriver, mon père, j'ai pris garde de mesurer mes coups. "
Ce fut surtout le ton de tranquille évidence qui exaspéra le plus le prêtre. Furieux, il pris Ywain par la main et le conduisit au cachot. L'endroit n'avait de cachot que le nom, et cachait en fait une pièce petite mais salubre, pourvue d'un lit dur qui seul meublait la pièce. L'enfant y fut jeté avec tant de violence qu'il s'écorcha les mains sur le plancher mal raboté. " Vous resterez ici deux semaines. Peut être réfléchirez-vous un peu plus à vos actes la prochaine fois. - Mon père, la peine la plus longue ici a été de deux jours. C'est injuste... - Votre destinée est de comprendre que vos agissement à vous auront dix fois plus d'impact que ceux du commun des mortels. Désormais, pour toute faute commise, vous serez puni au double de vos camarades afin de vous inculquer réflexion et modération en toutes choses."
Sans protester, Ywain s'assit sur le lit et posa ses mains à plat sur ses genoux, regardant droit devant lui. " Bien mon père. "
Avec tout de même une once de remord devant tant de résignation, le grand prêtre referma la porte à double tour. |
|  | | Ywain Highspear Nomade

Messages: 66 Date d'inscription: 08/01/2010
Feuille de personnage Race: Elyséen Classe: Gladiateur Légion: Ars magna
 | Sujet: Bedwyr Mer 3 Fév 2010 - 13:22 | |
|
La toupie vrombissait follement sur le sol sablonneux de la cour d'entraînement. Adossé contre un mur, la ficelle reposant mollement dans sa main, Ywain laissait ses yeux la suivre, serein, avant de la relancer inlassablement et de la contempler de nouveau. Le toupillement soyeux emportait les pensées, chassait les doutes et laissait dans l'esprit une place nette et pure, où le jeune homme pouvait calmement semer les germes de sa reflexion. Pour l'heure, aucune question n'occupait ses pensées, et c'est avec quiétude qu'il laissait son corps agir à sa place, semblable déjà à une armure vide et disciplinée, sans âme ni émotions.
Le jouet lui était parvenu le matin même. Gaheris seul se souvenait immanquablement de l'anniversaire de son frère, et ses cadeaux parvenaient chaque année sur le seuil d'Ywain avec une ponctualité sans faille. Ywain, lui, ignorait la date de naissance de son frère, et Gaheris ne chercha jamais à la lui indiquer. Il prenait ces marques d'affection avec l'impassibilité qui lui était propre et se contentait d'honorer son ainé à distance, en tant qu'héritier de la famille.
L'ombre qui s'étendit soudain sur la toupie lui fit lentement relever le nez. Elle était haute et bien découplée, bordée de soleil comme une auréole divine. Dans l'ombre, le visage mangé de barbe restait indéfinissable et mystérieux, mais ses yeux, brillants et francs luisaient alors qu'ils détaillaient l'enfant sans hâte. Les regards se lièrent, noir contre azur, tandis que la toupie venait finir sa course contre une botte à talons plats, dont le cuir de bonne qualité semblait patiné par un long usage. Apparement, ce qu'il vit lui plu, puisque le géant fini par courber sa haute silhouette pour ramasser la toupie et tendre sa main libre vers Ywain qui se laissa relever en silence. " Je suis Bedwyr Ar Al'sheir. Ton nom, enfant ? - Ywain Highspear, monsieur. - Le second Highspear de ta génération ? - Oui, monsieur. - C'est bien. Vas préparer tes affaires. Nous partons demain au lever du jour. "
Sans broncher, l'enfant resta droit et fier, sans faire mine de tourner les talons, ses yeux plantés dans ceux de l'homme dont il ne parvenait toujours pas à distinguer l'expression. " Ne t'a t'on pas appris à obéir, Ywain ? - Si, monsieur. Ma toupie, monsieur. " L'étranger considéra un instant la toupie dans sa main, puis un sourire éclatant découvrit une rangée de dents blanches et carnassières qui tranchèrent sur l'ombre du visage. " Bravo. Il ne faut jamais perdre de vue les choses importantes. Allons y. J'ai un certain nombre de choses à t'expliquer avant qu'on ne parte. "
C'est sans surprise qu'Ywain appris qu'on avait envoyé Bedwyr pour prendre en charge le reste de son éducation. En pleine lumière, son visage prenait la teinte sablée et lumineuse de ceux qui vivent au grand air. Ses cheveux d'un noir bleuté était longs et retenus sur sa nuque en une coiffure lâche et fonctionnelle afin de ne pas gêner ses mouvements. Moins massif qu'il ne l'avait d'abord paru à Ywain, il était cependant très grand et marchait légèrement courbé à pas souples et élégants, totalement silencieux malgré le sable et les gravillons du chemin. A sa ceinture étaient suspendues deux épées à l'allure d'autant plus efficace que leur décoration restait simple. L'une argent, l'autre sombre. Alors qu'Ywain allait franchir le seuil du dortoire, l'homme posa une main gantée sur épaule et le fit volter face à lui. Son regard, une nouvelle fois, jaugea l'allure de son élève. " Ywain, la tradition de ta famille exige que je te laisse le choix de refuser si tu le désires. Si tu le souhaites, tu peux mettre fin à tout celà et retourner à une vie paisible parmi les tiens. Tu es seul juge, car personne n'est en droit de t'imposer une servitude éternelle. Que dis-tu ? "
L'enfant le considéra longuement. Derrière les yeux azur, Bedwyr vit les pensées s'assembler, aussi froides et pures que la glace, simples et solides comme le marbre. " Je servirai, monsieur. " Un instant, la question flotta sur les lèvres du chevalier. Fallait-il insister, arracher à cet enfant une réponse qui fût vraiment sienne ? Avec un soupir, il renonça, et retira sa main. " Fais tes bagages, puis va dîner aux cuisines. Ton service commence dès ce soir. Tu me servira à la table du grand prêtre. Si tu semble savoir te taire, il te va également falloir apprendre à écouter. "
|
|  | | Ywain Highspear Nomade

Messages: 66 Date d'inscription: 08/01/2010
Feuille de personnage Race: Elyséen Classe: Gladiateur Légion: Ars magna
 | Sujet: Cinq ans... Sam 6 Mar 2010 - 6:02 | |
| Le regard de Bedwyr se perdait dans le crépitement du feu, puis se détacha vers son élève. Ca faisait cinq ans, ce soir là. Ywain se souvenait-il du jour où son maître l'avait sorti de son monastère, morveux déguenillé ? Il ne pouvait qu'admirer la constance avec laquelle le jeune homme avait progressé. Le maniement des armes tout comme celui des mots, l'art de la guerre, la logique, l'enfant avait tout accepté avec une patience mesurée. Bedwyr s'était plus d'une fois senti désarçonné par la sensation troublante de se trouver face à un gouffre insatiable, jamais rassasié par le savoir. Depuis quelques semaines, tous deux profitaient de l'hospitalité d'un châtelain de campagne, où le chevalier entendait apprendre à l'enfant les subtilités d'un comportement courtois. La réaction des jeunes filles de la demeure ne laissait cependant aucun doute sur ses succès futurs, et Bedwyr se sentait fier de son élève. Un chevalier sans dame ni dieu était comme une plume livrée au vent. L'amour et la foi étaient une ancre bien plus fiable que le vernis de l'éducation.
L'adolescent avait belle allure dans un gracieux pourpoint de velours noir. Les cheveux d'ébène étaient longs, épais et bouclés, rebelles à toute coiffure. Il arrivait qu'Ywain les tirât en une natte épaisse dont l'allure barbare contrastait étrangement avec la finesse de ses traits pâles. Ses paupières baissées voilaient l'éclat azuré d'un regard à la tranquille douceur, et ses lèvres finement dessinées avaient la tendresse mordante et l'aspect velouté d'une mela.
Bedwyr sursauta lorsque les rires des femmes lui parvinrent. Ywain venait de déplacer son fou. Le chevalier risqua un coup d'oeil discret vers les tentures où plusieurs regards brûlants lui répondirent. Ses lèvres bougèrent à peine. "Je crois que ces jeunes filles préfèreraient t'emmener te promener" Le jeune homme ne leva même pas le nez et s'accouda sur la table d'échec en posant son menton sur ses doigts entrecroisés, fixant le jeu de l'air serein qu'il arborait en permanence. "Elles n'ont cessé de me suivre aujourd'hui. - Je présume donc que tu as trouvé une cavalière pour ce soir ? - Oui maître. - Laquelle ? - La première qui a demandé, maître." Bedwyr resta un instant interdit, puis esquissa un sourire tendre devant la candeur de son élève. Il serait un modèle de galanterie, parfait jusqu'au plus infime détail, et bouleverserait sans doute le coeur d'une jeune fille dont le tort serait de lire une équivoque dans les gestes à la courtoisie soigneusement mesurée de son partenaire. En cinq ans Ywain avait beaucoup appris. Mais il lui restait à comprendre que la logique est faillible.
Il gagna en quatre coups. Le jeune homme fini par envoyer son propre roi au tapis d'une pichenette, sobre dans la défaite comme dans la victoire. Bedwyr savait déjà qu'il ne pourrait développer cette tactique la prochaine fois. La capacité d'apprentissage d'Ywain avait parfois quelque chose d'effrayant. En silence, l'apprentit se leva. Son maître retint sa main, affinée et pâlie par le sombre ostentatoire du velours de son vêtement. L'adolescent s'était figé et regardait son maître en silence, attendant l'ordre. Dissimulant un trouble qu'il ne s'expliquait pas, Bedwyr joint ses mains dans son dos. "Ce soir tu ne sers pas, Ywain, tu es un invité. Tu dîneras à mes côtés. Tu sera également autorisé à converser de sujets badins. - Oui, maître."
Oui maître. Ywain semblait d'un abord facile. Le chevalier s'y était d'abord laissé prendre, pour comprendre plusieurs mois plus tard que son apparente docilité dissimulait une âme sauvage et fière, domptée par une volonté de fer qui se servait de l'orgueil comme d'une arme. Il paraissait insignifiant jusqu'à ce qu'une remarque bien placée et comme lâchée par hasard vous pousse à plonger dans l'azur de ses yeux pour tenter d'y puiser les pensées glacées et brutes qu'il s'abstenait d'émettre tout haut.
Dernière édition par Ywain Highspear le Sam 6 Mar 2010 - 18:08, édité 2 fois |
|  | | Ywain Highspear Nomade

Messages: 66 Date d'inscription: 08/01/2010
Feuille de personnage Race: Elyséen Classe: Gladiateur Légion: Ars magna
 | Sujet: Le baiser Sam 6 Mar 2010 - 8:37 | |
| Le choc de l'acier résonnait dans la cour d'entraînement. Après avoir raccompagné sa cavalière à la porte de sa chambre, Ywain avait tenu à pratiquer l'entraînement quotidien qui avait fait défaut le matin.
Ils n'avaient pas pris la peine de se changer. Par le passé, Bedwyr avait déjà constaté que les armures alourdissaient son élève plus qu'elles ne le protégeaient. Pour la première fois depuis longtemps, il constatait les progrès sans artifice. Le jeune homme esquivait, parait, tournoyait avec une rapidité hors normes. Déjà, son maître entrevoyait la manière dont il allait orienter sa spécialité. Jamais Ywain ne saurait résister aux chocs frontaux comme le faisaient les templiers traditionnels. Deux épées. C'était le propre style de Bedwyr, qu'il n'avait jusque là pas envisagé d'enseigner à cause de sa complexité et de la discipline qu'il exigeait.
Ywain para le coup suivant et appuya sa main gauche en renfort sur la lame. Un instant les deux combattants restèrent en équilibre, puis le jeune homme eu un mouvement qui surpris son maître. Sans rompre, il se laissa tomber à genoux, les mains au dessus de la tête, et fit glisser le fil de son épée contre celle de Bedwyr. Le pommeau heurta le foie sans protection du chevalier qui rompit la mêlée en se pliant de douleur. Devant, Ywain se redressait. Posant un genou en terre, Bedwyr leva les yeux sur son élève.
Le vent nocturne soulevait les longs cheveux noirs. La lueur de l'unique torche allumait dans ses yeux une illusion incandescente. L'effort avait coloré ses joues du même rouge que ses lèvres. Le visage, gracieusement équilibré n'exprimait rien. A à peine seize ans, il irradiait déjà l'aura, mélange de douce bonté et de calme serein des porteurs de la Foi, y ajoutant le détachement propre à sa condition. A la table de la vie, Ywain serait un serviteur, un gardien voué à veiller au bien-être des convives. Il semblait l'avoir depuis longtemps accepté, et ne manifestait que rarement ses émotions. Dans la brume nocturne, son souffle léger se muait en cristaux glacés aussi légers qu'une ombre.
Avec un sourire sombre, Bedwyr se releva en dégainant son second sabre, à l'envers. Jamais Ywain ne l'avait poussé dans ses derniers retranchements. Il volta en abattant une arme. Les brumes d'éther se dissolvaient autour de lui, lueurs irisées et ténues. La rapidité du coup surpris Ywain qui roulait déjà sur le côté. Le chevalier avait couvert une distance de cinq pas en moitié moins de temps qu'il n'en fallait à un serpent sur une plaque chauffante. Le vent emporta le sable qui s'éleva au point d'impact, tandis que le jeune homme parait de justesse le coup suivant, porté de front. Les deux mains sur la lame, il bloqua le sabre et projeta son maître en arrière avant de se relever et de faire face. Dans son esprit, les pensées glacées s'alignaient comme autant de données. Bedwyr semblait vouloir lui donner une leçon. Il ne s'arrêterait pas avant qu'Ywain ait compris. Mais quoi ? Jusqu'où pouvait-il pousser la vitesse ?
De sa botte de cuir, l'apprenti tira une miséricorde ouvragée, plus décorative que pratique. Il faudrait s'en contenter. Il devait absolument pouvoir parer la seconde lame tandis qu'il cherchait à percer la garde. En silence, les deux guerriers tournèrent sur place dans cesser de se fixer. Le regard de Bedwyr exprimait la rage, la volonté de vaincre, et plus que tout, le désir sauvage de tuer. Méfiant, Ywain se contenta de tenir sa garde, ignorant tout de la façon dont il devait attaquer. De nouveau, Bedwyr était contre lui, sans qu'il ait compris le mouvement. Refusant de céder à la panique, il rompit lentement, un pas après l'autre, parant chaque coup avec une froideur concentrée.
La sensation massive du mur dans son dos le ramena à la réalité du terrain. Il s'était laissé acculer. Dans cette posture, ses mouvements étaient limités. Glissant contre la pierre, il esquiva la menace d'un sabre qui venait transpercer son front et se planta entre les moellons.
Le sabre gauche était sur sa gorge...
Ywain ferma les yeux et laissa tomber ses deux armes qui se plantèrent en oscillant dans la terre battue. Le souffle court, il s'efforçait de taire les battements désordonnés de son coeur. Le temps s'allongea, à l'infini. Bedwyr ne l'aurait jamais tué, mais un instant le doute avait effleuré son esprit. Les yeux clos, il sentait le fil de la lame, la respiration de son maître, l'odeur de cuir et de teinture de ses vêtements. La pression sur ses lèvres, douce et chaude lui fit rouvrir les yeux sous la stupeur. Bedwyr se détacha, rengaina ses armes d'un geste vif et posa une main sur la joue d'Ywain tandis que son bras étreignait sa taille fine, puis le soulevait et l'appuyait contre le mur pour l'embrasser encore.
Les lèvres se cherchèrent, fiévreuses, exprimant avec simplicité la rencontre et les premiers jours, la tendresse grandissante au fil des mois, puis des années, le changement, puis le sentiment, qui avait grandi, ignoré et soigneusement dissimulé, par convenance, par pudeur. Au seul son de la respiration d'Ywain, Bedwyr s'affolait et resserrait son étreinte, à le briser. Ses doigts fébriles rompirent les cordons de soie du pourpoint, libérant le corps frêle jusqu'au ventre. Sous ses mains, l'étoffe des bandages qui resserrait les seins se déchira, dévoilant les rondeurs insoupçonnées de tous.
Une main fine se posa sur sa joue. A fleur de lèvres, le murmure qu'il souffla le dégrisa et il retrouva la raison. A la simple lumière des étoiles, il était d'une beauté angélique. La fine courbure de sa joue, le ciel de ses yeux où brillait la nuit, jusqu'à la fine soie de ses cheveux. Jamais il n'avait paru si femme. Sous ses doigts, il sentait le coeur qui battait à tout rompre. Il semblait effrayé, dépassé par des effusions qu'il ne comprenait pas, plus fragile qu'il ne l'avait jamais vu, même lors des rares fois où, malade et fiévreux, il avait dû prendre soin de lui. L'une de ces rares fois où il avait découvert... A nouveau, le murmure inquiet dansa sur ses lèvres, rompant ses pensées. " Maitre...? "
L'étreignant une dernière fois, il fini par le reposer. Avec des gestes doux, il le rajusta et défit le cordon qui nouait le col de son propre habit pour le lui tendre. Dissimulé dans l'ombre, son visage était indéchiffrable. Sa voix un peu rauque. " Vas te coucher. Nous repartons demain. - Oui, maître. - Ywain... - Maître ? - Aies l'obligeance de pardonner son égarement à un homme d'honneur. - Oui, maître. " |
|  | | | | [Background Ywain] Tu seras un Homme... | |
|
| Page 1 sur 1 |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |
|