
Aion RP Communauté Roleplay sur Aion - Serveur Urtem |
| | |
| Auteur | Message |
|---|
Elowyn Vanyar Nomade

Messages: 80 Date d'inscription: 19/03/2008 Localisation: 02° 17' 41'' E - 48° 51' 29'' N - Alt. 276 m
Feuille de personnage Race: Asmodien Classe: Aède Légion: La Camarilla Draconis
 | Sujet: Re: Ephémère Eternité Mar 12 Jan 2010 - 1:28 | |
| Chapitre 3 - Itinéraire d'une Aède __________ - iv - __________ Bienveillance Le temps était venu pour Elowyn de parcourir son chemin seule. Mais pas sans but. Pour poursuivre son initiation et abreuver sa soif de connaissance maître YU lui indiqua de se rendre à Pandémonium auprès de l’Ordre des Emissaires d’Aion qui avait leur Sanctuaire dans la capitale. Il évoqua brièvement l’existence de cet ordre comme un réseau de daevas, qui sans être clandestins demeuraient discrets, éparses mais fidèles les uns aux autres de part leur foi commune et leur désir de protéger Atréïa. Elle en apprendrait plus en suivant leurs enseignements. A la fois sur l’histoire de l’ordre, ses valeurs, son réseau tout autant que sur l’histoire d‘Atréïa, ses mythes, ses croyances, ses peuples. Elle pourrait assouvir son besoin d‘érudition et rejoindre l’ordre à son tour. Et au delà certainement poursuivre ses propres quêtes à la fois pour son accomplissement, pour servir les Emissaires, affermir sa foi en Aion et son oeuvre Atréïa. Mais avant de rejoindre la capitale elle devrait passer voir deux personnes et suivre un temps leur vie et leur enseignement. Deux personnes qui furent des disciples de maître YU en des temps différents. Hamellios, désormais Clerc itinérant qui fut autrefois avant la destruction de la Tour, l’un des doyens des Emissaires et par cela maître de l’un de leurs Sanctuaires. Le second, plus jeune de quelques siècles sans avoir connu la tour érigée reliant les hémisphères d’Atréia, Eïjythorn, était un Rôdeur ayant fait le choix de vivre en symbiose avec la forêt à la frontière avec les territoires Maus. Il était d’ailleurs un des rares daevas à pouvoir aborder les Maus. Le jour de son départ elle embrassa chaleureusement sa mère et pris la peine de saluer chacun des habitants du monastère. Les enfants avaient tous la larme à l’œil, leur grande sœur les quittait, peut-être pour toujours, même si elle promit de revenir pour voir comment ils avaient grandi. Son maître lui remit un pendentif. Elowyn reconnu instantanément celui de sa vision dans la grotte. Elle regarda son maître les yeux écarquillés, l’interrogeant du regard. Il lui répondit par un sourire. « Je ne trouve pas le terme de réincarnation approprié, mais il se rapproche le plus de ce qui te relie à ce pendentif. Tu l’as perçu. Il contient une part de cette conscience qui s’épanouit en toi. Tu es bien sûr un être différent et la route que tu suivras te permettra de mieux te connaître. Il se peut pourtant que tu sois confronter à une réminiscence du passé et ce médaillon saura t’identifier pour cette part de ton être qui est de toute éternité. Bonne route Elowyn. » La jeune Aède prit donc la route à destination de la région où œuvrait un certain Hamellios. Maître YU lui avait indiqué qu’à cette époque du cycle de temps il devrait se trouver dans un village particulier. Si les chemins n’étaient pas toujours sûrs, Elowyn se rendit pourtant sans encombre au lieu prévu à la période voulue. Elle n’eût pas de mal à trouver Hamellios. Tous les habitants du village savaient lui indiquer où le trouver. Par certains aspects il ressemblait à maître YU. Cheveux blancs, tenue simple, mais il portait la barbe sans être défiguré, n’avait pas de bâton et n’affectait pas une posture voûtée. Il fut ravi de faire sa connaissance et plus encore d’avoir des nouvelles de maître YU. Elle voulu évoquer les Emissaires pour en savoir plus, mais le sujet semblait douloureux pour Hamellios, qui malgré tout restait fidèle à l’esprit de l’Ordre, mais avait délibérément choisi une vie itinérante, sans être ermite, car il avait besoin du contact des gens. Leur apporter soins et guérisons lui apportait équilibre et sérénité. Et pour se faire il lui avait paru nécessaire de ne pas s’établir en un endroit particulier, mais de parcourir une région, pauvre et éloignée de la soi-disant civilisation pour visiter régulièrement ces gens qui devenaient avec les temps ses amis, ses voisins le temps d’un passage. D’ailleurs c’était devenu un privilège pour les villageois de recevoir sa visite et de lui offrir gîte et couvert pour quelques jours. Il était affectueusement surnommé le « pèlerin guérisseur ». Il accepta naturellement la compagnie d’Elowyn. Elle fut perçue comme une disciple d’Hamellios et accueillie avec les mêmes égards par les villageois, même si le guérisseur souhaitait simplement partager sa part avec sa jeune étudiante, comme il aimait à l’appeler. Dans les premiers temps elle observait surtout les manières de faire du soigneur. Jamais il ne s’imposait aux gens. Il signalait sa présence et ceux qui le souhaitait venait le consulter. Il passait beaucoup de temps à écouter ces gens simples, et généralement quelques baumes et paroles chaleureuses suffisaient à réchauffer les cœurs et guérir les blessures de la vie. Des soins plus conséquents étaient parfois requis, et alors on considérait ses actes comme miraculeux. Bien qu’il n’ait jamais redonné la vue à un aveugle ou fait repousser ses jambes à un cul-de-jatte. Puis à l’occasion elle s’essaya à écouter et réconforter les mères et les jeunes filles. Elle avait toujours naturellement cette aura bienfaitrice auprès des enfants. Par moment elle avait l’impression de se retrouver à la place de sa mère dans leur ancien village où elle était respectée pour ce rôle de confidente et confectionneuse de baumes calmants et guérisseurs. En quelques mois elle avait gagné la confiance des villageois. Elle put alors s’exercer aux autres arts de la guérison. Le but n’était pas qu’elle devienne elle-même une soigneuse hors pair, elle n’en avait pas la prétention ni l’intention, ni le temps. Mais Elle apprit à utiliser sa capacité de concentration pour drainer l’Ether là où il était utile, et surtout acquit les notions essentielles d’anatomie et de physiologie pour l’exercice de soins essentiels. Il arrivait parfois à Hamellios de régler les conflits locaux en écoutant les différents protagonistes. Sa sagesse était respectée et de fait son jugement écouté. Là où ses interventions trouvaient leurs limites étaient dans les villages non loin de la frontière mouvante avec les Maus. La présence permanente de daevas devait rassurer et protéger les villageois, mais le caractère belliqueux de part et d’autre pouvait mener parfois à des incidents tragiques. Ils se rendirent dans l’un de ses villages, qui faisait partit aussi de la limite géographique que le clerc s’était assigné comme territoire d’exercice. D’autre part Elowyn lui avait parlé du fait qu’elle devrait rencontrer un certain Eïjythorn. Hamellios le connaissait, mais le Rôdeur était plus imprévisible et généralement éloigné des humains dont il ne supportait la compagnie qu’à très petite dose. Il laisserait donc un message à son intention, en tant qu’éclaireur des Emissaires d’Aion il y avait moyen de le contacter, il saurait alors les trouver quand il pourrait et surtout quand il voudrait. Lorsqu’ils parvinrent au village proche de la frontière celui-ci paraissait en état de siège. Des mouvements hostiles et massifs de Maus avaient été repérés. Les quelques daevas en poste avait donc érigé des barricades en prévision d’un assaut. Le nombre des adversaires n’avait pas pu être évalué mais les rapports étaient pessimistes. Des renforts avaient été demandé mais il était peu probable qu’ils arrivent avant deux jours, or la menace Mau semblait devoir survenir dès le lendemain. Le village se situait en léger aplomb d’une vallée au delà de laquelle s’étendait les territoires Mau, et la seule voie d’accès se faisait par un étroit couloir dans la roche. Des escarmouches avaient eut lieu en lisière de la forêt voisine qui pouvait être une autre voie d’accès pour les assaillants, mais par un grand détour dans cette même forêt primaire, profonde et imprévisible. Cette forêt, hors du territoire Mau n’était jamais empruntée par ceux-ci car dangereuse pour eux, et surveillée par un mystérieux habitant. Mais la menace était cette fois d’une exceptionnelle envergure et la prise de risque des Maus était probable. |
|  | | Elowyn Vanyar Nomade

Messages: 80 Date d'inscription: 19/03/2008 Localisation: 02° 17' 41'' E - 48° 51' 29'' N - Alt. 276 m
Feuille de personnage Race: Asmodien Classe: Aède Légion: La Camarilla Draconis
 | Sujet: Re: Ephémère Eternité Mer 13 Jan 2010 - 23:21 | |
| Chapitre 3 - Itinéraire d'une Aède __________ - v - __________ Confidence Avec la présence d’Hamellios et d’Elowyn il y avait une dizaine de daevas pour défendre le village. Deux archers, quatre guerriers en armures, un mage et un clerc étaient affectés à la protection du secteur. Hamellios avait lui revêtu son armure. Il avait été la récupérer à tire d’aile dans une cache située non loin de là. Les territoires Maus n’étant pas loin il avait estimé qu’au cas où, il serait utile de conserver cette relique. Lorsqu’ils virent dans les lueurs de l’astre matinal apparaître peut-être deux centaines de guerriers Maus ils comprirent que leur objectif serait de résister, de retarder l’offensive en priant Aion que des renforts arrivent. Dès qu’ils le purent les deux archers firent feux mais les Maus étaient rapides et agiles et profitaient de l’abri des parois pour avancer à couvert. Ce n’est que sur les derniers mètres de courses qu’ils pouvaient être touchés. Alternant avec les salves des archers les quatre guerriers s’élançaient dans un front bref de contre offensive. Ils affrontaient alors les combattants Maus mais aussi les sorts de leurs chamans. Soutenus par les soins distants drainant l’Ether jusqu’à eux, les guerriers daevas étaient soumis à des affrontements éprouvants mais repoussèrent les premières tentatives. Lorsqu’on signala des Maus à l’entrée jouxtant la forêt, Elowyn et le mage s’en chargèrent. Une dizaine de Maus tentaient d’attaquer les palissades. Cinq d’entre eux s’écroulèrent avant d’y être, piqués d’une flèche chacun, simultanément. Le mage concentrait l’Ether en faisceaux de glace qui figeaient ou ralentissaient les derniers assaillants. Elowyn déployait les arabesques de son bâton pour les mettre hors d’état de nuire. La jeune Aède perçut des mouvements dans la forêt, d’autres Maus certainement. Mais étrangement aucun n’arrivait à en sortir. L’assaut principal se poursuivait et les capacités des Clercs à soigner atteignaient leur limite. Les Maus avaient battus en retraite mais bientôt lanceraient une nouvelle offensive. Elowyn alla apporter son soutient aux soins requis. Lorsque le nouvel assaut fut lancé les archers continuaient leurs pluies de flèches, les quatre guerriers prirent le relais pour un corps à corps et Hamellios mena la confrontation armé d’un immense marteau de guerre. Il généra une aura protectrice temporaire et balaya les Maus approchant de son marteau. En second rideau les quatre guerriers achevaient les blessés et déployaient une seconde contre offensive. Ces va et vient continuèrent pendant plusieurs heures, mais le nombre des assaillants ne semblaient pas diminuer. Peut-être une cinquantaine de Maus jonchaient le sol, mais il en restait certainement encore plus d’une centaine. Les daevas allaient finir par faiblir, surtout que les Maus avaient maintenant mis au point un moyen de se relayer dans l’assaut afin qu’il soit continu. Les dix défenseurs ne savaient plus combien de temps ils sauraient contenir la menace. Puis derrière eux, dans les cieux une vingtaine de daevas apparurent et fondirent sur la centaine de Maus comme des aigles sur leurs proies. Ces combattants semblaient être d’une autre envergure encore que les daevas affectés à la protection du secteur. Leurs armures témoignaient de leur puissance divine. Une fois au sol le groupe d’assaut asmodien se mit en formation et avançait dans les rangs Maus comme des villageois en pleine moisson. Malgré leur nombre les Maus furent fauchés, balayés, écrasés. Quelques Maus éparses tentèrent un dernier assaut sur le village mais Hamellios et les daevas mirent fin à leur velléité. Au loin quelques dizaines de Maus prenaient la fuite, l’issue de leur bataille était maintenant certaine. La vingtaine de combattants aguerris à ce genre d’affrontement et d’intervention, semblait-il, rejoignit le village. Le groupe était mené par une femme, qui, lorsqu’elle ôta son casque, frappa Elowyn par sa beauté et son charme. Elle l’avait remarqué au loin comme une gladiatrice hors pair. L’élégance, la puissance et la précision caractérisait sa manière de combattre, en même temps qu’une volonté impitoyable dans le regard envers son ennemi. Elle se présenta comme étant le centurion Géhéna, dirigeant une légion d’élite et prenant directement ses ordres auprès du seigneur Shedim Jikel. Avec une partie de sa légion elle revenait des Abysses quand une demande de renforts était parvenue à l’un des postes forteresses sur leur chemin. L’urgence étant comprise elle avait décidée d’intervenir sans attendre les confirmations d’autres renforts. Garder ses légionnaires prêts au combat était toujours une bonne chose. La discipline régnait dans les rangs et Géhéna avait une autorité absolue sur ses effectifs. Ils commencèrent à sécuriser le secteur en prenant comme guide les autres daevas affectés. Une trentaine d’autres daevas arriva. Le reste de la légion de Géhéna. On lui fit un rapport détaillé de la zone avec les pertes ennemies, aucune n’ayant été à signaler côté asmodien. On voyait au loin dans la vallée les Maus venir récupérer les corps de leurs combattants. On signala qu’au moins une cinquantaine de corps Maus furent retrouvés dans la forêt présentant tous une marque de coups mortel, à priori par flèche. Cela confirmait les dire de l’existence d’un, ou plusieurs, gardien de la forêt. Géhéna fit installer le campement pour sa légion. Ils resteraient quelques jours pour s’assurer du retour au calme des Maus avant de passer le relais aux renforts officiels, quitte à voir si une petite expédition en territoire Maus s’avérait nécessaire pour leur fixer les idées. Il y avait quelques femmes dans cette légion d’élite, mais Elowyn se trouvait être la seule daevas n’étant pas subalterne de Géhéna. Presque instinctivement les deux femmes nouèrent une relation particulière. Elowyn fascinée par le charisme de cette femme, Géhéna attirée par la jeunesse et l’indépendance d’esprit d’Elowyn. Elles se retrouvèrent donc le soir, sous la tente de Géhéna, pour discuter et parfois se confier. Sous ses dehors de gladiatrice et chef de légion implacable se cachait aussi une femme en manque d’expression de sa sensibilité. Elle ne devait pas être du genre à s’épancher souvent, mais de pouvoir le faire à l’occasion lui permettait de libérer ses émotions afin de garder la maîtrise de soi. Pour Elowyn c’était un nouveau regard de femme, guerrière qui plus est. Elles parlèrent de Pandémonium, des Seigneurs Shedims, des Abysses, des Balaurs et fatalement des Elyséens. Il y eut alors un point d’achoppement. Et elles comprirent que malgré leur affinité naissante leurs visions de cet ennemi étaient radicalement différentes. Géhéna tentait de la rallier à son point de vue lui suggérant que de rester sur des considérations de l’unité des daevas brisée il y a mille ans pouvait être considéré comme une traîtrise. Elowyn tenait à rester discrète sur son père, sa mère, son maître ou encore les Emissaires d’Aion, autant de soutient à sa façon de voir les choses. Géhéna, avec force de conviction lui expliquait le mal que représentaient les Elyséens. Autrefois voulant pactiser avec l’ennemi, ils firent entrer le loup dans la bergerie lui facilitant la réalisation de son dessein par la destruction de la Tour d’Eternité. Non les Elyséens n’avaient fait qu’accroître le mal et la destruction générée par les Balaurs. Ils ne valaient pas mieux qu’eux... sauf peut-être certains. Ce petit bémol mit la puce à l’oreille d’Elowyn qui s’engouffra dans la brèche. Elle avoua que son père daeva asmodien avait épousé sa mère Elyséenne et mortelle, alors qu’il se trouvait en mission commando sur les terres lumineuses. Et Géhéna, oubliant sa position de reproche et de farouche ennemi des Elyséens, confia à la jeune Aède, qu’elle même avait aimé, et aimait encore, un guerrier Elyséen. Daïsuke était son nom. Que pour lui elle serait prête à toutes les folies. Elowyn lu alors la passion amoureuse qui animait le regard de Géhéna évoquant son amant. Leurs confidences respectives demeurèrent leur secret réciproque. Elles se quittèrent en se disant adieu. Et Géhéna, centurion implacable d’une légion d’élite repris son chemin vers ses prochaines batailles. Le souvenir de ces quelques soirées en compagnie de cette femme charismatique resterait gravé dans la mémoire d’Elowyn. Tout en influençant d’une certaine manière sa volonté et sa détermination à l’image de cette femme qui par certains aspects resterait un modèle pour son subconscient. |
|  | | Elowyn Vanyar Nomade

Messages: 80 Date d'inscription: 19/03/2008 Localisation: 02° 17' 41'' E - 48° 51' 29'' N - Alt. 276 m
Feuille de personnage Race: Asmodien Classe: Aède Légion: La Camarilla Draconis
 | Sujet: Re: Ephémère Eternité Sam 16 Jan 2010 - 23:40 | |
| Chapitre 3 - Itinéraire d'une Aède __________ - vi - __________ L’arc et le bâtonHamellios vint trouver Elowyn. Il était temps pour lui de repartir prodiguer ses soins itinérants. Mais avant de partir il la présenterait à Eïjythorn. Celui-ci avait transmis un rendez-vous au Clerc à l’écart du village, en lisière de forêt. Elowyn appréhendait cette nouvelle rencontre. Saurait-elle se faire accepter d’un daeva vivant à l’écart du genre humain ? Lorsqu’ils arrivèrent au lieu de rendez-vous à l’heure désirée, un petit hululement se fit entendre dans les hauteurs de l’arbre à l’ombre duquel ils attendaient. Le sifflement se répéta, Elowyn ne vit rien. Elle interrogea du regard Hamellios le temps d’une seconde et regarda à nouveau dans l’arbre. Un homme se tenait accroupi, léger comme un oiseau. Son visage était inexpressif, mais ses yeux la perçaient du regard. Le Clerc expliqua au Rôdeur qu’elle était l’élève de maître YU et que ce dernier l’avait envoyé auprès d’eux pour parfaire son apprentissage de daeva avant de regagner Pandémonium et le sanctuaire des Emissaires d’Aion. Eïjythorn ne répondit pas. Il acquiesça en scrutant toujours la jeune Aède. « Bonjour, je suis Elowyn Vanyar. Je suppose que vous êtes Eïjythorn , gardien et protecteur de cette forêt », énonça la jeune Aède en soutenant le regard du Rôdeur. Elle avait bien sûr compris que les corps des Maus retrouvés mort qui jonchaient la forêt aux abords de la lisière près du village étaient son œuvre. « Perspicace », répondit Eïjythorn avec un large sourire carnassier montrant qu’il comprenait l’allusion. « Et bien puisque les présentations sont faites je vais vous laisser... - Vous partez déjà Hamellios ? - Oui, la route m’appelle et tu es en de bonnes mains Elowyn. - Heureux de t’avoir revu Eïjythorn, prends bien soin d’elle. Mais rassure-toi elle est moins fragile qu’il n’y paraît. - Hmmm... merci Hamellios ce fut également un plaisir pour moi d’avoir ta visite. C’est plutôt inhabituel de la part de maître YU de nous confier ses protégés. Elle doit être particulière cette jeune fille pour qu’il l’envoi faire ce genre de voyage initiatique si jeune. - Bonne continuation Elowyn, peut-être nous reverrons nous au long de cette éternité sur Atréïa. - Au revoir Hamellios, tes enseignements me sont précieux et essentiels. » Le Clerc salua Eïjythorn, puis dédia un sourire à Elowyn comme pour la rassurer et lui confirmer ce qu’il lui avait confié juste avant de venir, que sous son apparence de rustre et d’homme sauvage, le Rôdeur avait une sensibilité rare, en symbiose avec la nature qu’il se vouait à protéger. Elowyn lui sourit en retour et fit un signe de la main accompagnant le départ d’Hamellios. Le visage d’Eïjythorn était soudain devenu plus doux. « Sais-tu grimper aux arbres jeune fille ? - Je m’y suis essayé enfant, mais je ne peux pas dire que j’en ai fait une habitude de vie. - Bien nous commencerons par cela. La forêt appartient en premier lieu aux arbres, car sans eux pas de forêt, hein ? - Heu, oui... - Il faut donc apprendre à se faire accepter d’eux, à les respecter, les protéger et ils sauront t’accueillir, t’apporter un habitat. En les débarrassant de leur bois mort tu pourras faire de léger feu pour de réchauffer. D’une certaine manière il faut les apprivoiser et ils deviendront tes meilleurs alliés dans ce monde de la forêt qui est le leur. - Ah... je ne savais pas. - Rare, très rare sont les personnes qui savent, ou veulent bien même seulement savoir. Maître YU ou Hamellios font partis de ceux qui savent, mais ce sont des êtres d’exception, qui par leur expérience et leur sagesse ont su écouter Atréïa elle-même. Avec le temps on peut apprendre à écouter les arbres et à échanger avec eux. Il faut pour cela une infinie patience que nous confère notre immortalité. J’ai moi-même connu plusieurs générations d’arbre. - Plusieurs... - Mais il existe des arbres particuliers, ce sont les sentinelles de la forêt. Il te faudra apprendre à les reconnaître. Car eux ne t’offriront pas leurs branches pour habitat. Mais ils sont bienveillants avec quiconque respecte la forêt. - J’avais déjà perçu le murmure de la faune et de la flore dans mes méditations, et je comprends maintenant un peu plus la richesse que peut recéler la forêt. J’ai hâte d’en apprendre plus et de vivre au sein de cette forêt. - Donne-moi ta main, je vais t’aider à monter. Et puis nous apprendrons à nous déplacer d’arbre en arbre, de branche en branche. Tu me sembles suffisamment agile pour cet exercice. » Elowyn tendit la main au daeva et pu alors voir son visage et son regard. Il semblait jeune, les cheveux châtains, courts et mal coiffés, une barbe de quelques jours entretenue de manière sporadique, des yeux d’un vert profond d’où émanait cette sensibilité dont parlait Hamellios, un regard amical, apaisé. Il était vêtu de cuir léger et souple. Armé d’un arc court et d’une réserve de flèche dans un carquois en guise de gibecière. Elle apprendrait plus tard que des réserves de munitions étaient dispersées dans toute la forêt. Sa démarche était incroyablement silencieuse, d’une souplesse de félin. Les arbres semblaient leur offrir leurs branches pour faciliter leur déplacement, si bien que leurs appuis étaient toujours assurés, aussi bien que s’ils foulaient la terre ferme. Au cours des mois qu’elle passa en compagnie d’Eïjythorn, Elowyn appris à connaître la forêt, à l’apprivoiser et se faire accepter d’elle comme il disait. Elle apprit à vivre dénuée de tout, ne subsistant qu’avec ce qu’offrait la forêt. Et a bien regarder elle était généreuse avec ceux qui la respectaient et la protégeaient. L’Aède trouva ici l’environnement pour explorer les dons de son oreille absolue et de sa voix harmonieuse. Elle reproduisait le bruissement des feuilles, les chants des oiseaux, les cris des animaux. La nature l’inspirait profondément. Elle avait fini par amuser Eïjytohrn avec sa capacité à reproduire les sons de la forêt. Ils arrivaient même à communiquer à distance en utilisant les bruits de la faune. Une complicité naquit rapidement entre eux. La vie sylvestre n’était pas faite que de l’odeur de la flore accueillante. Des créatures corrompues par les réminiscences du mal dispersé sur Atréïa tentaient parfois d’investir la forêt. Les sentinelles et les arbres veillaient, mais le Rôdeur devait parfois intervenir de façon plus active, radicale et rapide. Elowyn l’assistait dans ce genre de tâche. Il y avait aussi les braconniers qui posaient des problèmes. En chassant les animaux sans respecter leur cycle de vie, leur nombre. En abattant les arbres pour en faire le commerce ou du bois de chauffe. Le non respect des équilibres de la forêt, même si celle-ci pouvait être exploitée par les humains, rendait Eïjythorn furieux. Et lorsque les menaces ne suffisaient pas le passage à l’acte était requis. Tous les villageois des abords de la forêt respectaient ainsi les équilibres de l’exploitation forestière. C’était aussi leur moyen de vivre. Ces règles étaient tacites depuis des siècles pour ceux qui connaissaient la forêt, et la légende s’était construite sur l’existence du gardien qui les faisait respecter. Les humains ne connaissaient pas Eïjythorn, certains parvenait à entrevoir une ombre parfois. Mais ils savaient que sa présence protégeait aussi bien la forêt des indésirables qu’eux-mêmes vis à vis des Maus qui auraient l’audace de la traverser pour agresser les humains. Car cela non plus la forêt ne l’acceptait pas, servir de protection à des êtres perpétuant la destruction. Au sujet des Maus, Eïjythorn en connaissait suffisamment pour pouvoir être en contact avec certains. Il expliqua à Elowyn un peu leur mœurs, leur valeurs et les raisons de leur animosité envers les humains et les daevas, tous comme leurs querelles internes. « A une époque lointaine, bien avant la destruction de la Tour, que moi-même je n’ai pas vécu, et même avant l’assujettissement des peuples d’Atréïa par les Balaurs, les Maus n’étaient pas farouchement hostiles aux humains. Ils ont toujours été attachés à la notion de territoire qui est fondamentale dans la culture Mau. Il semble, et à les voir cela est caractéristique, qu’ils possèdent un héritage commun avec les races félines. Et la valeur vitale du territoire, comme leur agilité, sont des marques innées. Les clans Maus se sont certainement bâtis autour de familles, et il y a toujours eut des affrontements entre eux pour des questions de frontière. Leur allégeance aux Balaurs sans effacer ces rivalités existentielles les a réunis, mais sans les unir non plus, dans la nécessité de servir le maître Dragon. Et l’un des rares peuples à échapper au joug des Seigneurs Dragon furent les humains. Naturellement les Maus se firent un devoir de les combattre, et par conséquent d’affronter les daevas lorsqu’ils apparurent. Avec la disparition des Balaurs et la séparation du monde, les Maus se trouvèrent isolés d’une certaine manière et sans maître retrouvèrent leur indépendance. En plus des rivalités de clans qui redevinrent cruciales, divers courants cultuels s’opposèrent. Au fond les humains demeuraient l’ennemi premier. Si d’un côté les nouveaux fanatiques perpétuant le culte des seigneurs Dragons disaient qu’il leur fallait poursuivre la guerre totale dans l’attente du retour de leur maître, d’autres revinrent aux principes fondamentaux de territoires et virent la présence humaine comme une menace. Les conditions d’une guerre larvée furent toujours entretenues par ceux-ci. Mais si les Maus sont de redoutables combattants, ils ne sont pas que cela, et beaucoup aspiraient à retrouver une liberté loin des discours de guerre. Parmi ceux-ci tournés vers l’agriculture, ou la sylviculture, j’ai pu en rencontrer une poignée qui rêvait eux d’un équilibre entre les peuples. Cette poignée qui a osé s’entretenir avec moi représente une volonté profonde du peuple Mau, assurer la pérennité de leur race et de leur territoire dans la paix et le culte de la nature. Mais dernièrement les fanatiques du culte balaurs reprirent l’ascendant sur les autres courants de pensée, invoquant le retour prochain des Seigneurs Dragons. La preuve en était leur capacité à réactiver un ancien portail qui permettrait aux Balaurs de revenir des Abysses. Mes contacts Maus qui voulaient à tout prix éviter le retour de l’asservissement m’avertir d’une expédition dans le désert rocailleux. J’ai avertit immédiatement maître YU, et avec lui tu as mis fin à leur projet. L’attaque contre le village était une autre conséquence de la force des fanatiques. Mais le nombre de leur soutien avait faiblit avec l’échec du portail. Ils tentèrent de galvaniser ceux qui voulaient s’attaquer aux humains pour leur prendre leur territoire, mais les Maus plus pacifiques, partisans de n’attaquer que pour se défendre retinrent l’attention. Ce courant devient prépondérant avec la défaite, et il est porté pas les vieux sages des clans. Néanmoins la menace Mau sera permanente et agira par cycle. » Elowyn put constater que l’animosité des Maus devait être surveillée. Avec Eïjytohrn ils durent fréquemment se battre contre des groupes hostiles. Ils finirent par être connu par les Maus comme l’arc et le bâton gardiens de la forêt. Au fil des mois cette vie à deux, le plus souvent au cœur des la forêt, rapprocha naturellement les deux daevas. Une intimité se créait. Elowyn se sentait confiante avec lui, une sensation qu’elle ne pensait plus ressentir. Mais le rôdeur malgré des attentions à son égard restait distant dans ses gestes lorsque leurs corps étaient proches Un jour Elowyn lui prit la main et leurs regards plongèrent l’un dans l’autre. L’homme hésita à caresser sa joue, il semblait figé. La jeune Aède lui prit l’autre main et la posa sur sa joue, penchant la tête. Tous deux se rejoignaient dans leur réconciliation avec le contact humain. Pour Eïjythorn c’était le contact global de ses sens, pour Elowyn c’était le contact physique d’un autre homme pour lequel elle aurait des sentiments particuliers. Elowyn connue cette nuit là les délices des corps qui s’offrent l’un à l’autre. Ils savaient tous deux que cet acte d’amour s’il était sincère ne se reproduirait sans doute plus. Eïjythorn avait besoin de retrouver sa solitude, Elowyn le ressentait et respectait ce besoin. De son côté elle devait se rendre à Pandaemonium pour achever son voyage. Pourtant cette unique fois scellait leur fidélité comme amants. Cette confiance là il la partageait et la ressentait. Eïjytohrn accompagna Elowyn jusqu’à Pandemonium. Ce voyage lui coûtait personnellement, mais il surmontait son aversion pour le genre humain par son affection pour Elowyn. Aucun autre être n’aurait pu le faire sortir du bois pour le simple fait de se rendre ailleurs sans aucune raison. Ils arrivèrent aux portes du Sanctuaire de l’Ordre des Emissaires d’Aion. Eïjytohrn ne voulut pas prolonger la difficulté de la séparation qui s’annonçait en restant au Sanctuaire. Ils se regardèrent longuement comme pour graver le visage de l’autre dans leur mémoire et se dirent à bientôt, sans savoir quand ni même si ils se reverraient un jour. Mais ils avaient l’éternité devant eux et l’Aède savait où trouver le Rôdeur. |
|  | | Elowyn Vanyar Nomade

Messages: 80 Date d'inscription: 19/03/2008 Localisation: 02° 17' 41'' E - 48° 51' 29'' N - Alt. 276 m
Feuille de personnage Race: Asmodien Classe: Aède Légion: La Camarilla Draconis
 | Sujet: Re: Ephémère Eternité Mer 20 Jan 2010 - 1:14 | |
| Chapitre 3 - Itinéraire d'une Aède _________ - vii - __________ L’Ordre des Emissaires d’AionEn franchissant le seuil du Sanctuaire Elowyn ressentit une ambiance familière. Celle du monastère de maître YU. A la différence de ce dernier, on ressentait ici l’influence de la capitale. De façon discrète l’architecture était plus travaillée. Des tableaux retraçant l’histoire d’Atréïa donnaient vie aux murs et aux coursives du Sanctuaire. Le lieu restait malgré tout un monastère et Elowyn trouva rapidement ses repères. Elle découvrit la bibliothèque, grande et fournie, plus qu’elle n’aurait pu en lire. En comparaison celle du monastère de maître YU lui semblait trop réduite. Elle en avait d’ailleurs fait le tour, même si l’essentiel de son temps l’avait occupée dans le désert dans un apprentissage physique et mental. Le Sanctuaire de Pandémonium était un lieu d’étude avant tout, même si les étudiants y étaient rares. Ceux-ci pouvaient néanmoins perfectionner leurs aptitudes naturelles sous la direction de mentor chevronnés. Elowyn découvrit dans ce temps d’érudition une voie d’épanouissement qu’elle ne soupçonnait pas. Elle absorbait le savoir répandu dans les manuscrits comme d’autres boivent et mangent. Elle en faisait un aspect vital de son existence. Par sa passion dévorante elle faisait l’admiration de ses maîtres, car au-delà d’emmagasiner des connaissances, Elowyn voulait les partager. Ses questions pertinentes et ses questionnements profonds semblaient revitaliser ses mentors plusieurs fois centenaires. Une série de manuscrits étaient cependant au centre de son attention : les Chroniques des Emissaires d’Aion. Celles-ci relataient l’histoire de l’Ordre tout autant que l’histoire d’Atréïa. Elles avaient été rédigées au cours des siècles au plus près des évènements, parfois compilation de plusieurs auteurs. Leur nature factuelle se confirmait lorsque le jeune Aède comparait ces manuscrits avec les récits débordant de propagandes issues des bibliothèques de Pandémonium. Elle avait même pu lire des bribes d’un manuscrit provenant d’Elyséa, qui confirmait le parti pris des auteurs comparativement aux chroniques. Les Chroniques revêtaient d’autant plus d’importance qu’Elowyn, encore disciple, deviendrait un membre à part entière de l’Ordre en tant que missionnaire. Et déjà on percevait en elle, la combinaison du goût pour le voyage et l’aventure avec la passion de l’érudition, qui la confirmerait comme héraut des Emissaires. Sa curiosité pour ces manuscrits s’embrasa dès les premières lectures, lorsqu’elle prit connaissance de la fondation de l’Ordre. « Père fondateur de l’Ordre des Emissaires d’Aion Yffëonas d’Uchtilion fut l’un des premiers daeva révélé. Markutan, le Seigneur du Destin le découvrit et devint de fait son guide principal. La voie de l’aède lui était promise, mais auparavant il devait apaiser la rage qui couvait en lui. Il fut confié à Jikel Seigneur de la Destruction. Yffëonas d’Uchtilion devint alors l’un des héros Gladiateur qui menèrent aux premières victoires sur les Seigneurs Dragons. Sa fureur était telle, qu’il pouvait hors de la protection de l’Aether combattre et vaincre les suppôts de l’engeance draconique. Arriva un temps où son cœur semblait apaisé d’une vengeance dont il gardait l’origine enfoui dans ses souvenirs. Il fut alors confié à Usthiel, Seigneur de la Vie, qui lui enseigna la voie du prêtre et plus particulièrement de Clerc. On lui confia le commandement d’une légion. Toujours aussi impitoyable au combat, il pouvait désormais soutenir ses légionnaires. Son dévouement, son charisme, sa bonté et son héroïsme rassemblèrent ses compagnons en une légion de fidèles combattants. Une force qui s’octroya de glorieuses victoires. Auréolé de ses victoires Yffëonas d’Uchtilion fut appelé auprès de Markutan, son maître, et de Siel, Seigneur du Temps. Une mission émanant des paroles d’Aion devait lui être confiée. Il embrassa la voie de l’Aède, celle qui était la sienne. Son temps d’apprentissage lui permis de méditer sur les paroles divines transmises par les Seigneurs Empyréens. Le nouvel Aède retrouva ses anciens compagnons de légions et leur proposa de se joindre à lui pour fonder l’Ordre des Emissaires d’Aion, messager de la parole divine auprès des êtres libres du joug et de l’asservissement des Seigneurs Dragons. Tous répondirent présents. Dès lors, Yffëonas d’Uchtilion les initia. Ils devinrent les premiers disciples du père fondateur que l’on nommait désormais Maître YU. » Cette petite révélation n’étonna qu’à moitié la jeune Aède. La discrétion et l’humilité de son mentor était si naturelle et profonde qu’elle sourit doucement à la pensée qu’il pouvait quand même jouer les cachotiers. Prétendre être simplement affilié à un Ordre qu’il avait pourtant fondé. Elle poursuivit sa découverte de l’histoire de l’Ordre et de ses valeurs. « Les premiers Emissaires d’Aion furent des nomades. Arpentant les contrées d’Atréïa ces daevas portaient à leurs semblables des paroles de sagesse et de soutien, les confortant dans leur devoir envers Aion. Les mortels recevaient aussi leurs enseignements. Mais les Emissaires ne se contentaient pas toujours de paroles, il leurs arrivait de participer au soutien de la lutte contre des Seigneurs Dragons lorsque l’occasion s’offrait à eux de combattre, les reflexes des anciens légionnaires du front étaient des atouts indéniables. Les messages des Emissaires étaient d’une certaine manière l’évidence. Mais l’avenir était toujours incertain. Aion ne pouvait le prédire, tel est la nature du monde, mais par ces oracles il souhaitait guider continuellement les esprits des daevas. Il fut confié à Yffëonas d’Uchtilion, et ses disciples, de rappeler leur place au combattants semi-divin. Les daevas ne doivent jamais oublier que leur mission est sacrée et que les pouvoirs qui leurs sont confiés le sont à cette seule fin de protéger Atréïa et les peuples libres, luttant contre l’asservissement des Seigneurs Dragons. Ils doivent se méfier de leur propre puissance et de l’orgueil qu’il peut faire naître. Ce même orgueil qui fit perdre aux Seigneurs Dragons leur fidélité à Aion. La survie du monde et de chacun est au prix de l’humilité et de l’abnégation des daevas, protecteurs de la Tour d’Eternité. Car même un bref moment de doute quand à cette mission ou l’illusion de sa propre puissance peuvent être fatales. Ainsi les Emissaires d’Aion développèrent des rhétoriques véhiculant ces messages, cultivèrent la foi en Aion par une sagesse des valeurs simples, et enseignèrent la nécessité et les moyens du devoir sacré des daevas. L’Ordre composé de fidèles et d’amis rassembla bientôt des disciples dont le nombre les obligea à repenser leur propre organisation. Si certains Emissaires demeuraient des nomades, la plupart commencèrent à bâtirent des monastères en des lieux stratégiques. Les Emissaires organisèrent leur Ordre par Sanctuaire, dirigé par des maîtres-doyens. Ces lieux étaient des refuges où pouvaient s’organiser les communautés de mortels, mais servaient pour la plupart de places fortes aux confins de la sphère d’influence de l’Aether et des terres ravagées par l’engeance draconique. Les Sanctuaires devinrent peu à peu des centres d’enseignement primaire pour jeunes daevas, ou enfants pressentis à le devenir par leur prédisposition vis-à-vis de l’aether. On leur enseignait alors les bases de leur devoir sacré, la foi en Aion, et l’éveil à la maîtrise de l’Aether. Ainsi neuf Sanctuaires se répartir sur Atréïa, décliner en Ordres de la mer, de la forêt, des plaines, des cieux, de la cité, des collines, de la montagne, du désert et de la Tour d’Eternité. Ce dernier étant en fait le Sanctuaire consacré aux seuls Emissaires, leur lieu de rassemblement. Ils étaient par ailleurs tous reliés par des portails.» D’après leur localisation de l’époque et des recherches poursuivies suite au grand cataclysme, Elowyn avait trouvé des indications sur leur supposée existence actuelle. Les quatre premiers devait se situé en Elyséa, le Sanctuaire des cieux étant vraisemblablement situé à proximité de la Tour et lévitait grâce à la grande concentration d’Aether, et fut certainement détruit au moment de la catastrophe. Les quatre autres devaient se trouver en Asmodae. Bien que le sanctuaire du désert n’existe plus, il fut semble-t-il reconstruit sous l’égide de maître YU, certainement maître-doyen de cet ordre. Celui de la cité avait disparu avec la Tour d’Eternité, mais fut reconstruit avec Pandémonium. L’Ordre de la cité étant désormais le seul ordre survivant reconnut, il était redevenu simplement l’Ordre des Emissaires d’Aion. Le Sanctuaire de la montagne, surnommé le « nid d’aigle » devait avoir survécu, mais de celui-ci aucune archive ne mentionnait plus son existence ou ce qu’il en était advenu après la destruction de la Tour. Sa localisation elle-même approximative entourait ce vestige d’un attrait de mystère qui resta dans un coin de l’esprit de la jeune Aède. Elowyn apprit par ses recherches qu’Hamellios fut le maître-doyen de l’ordre des collines. Hélas ce qui se déroula dans ce Sanctuaire fut symptomatique des évènements qui entourèrent la venue du cataclysme. Et la jeune femme comprit mieux alors le désir du Clerc de s’éloigner de l’Ordre et des daevas dans la mesure du possible. « L’Ordre de Emissaires d’Aion était alors à son apogée, reconnu comme essentiel pour guider les jeunes daevas sur la voie de leur foi et de leur devoir. Les Sanctuaires étaient des lieux consacrés, incontournables dans leur rôle clé de places fortes, de refuges et de temples de la foi. Les Maîtres-doyens étaient en possession de Sceaux divins qui conféraient à leur Sanctuaire une aura spirituelle, qui agissaient comme des sources de bienfaisances, propices au repos et au ressourcement des daevas comme des mortels. Chaque Sceau était d’ailleurs lié à la conscience de son propriétaire, façonné dans la matière de la Tour d’Eternité le maître-doyen y vouait une part de son esprit. La guerre millénaire contre les Seigneurs Dragons semblait condamnée à ne jamais trouver d’issue. Une rumeur commençait à parcourir les rangs daevas. Certains envisageaient de traiter avec eux pour rétablir la paix en Atréïa. Dès lors des courants de pensées divergents se révélèrent, des scissions apparurent. La notoriété des Emissaires fut utilisée comme relais de propagande des différents groupes. Les maîtres-doyens restèrent unis et fidèles à leurs préceptes. Mais leurs disciples, adeptes et élèves furent embrigadés dans ces mouvements qui s’opposaient frontalement. La vie des Sanctuaires fut mise à mal. Celui d’Hamellios connut des dérives et des débordements qui écœurèrent le maître-doyen, qui dût quitter son Sanctuaire dévasté et abandonné par la foi et la raison. Les maîtres des Emissaires voyaient leurs pires cauchemars se réaliser. Le monde des daevas se fissurait devant eux et toute leur énergie n’y pouvait rien. Comme si l’ennemi avait distillé son venin à l’insu de tous. Yffëonas d’Uchtillion s’entretint avec chaque Seigneur Empyréen afin de comprendre le fond des divergences et de prendre la mesure du désastre qui menaçait Atréïa. La division des daevas ne signifiait pas moins que l’échec de sa mission, sa faillite envers Aion, en même temps que celle de tout le monde. Lucide, Maître YU comprit que l’avenir d’Atréïa ne tenait plus qu’à un fil. Lorsque la décision de tendre la main aux Seigneurs Dragons fut prise par les Gardiens de la Tour, chacun pria Aion pour que le risque fatal pris soit couronné de succès. Que pouvait-on attendre des Seigneurs Dragons ? Maître YU réunis alors les autres maîtres-doyens et leur signifia que chacun devait être sur le qui-vive. Jamais ils n’avaient du faire face à si terrible menace, que celle de laisser pénétrer l’engeance draconique si près de la Tour d’Eternité. Dans le même temps la perspective de la paix était le plus grand espoir qu’ils aient jamais connus. » Elowyn consacra beaucoup de temps à comprendre cette période troublée et celle qui suivit, encore plus terrible. La Tour d’Eternité fut détruite du fait des dragons, mais personne ne semblait savoir avec exactitude ce qui provoqua la confusion et la catastrophe qui s’ensuivit. Les daevas étaient dès lors divisés, même s’ils parvinrent à rejeter l’ennemi Balaur dans une autre dimension. L’Ordre des Emissaires d’Aion qui était déjà réduit par les dissensions se vit marginalisé, car ses préceptes devenaient contraires aux nouvelles valeurs du peuple d’Asmodae. Des maîtres-doyens disparurent pendant le cataclysme, les autres suivirent Maître YU sur Asmodae. Ils participèrent à la construction de Pandémonium, mais leurs enseignements étaient dorénavant perçus avec méfiance. Pourtant ils demeuraient les gardiens de savoirs anciens, et protégés pour cela par les Seigneurs Shedims. Les disciples se faisaient rares. Mais chaque nouvel Emissaire devenait un fidèles de l’Ordre, où qu’il soit et quelque soit le temps qui s’écoulait. Un réseau ténu mais solide s’était tissé et affirmé, même si les contacts étaient souvent sporadiques. Les Emissaires d’Aion étaient liés par leur foi en Aion et leur mission originelle : protéger Atréïa et combattre la menace Balaur et leurs serviteurs. La Tour d’Eternité n’est plus, les daevas sont divisés et désormais ennemis, Aion s’est tut, Atréïa est brisée, mais les Emissaires demeurent. Ils doivent perpétuer l’espoir qu’un équilibre peut être retrouvé. |
|  | | Elowyn Vanyar Nomade

Messages: 80 Date d'inscription: 19/03/2008 Localisation: 02° 17' 41'' E - 48° 51' 29'' N - Alt. 276 m
Feuille de personnage Race: Asmodien Classe: Aède Légion: La Camarilla Draconis
 | Sujet: Re: Ephémère Eternité Sam 23 Jan 2010 - 20:59 | |
| Chapitre 4 Si loin, si proches (Les voyages initiatiques d’Elowyn Vanyar - Les Abysses) Amitiés éternellesLe passage d’Elowyn au Sanctuaire des Emissaires d’Aion, à Pandémonium, fut bref, seulement quelques mois. Mais durant ce temps elle se voua à l’érudition et à la foi, devenir une Emissaire d’Aion fut toute sa vie. Les liens qu’elle y établit furent aussi forts que si elle y avait passé quelques années. Outre les maîtres avec lesquels elle avait un rapport d’élève, elle se lia d’une amitié profonde avec deux étudiants ayant approximativement son âge, Larandis et Ëarnaelle. Larandis, jeune homme d’une famille pauvre d’un village proche de Pandémonium, jugé trop freluquet par son père pour devenir un vrai guerrier, se réfugiait corps et âme dans l’enceinte du Sanctuaire. Il souhaitait néanmoins faire ses preuves au regard de son père, pour la fierté de sa famille, et affichait un tempérament orgueilleux et fier qui différait de sa véritable personnalité sensible et tournée vers les autres. Il avait toutes les qualités naturelles pour être Mage et Spiritualiste en particulier, vu son don naturel à ressentir les éléments, mais il l’ignorait du fait de son contexte familial et de la valorisation des guerriers aux yeux des siens. Ëarnaelle, quant à elle exploitait ses dons naturels d’empathie et de compassion et avait pleinement conscience de sa destinée de Clerc. Fille d’une famille de la grande noblesse de Pandémonium, elle avait elle-même choisi le Sanctuaire. Son père était d’ailleurs l’un des gouvernants de Pandémonium et faisait partie de la minorité protégeant l’ordre et son Sanctuaire en veillant avec sagesse sur le droit canon asmodien. Sous des dehors naïfs et une certaine candeur, Ëarnaelle avait des convictions profondes et une détermination à entreprendre et à agir lorsqu’il s’agissait de ce en quoi elle croyait. La beauté d’Ëarnaelle et sa pureté d’âme touchèrent le cœur d’Elowyn dès qu’elle la vit et ses sentiments à son égard ne firent que se préciser au fur et à mesure qu’elle apprenait à la connaître. Jamais auparavant Elowyn n’avait connu pareille attirance envers quelqu’un d’autre, de même sexe. Rapidement les deux jeunes femmes se trouvèrent amies, c’était comme deux esprits qui communiaient, qui se complétaient. Ëarnelle trouvait en Elowyn l’expérience et la facilité d’aller vers les autres, cette confiance en soi qu’elle n’avait pas. Elowyn trouvait en Ëarnaelle cette empathie naturelle qui faisait sa grandeur d’âme. Outre sa compassion inconditionnelle, qui était la même que celle d’Elowyn et leur plus grand point commun, Ëarnaelle avait ce don, mais qui était aussi sa souffrance, de ressentir instinctivement la douleur morale des autres et par voie de conséquence leur douleur physique. Mais Ëarnaelle, qui d’une certaine manière avait les mêmes sentiments pour Elowyn, était éprise de Larandis qu’elle côtoyait depuis leur arrivée au Sanctuaire il y a deux ans. Elle s’en était confiée à Elowyn, mais ayant le cœur ouvert l’une envers l’autre Ëarnaelle savait ce que ressentait Elowyn pour elle. Bien sûr les sentiments d’Ëarnaelle pour Larandis n’étaient pas de même nature, ni de même intensité, mais son désir de femme était différent de celui d’Elowyn. Et entre les deux femmes tout était clair, aucun ressentiment, un fort amour platonique les unissait. Par ailleurs Larandis semblait éprouver une admiration pour Elowyn. Elle avait des origines modestes comme lui. Et l’expérience et les qualités physiques au combat qu’elle avait acquises durant ses voyages fascinaient le jeune homme. Ëarnaelle suggérait même, à regret, que le cœur de Larandis penchait vers son amie intime. Elowyn était flattée de cette attention, mais elle ne ressentait pour Larandis que des sentiments d’amitié. Pourtant cela était rare pour elle d’apprécier autant un homme. Il avait une sensibilité qu’elle ne rencontrait jamais chez ceux de son âge. Par ailleurs il avait laissé échappé un jour, en aparté à Elowyn, qu’il trouvait Ëarnaelle plus belle que toutes les femmes qu’il avait pu croiser, mais que de par sa noblesse, lui un miséreux ne pouvait espérer aucun regard, aucune attention de sa part. Elle avait son rang et sa fierté, lui aussi il avait sa fierté et il ne voulait pas risquer l’humiliation sur ce plan. Vint alors une période où Elowyn retrouva son frère. Il était attaché à un bataillon de mercenaires, unités spécialisée dans la guerre contre les Balaurs en contrat avec l’armée. Il était en permission. Elowyn allait avoir 19 ans, et elle eut l’opportunité, par l’intermédiaire de son frère, de servir dans son bataillon en tant que mercenaire indépendante, pour un engagement d’une durée limitée, lors d’une campagne dans les Abysses. S’étant entretenu avec ses maîtres sur l’intérêt de cette opportunité, ils décidèrent qu’elle devait saisir ce moment pour avoir l’occasion de faire ses premières armes dans les Abysses. Pour Elowyn il s’agissait avant tout de se confronter aux Balaurs. Un baptême en compagnie de son frère. A quelques semaines de son départ elle organisa une petite soirée avec ses amis dans une taverne proche du Sanctuaire. Son frère devait les rejoindre plus tard. C’était aussi l’occasion de fêter son anniversaire. Elowyn espérait à cette occasion avoir une petite conversation avec chacun. Son idée était d’ouvrir les yeux de Larandis qui ne voyait pas la femme exceptionnelle qu’était Ëarnaelle, et de faire en sorte que cette dernière sorte de sa réserve pour montrer son intérêt à l’homme qu’elle aimait. Mais la soirée ne se passa pas comme prévue, et pourtant elle eut le résultat escompté et peut-être même au-delà. Ils étaient tout trois attablés à siroter cette boisson caractéristique d’Asmodae faite de ce fruit goûteux et sucré qu’est le polponia, qui ne pousse que sur des terres très ombragées, et dont le sirop est distillé pour donner cet alcool fin et léger qu’est le wolpone. Ils étaient au calme dans un renfoncement un peu à l’écart de la salle principale. « Reviendras-tu à Pandémonium ? demanda Eärnaelle d’une voix légèrement désespérée à Elowyn. - Naturellement, mais j’ai toujours soif de découverte et la proposition de mon frère tombe à pic. Ma chérie tu sais comme je tiens à toi. Tu seras toujours dans mes pensées. - Et quand repasseras-tu nous voir ? Larandis semblait plus amer du départ d’Elowyn. - Je ne sais pas précisément. Quand mes pas me ramèneront à la capitale. Mais je ne vous oublierais pas. Et puis vous vous avez tous les deux. » Elowyn finissait sa phrase dans un murmure. Ëarnaelle regardait Larandis avec un léger sourire, mais lui ne regardait qu’Elowyn avec, cependant, un regard de léger reproche. Elowyn devint plus sévère. « Arrête de me regarder comme cela. Je ne vois pas ce que tu attends, ce que tu me reproche. T’ai-je promis quelque chose. Ouvre les yeux et regarde autour de toi. Tu joues l’enfant gâté alors que tu as sans le savoir le plus grand bonheur à portée de main. - Mais de quoi tu parles. Je ne comprends rien… encore tes paroles mystérieuses d’Aède. - Chacun sa route, tu le sais. Mais il faut savoir observer sur son propre chemin afin de ne pas passer à côté de certains bonheurs qui vous tendent la main simplement. - Je… - Ecoute tes sentiments, interroge ta sensibilité. Ce n’est pas parce que tu es un homme et que ton père te voulait guerrier que tu dois te référer uniquement à cette image. Parfois une fierté mal placée peut aveugler. » Larandis commençait à vaguement comprendre les insinuations d’Elowyn, mais sa lente réflexion fut interrompue. « Mais dis donc joli damoiseau, t’as deux belles jeunettes avec toi là… c’est plus qu’il ne t’en faut, hein ! » Une espèce de bourgeois entre deux âges, en état d’ébriété encore légère, s’imposait à eux et lançait des regards vicieux aux deux jeunes Asmodiennes. Mais il n’était pas seul, quatre de ses camarades semblaient vouloir se joindre à lui. « kécéké t’as trouvé Berok… d’la chair’ fraicheux ? » le premier des quatre avait lui semble-t-il remplacé le contenu de ses veines par de l’alcool qui irriguait maintenant son cerveau. Les trois autres avec leur chope à la main se rapprochaient doucement. « Messieurs je ne crois pas que nous vous ayons invité à partager notre table, lança Elowyn d’un ton sec. - Qu’est ce qu’elle a la pimbêche ? Faudrait savoir tenir tes femelles l’ami. - Je ne vous permets pas d’insulter mes amies. Vous nous êtes désagréables alors tourner les talons », répondit fermement Larandis. Le jeune homme allait se lever, mais Berok qui avait une certaine stature le fît se rassoir violemment, ce qui fît tomber Larandis de sa chaise. Ëarnaelle se leva aussitôt pour aider Larandis. « Oh Larandis ! Larandis est-ce que ça va ? » Larandis se sentait totalement humilié vis-à-vis de ses amies, il se releva fou de rage prêt à se jeter sur l’intrus. Deux acolytes à l’écart allaient eux se ruer sur Larandis, mais Elowyn intervint dans un geste qui ressemblait à une danse martiale elle bondît de côté, saisit son bâton, pivota sur elle-même et barra les deux hommes alignés en deux coups précis l’un au ventre, puis, suite à une arabesque, dans leur dos. Dans le même instant Larandis se jeta à la gorge de Berok qui faisait une tête de plus que lui et deux fois sa largeur. Ëarnaelle était, elle, tétanisée par cette violence qui naissait, elle ressentait déjà la douleur de chacun. Le pochetron totalement imbibé s’intéressa alors à elle d’une manière poisseuse et agressive. Le quatrième homme, plus éloigné, se dirigeait aussi vers elle. Ëarnaelle ne savait comment réagir, sa vie était vouée à soigner, à guérir, à compatir pourquoi cette agression. Son corps se tendait par la peur, l’homme l’entourait de ses bras et cherchait dans une odeur de vinasse à coller sa bouche sur celle de la jeune fille. Larandis était en mauvaise posture face à Berok, alors qu’Elowyn, ayant écarté les deux premiers, partait intercepter un troisième qui lorgnait sur Ëarnaelle. Et soudain un déclic se fît en Eärnaelle, elle comprit comment compartimenter la douleur des autres et la sienne. Elle pouvait se défendre. Elle lança son genou entre les jambes du malvenu, celui-ci hurla de douleur et se plia instantanément en deux. Puis la jeune fille serra ses deux mains et frappa le malotru en pleine face, celui-ci fit un demi-tour sur lui-même. A terre maintenant et se tordant comme un ver, Ëarnelle rajouta deux coups de pied dans le ventre et les côtes. L’alcoolique sembla sombrer dans un coma éthylique avec des spasmes de douleurs. Ëarnaelle, que personne, pas même elle, n’avait connu dans cet état, était littéralement enragée. Voyant Larandis sous l’étreinte de Berok qui semblait à la fois l’étouffer et le rouer de coup de poing, Ëarnaelle se rua à son tour sur l’espèce de brute, mais armé d’une carafe en terre cuite qu’elle explosa au visage de Berok. Celui-ci fût complètement surpris, sous le coup il lâcha Larandis, recula et tomba à terre le visage en sang. Ëarnelle, qui n’était plus elle-même se précipita sur Larandis qui semblait au plus mal. « Au mon amour, je suis là, ne m’abandonne pas reste avec moi. » Ëarnelle ne se rendit même pas compte de ce qu’elle criait. Elle se concentra de toute son énergie pour soigner Larandis, comme si c’était sa propre vie. Elowyn détourna son attention au son du cri d’Ëarnaelle. L’un de ses trois adversaires en profita pour lui décocher un coup de poing au visage. Elle recula d’un pas. Relevant la tête elle lança prestement une riposte. Elle avait été sur la retenue jusqu’à maintenant, mais elle déploya alors toute sa célérité et son aisance. Les trois hommes s’éffondrèrent sous la force et la rapidité des coups de bâton. Le regard d’Elowyn se tourna alors vers ses amis, mais elle vît son frère qui arrivait. Juste à temps, car pendant qu’elle mettait hors d’état de nuire les trois acolytes, Berok s’était relevé et fou de rage à son tour partait pour s’en prendre à Ëarnaelle et Larandis. Elrohir attrapa l’homme par le col. Cette fois c’est Elrohir qui toisait son adversaire. Il retourna l’homme au visage ensanglanté et lui donna un bon coup de poing dans l’estomac. « Allez, on se calme ! Et on va jouer ailleurs » Elrohir emmena Berok dans la salle principale. « Patron ! Voilà une clientèle indésirable, je pense qu’il faudrait qu’il vous paye avant de le mettre dehors. » L’un des trois adversaires, qui avait repris ses esprits vit l’arrivée d’Elrohir, il exhorta alors ses acolytes encore sonnés : « Eh les gars, on y va où ça va être notre fête ». Les trois hommes partirent comme des animaux avec la queue entre les jambes. Elrohir ramassa le cinquième sbire par le fond du pantalon et interpella les trois fuyards : « Vous oubliez votre ami l’épave. Merci de nous débarrasser le plancher. » Larandis reprenait ses esprits, et il avait été suffisamment conscient pour entendre la déclaration d’Ëarnaelle. Et de ce jour il ne la vit plus jamais comme avant, elle devint son adoré, son bijou, son cœur, sa vie, son âme. C’est dans l’épreuve que leur amour c’était révélé, il en serait d’autant plus fort. Et tous les deux se souriaient comme en état de béatitude, ayant trouvé l’être complémentaire, leur moitié. Elowyn, toute heureuse de l’arrivée de son frère lui sauta au cou Celui-ci, tout sourire, lui dit : « Il te faudra être moins gentille et ne laisser aucune chance à tes adversaires dans les Abysses. S’il le faut tu devras tuer pour ne pas mourir toi-même et utiliser tes pouvoirs en ce sens. Ces affreux auraient mérité que tu leur montres. Content de te voir sœurette. » Une pensée, un souvenir traversa l’esprit du frère et de la soeur au même moment, et ils le lurent réciproquement dans le regard de l’autre. Ils s’enlacèrent plus fortement encore. Trois semaines plus tard, Elowyn faisait ses adieux à ses amis. Elle était heureuse de leur découverte mutuelle et réciproque du bonheur ensemble. Ils se promirent une amitié éternelle, ne sachant quand ils se reverraient. Elle partit avec son frère et son bataillon. D’ici quelques semaines, après l’entraînement préparatoire de rigueur, elle débarquerait dans les Abysses, espace terrifiant et fascinant d’après tous les témoignages des combattants y ayant lutté. Mais outre les Balaurs et l’apprentissage de nouvelles formes de combat et de souffrance, Elowyn fera dans les Abysses une rencontre qui bouleversera sa vie et la mettra sur le chemin de sa destinée. |
|  | | Elowyn Vanyar Nomade

Messages: 80 Date d'inscription: 19/03/2008 Localisation: 02° 17' 41'' E - 48° 51' 29'' N - Alt. 276 m
Feuille de personnage Race: Asmodien Classe: Aède Légion: La Camarilla Draconis
 | Sujet: Re: Ephémère Eternité Mer 27 Jan 2010 - 0:50 | |
| Chapitre 4 - Si loin, si proches _________ - ii - _________ Le hasard des Abysses Le peu qu’Elowyn connaissait sur la famille de son père elle l’apprit essentiellement par son frère. En effet leur père ne parlait jamais de son enfance, ni de sa famille. Et pour cause en prenant pour femme une Elyséenne il avait renié toutes les valeurs qui étaient celles de sa glorieuse famille de combattants asmodiens. Ses enseignements auprès de ses enfants prônaient plutôt le rapprochement des peuples contre la menace des Balaurs, alors que chez les Thergill gloire était faite aux batailles et faits d’armes contre les Elyséens. Son frère donc, qui côtoyait parfois les contingents réguliers des armées asmodiennes, lui appris que la famille Thergill était tenue en grande estime parmi les plus hauts rangs des armées et au sein de l'aristocratie asmodienne. Le clan Thergill avait pour origine trois daevas, deux frères et une sœur, qui avaient connu la grande catastrophe. Au cours des siècles de reconstruction d’Asmodae et d’édification de la capitale Pandémonium, la famille avait fourni plusieurs généraux territoriaux et de nombreux officiers. Et depuis que la guerre faisait rage contre les Elyséens, les Thergill étaient un clan fer de lance dans la guerre, avec plusieurs « héros » mort au combat face à l'ennemi élyséen. Et de l’histoire de Goderick, leur père, l’un des principaux héritiers de la famille, il en était fait mention comme d’un héros disparu et laissé pour mort en terre Elyséenne... lourd tribut de la famille Thergill au service de la patrie asmodienne. Mais toute cette reconnaissance n’éveillait en Elowyn, ni en son frère, le moindre désir d’en recueillir les fruits. Pour ce qui était de la famille de sa mère, Elowyn n’avait eu droit qu’à des bribes de souvenirs biens ténues. Il était question d’une famille aimante et généreuse vivant dans un bourg éloigné de Sanctum, mais qui était pourtant farouchement hostile aux asmodiens. Ewenleä lorsqu’elle évoquait le souvenir de ses parents laissait paraître un amour inconditionnel à sa propre mère, mais un amour contrarié pour un père rude et inflexible. Elowyn en savait donc bien peu sur ses familles, elle pensait bien en apprendre quelque peu sur son ascendance asmodienne, sa terre, son peuple, mais jamais elle n’imagina qu’un jour elle rencontrerait sa famille Elyséenne. Et pourtant les hasards de la guerre laissent parfois place à des rencontres qui vous construisent au-delà de toute attente. Son engagement avec le bataillon de son frère, une escouade spécialisée dans le combat contre les dragons, dans les Abysses touchait à sa fin. Avec son frère ils étaient chargés d’une mission de reconnaissance afin de surveiller les éventuels mouvements de Balaurs, ou d’Elyséens. Ils se séparèrent pour élargir leur champ d’observation et se retrouver plus tard. La règle étant de ne jamais s’éloigner plus loin du camp de base que de la distance séparant le combattant d’un danger potentiellement trop grand. Tout en restant à distance de sécurité des rochers douteux, on pouvait voir venir de suffisamment loin un potentiel danger. Alors qu’elle parcourait les Abysses dans un vol calme mais emprunt d’une scrutation attentive, Elowyn remarqua, sur un îlot isolé une lutte entre des Balaurs et deux Daevas qu’elle ne distinguait pas encore être Elyséens ou Asmodiens. Son altruisme guerrier se décida immédiatement pour porter aide et assistance aux adversaires des Balaurs, quels qu’ils soient. Bientôt elle vit qu’il s’agissait d’Elyséens, à priori un guerrier et une archère. Face à eux deux Balaurs et un troisième qui se rapprochait à vive allure. Le guerrier Elyséen, qui devait être un templier, encaissait les chocs Balaurs tandis que la rôdeuse décochait ses flèches. Cette dernière semblait très faible. Et à la vue des cadavres Balaurs on pouvait penser que la lutte durait. C’est alors que l’un des deux Balaurs, qui assaillait le templier, détourna son attention pour foncer sur l’archère. Son premier coup fit flancher le jeune Elyséenne... elle n’avait plus la force de répondre aux attaques et bientôt le Balaur saurait la vaincre... le péril était proche mais alors que le monstre engageait un nouvel assaut, Elowyn s’interposa en assénant un coup terrible à cette engeance draconique. Le Balaur était lui-même en faiblesse, et Elowyn ne tarderait pas à l’achever quand elle sentit une flèche lui frôler la jambe pour venir se planter en pleine tête du Balaur. Celui-ci tomba net. La jeune Elyséenne semblait avoir épuisé toute sa force et son énergie dans cette ultime décoche. Mais voilà que le dernier Balaur déboulait pour tenter de pourfendre le bouclier du templier, celui-ci tenait bon, mais seul contre deux et lui-même étreint par la fatigue d’un long combat, pourrait-il les vaincre ? Elowyn voulait assister le templier dans son combat, mais l’urgence vitale de la santé déclinante de l’archère requérait ses soins d’Aède plus que tout autre chose. Elle se surprit alors à réciter un mantra que lui avait appris sa mère, l’effet fût immédiat et les forces du templier se décuplèrent en un instant. Elle se concentra alors totalement sur la jeune fille afin de lui redonner vie. Pendant ce temps le templier déchira le Balaur le plus faible. Mais l’autre restait plus que jamais redoutable. Les coups de part et d’autre étaient terribles. La jeune Elyséenne semblait recouvrir quelques forces, elle saisit son arc et décocha trois flèches qui touchèrent le flanc droit du Balaur, mais elle sombra bientôt dans une nouvelle inconscience due à sa faiblesse. Le templier réussi tout de même à achever le dernier Balaur... et se trouvait lui-même à bout de force. Dans le déchaînement du combat il n’avait pas compris que leur aide providentielle était une Asmodienne. L’instant d’un éclair il se figea voyant cette Asmodienne penchée sur sa compagne élyséenne et pensa devoir lutter. Mais il comprit instinctivement qu’elle était en train de secourir son amie. Elowyn dépensait toute son énergie pour redonner vie à la jeune Elyséenne. Mais plus elle se concentrait sur celle-ci plus elle croyait percevoir ou retrouver des traits familiers, comme une ressemblance avec un visage connu... celui de sa mère. Est-ce que toutes les Elyséennes se ressemblent ? Dans sa candeur et son don de soi Elowyn n’avait pas un instant imaginé que l’Elyséen pourrait tenter de la tuer. Elle ne percevait aucune hostilité et n’en dégageait aucune. Elle regardait l’Elyséen comme s’il se fût agit de l’un des siens. Le templier, quelque peu dans l’expectative, rompit alors le silence voyant que sa compagne reprenait connaissance : « Merci de ton aide. Je me nomme Brethil et voici Arwen, ma cousine » Arwen se mit à parler dans une légère plainte en regardant Elowyn : « Alors c’était vrai... il avait raison... » Elowyn se présenta, cependant intriguée par les paroles d’Arwen : « Je me nomme Elowyn... Elowyn Vanyar » En entendant ce nom Arwen s’évanouit de nouveau. Elowyn pris peur et se retourna vers Brethil : « Mais qu’y a-t-il ? Je n’ai rien fait, rien dit... elle semblait recouvrer ses forces » Alors Brethil lui répondit d’une voix rêveuse : « C’est sûrement parce que notre propre nom de famille est aussi... Vanyar... je suis Brethil Vanyar fils de Hansert Vanyar et petit-fils de Thorondus Vanyar, et elle est Arwen Vanyar fille de Redger Vanyar et petite-fille de Thorondus Vanyar. » Et ce nom de Thorondus n’était pas étranger à Elowyn, bien qu’elle l’associait à un inconnu rude et inflexible... son propre grand-père. « Alors nous devons être cousin... », répondit Elowyn, dont l’esprit semblait voyager à l’autre bout d’Atréia. Arwen reprenait ses esprits. Une vigueur nouvelle semblait l’animer en regardant Elowyn. Elle porta son regard vers son cousin et lui lança, un grand sourire illuminant son visage : « Oh Brethil ! Tout était vrai, il avait raison… Fingorn avait dit vrai !! C’est incroyable !!» Elowyn comprenait que ses remarques étaient en relation avec sa présence. « Qui est donc ce Fingorn ? Et sur quoi avait-il raison ? » Tout à son excitation de jeune femme, elle avait tout juste dix neuf ans comme Elowyn, Arwen s’empressa de s’expliquer, sous le regard protecteur et souriant de son cousin : « Fingorn était notre oncle… le plus jeune des fils de Thorondus… » « Etait ? », coupa Elowyn notant l’emploi du passé signe de deuil. Elle rencontrait à peine sa famille que déjà elle comprenait que certains membres avaient disparus, et cela l’attrista. « Oui était… », continua Arwen. |
|  | | Elowyn Vanyar Nomade

Messages: 80 Date d'inscription: 19/03/2008 Localisation: 02° 17' 41'' E - 48° 51' 29'' N - Alt. 276 m
Feuille de personnage Race: Asmodien Classe: Aède Légion: La Camarilla Draconis
 | Sujet: Re: Ephémère Eternité Sam 30 Jan 2010 - 1:39 | |
| Chapitre 4 - Si loin, si proches _________ - iii - ________ Le fléau des Balaurs« Que je te raconte son récit qui trouve sa vérité aujourd’hui avec toi, continua la jeune Elyséenne. Il y a quatre ou cinq ans, alors qu’il faisait partie d’une équipe d’humains de soutien logistique aux soldats d’un contingent du Sanctum, habitué à gérer l’intendance des arrière-gardes Daevas, ils furent pris dans une attaque surprise des Balaurs sur une forteresse élyséenne dans les Abysses. Il n’aurait jamais dû se trouver là, les mortels n’ont pas leur place dans cet endroit, il était pourtant volontaire aux équipes de soutien logistique. Lors de cette attaque, donc, il se retrouva isolé avec quelques autres compagnons. Les Balaurs avaient semé le désordre dans la troupe et seulement deux Daevas pouvaient assurer leur protection face à trois ou quatre fois plus de Balaurs. Ils ne purent les contenir tous et quelques uns d’entre eux vinrent sur Fingorn et ses compagnons. De leur premier assaut ils les blessèrent grièvement. Leur deuxième assaut, malgré les quelques défenses et protections que Fingorn et ses compagnons tentèrent, risquait de leur être fatal. Et là intervint un Asmodien… mon oncle fut saisit de terreur et cru sa dernière heure arrivé. Mais cet Asmodien, qui semblait poursuivre les Balaurs et n’était sûrement pas seul, se lança dans une lutte terrible face à trois Balaurs. Il était impossible qu’il prenne le dessus, mais sa vaillance était héroïque et mon oncle en parlait toujours en des termes admirables. L’Asmodien pourfendit un premier Balaur, il subissait les assauts des 2 autres, mais tenait bon, il devait être certain que des renforts arriveraient sous peu. Alors qu’il achevait le deuxième Balaur, le troisième le blessa et le projeta en arrière, il tomba au milieu de Fingorn et de ses compagnons. Toute sa bravoure pour défendre les humains élyséens marqua mon oncle à jamais. Alors qu’il tentait de se relever, une flèche d’un Elyséen lui traversa le cou et dans le même instant d’autres Asmodiens arrivèrent pour tuer le Balaur. L’Elyséen ne compris pas vraiment sa méprise, il s’agissait d’un ennemi, et les Asmodiens voulurent s’en prendre à lui. Une lutte allait s’engager, mais déjà un nouveau groupe de Balaur surgissait. L’ennemi commun eu raison de cette vengeance ancestrale. Alors que le dernier Asmodien semblait quitter les lieux, mon oncle l’interpella ‘et votre compagnon, il se meurt !’. Mais l’Asmodien se retourna en lançant sèchement ‘Puisqu’il a voulu vous défendre au péril de sa vie, c’est qu’il doit être des vôtres et non plus des nôtres ! ‘. Alors mon oncle prit l’Asmodien mourant dans ses bras… que pouvait-il faire… sa mort était imminente. Il lui demanda simplement : ‘Qui êtes-vous noble âme, pour risquer votre vie afin de sauver celle de vos ennemis ? ‘. Pour réponse il eut droit aux derniers mots du mourant : ‘Mes seuls ennemis sont les Balaurs… et je me nomme Goderick Vanyar…dites à Ewenlëa et à mes enfants que je les aime…’. Ce nom de Vanyar, tu l’imagines, foudroya mon oncle sur place, tétanisé il ne pu esquisser un mouvement pendant de longues minutes… son incompréhension était totale. Reprenant ses esprits il pensa chercher un lieu de sépulture pour ce Goderick… hélas la troupe élyséenne devait partir dans l’heure, les Balaurs avait été repoussés, et il fallait retourner en terre élyséenne et on lui ordonna de laisser cet Asmodien mort là où il était, après tout c’était un ennemi. Mon oncle culpabilisait toujours quand il évoquait son regret de ne pas avoir pu offrir une sépulture décente à cet Asmodien, à ce Goderick… à ton père… ». Elowyn répondit, les larmes aux yeux et le cœur serré : « Oui mon père… personne ne nous avait fait le récit de son ultime combat. Mon frère avait traversé les Abysses sans jamais pouvoir le retrouver. On raconte que des Balaurs auraient conservé son corps comme un trophée de guerre. D’après les dires de ses anciens compagnons d’arme, mon père était un redoutable chasseur de Balaurs, et surnommé ‘le fléau des Balaurs’, tant sa ferveur à les détruire était impitoyable. Il était craint par l’ennemi originel et sa dépouille a pu être convoitée pour glorifier les guerriers Balaurs. Pour récompense de sa bravoure, en Asmodae, nous fûmes contraints à l’exil, avec ma mère et mon frère, car mon père était considéré comme un traître et sa famille mise à l’écart. » Elowyn continua en racontant sa vie, ses parents, son frère, le peu que lui avait raconté sa mère sur les Vanyar. Mais elle voulait en connaître davantage sur cette famille élyséenne. |
|  | | Elowyn Vanyar Nomade

Messages: 80 Date d'inscription: 19/03/2008 Localisation: 02° 17' 41'' E - 48° 51' 29'' N - Alt. 276 m
Feuille de personnage Race: Asmodien Classe: Aède Légion: La Camarilla Draconis
 | Sujet: Re: Ephémère Eternité Dim 31 Jan 2010 - 2:20 | |
| Chapitre 4 - Si loin, si proches ________ - iv - _________ Le ThargrimmA les regarder, Brethil avait l’impression de voir deux sœurs qui ne s’étaient pas vu depuis une éternité. Puis il proposa : « Pourquoi ne pas aller jusqu’au Thargrimm. Là-bas nous pourrons converser plus à loisir et peut-être que parmi tous les contrebandiers et autres mercenaires des Abysses nous retrouverons nos cousins. » « Quoi !! », s’exclama Elowyn, « Des cousins mais ce n’est pas une famille, c’est une tribu Vanyar que je découvre !! Alors oui, allons-y de ce pas au Thargrimm. Mais au fait c’est quoi le Thargrimm ? » Brethil lui expliqua : « Il s’agit d’un îlot rocheux qui a été aménagé plus ou moins en aéronef par les Shugos du Nuage noir, certainement avec l’aide des Balaurs, telle une forteresse volante dans les Abysses à des fins de contrebande. Il s’agit en quelque sorte du seul espace neutre des Abysses. Cette neutralité fragile et ténue est maintenue par l’équilibre des intérêts commerciaux qui prospèrent toujours en temps de guerre. Ces intérêts pouvant être Elyséens, Asmodiens ou même Balaurs. Et pour tout dire, nous les Vanyar avons des intérêts dans la contrebande des Shugos du Nuage noir. Mais c’est surtout un moyen pour nous assurer d’une présence dans les Abysses, le Thargrimm étant un lieu riche en échange d’informations. En particulier sur nos véritables ennemis les Balaurs. » Et les voilà tous les trois, trio inhabituel dans les Abysses, une Asmodienne en compagnie d’une Elyséenne et d’un Elyséen, partis dans les airs à la recherche d’un lieu plus propice à faire connaissance et à partager. Et tandis qu’ils volaient, Elowyn reprit le cours de ses pensées à propos de cette famille et interrogea ses cousins : « Mais, Arwen, tu évoquais que ton oncle avait raison qu’il avait énoncé une vérité, de quoi parlais-tu ? Et tu parlais de lui au passé que lui est-il arrivé ? Et combien avez-vous de cousin ? Et… » Brethill la coupa en riant : « Ouh là ! Une question à la fois. Et puis tu peux maintenant dire ‘notre oncle’ et ‘nos cousins’ », ajouta le Templier en souriant. Arwen, qui semblait vouloir poser son récit, répondit à Elowyn : « Il faudra commencer par le début, si nos cousins sont là-bas nous ferons les présentations, nous pourrons alors te raconter notre histoire, la place de chacun et ce qu’il est advenu de notre oncle Fingorn. Un peu de patience ». Ils arrivèrent enfin sur cet îlot rocheux que l’on nommait Thargrimm. L’essentiel de la surface de cet îlot semblait désertique, mises à part quelques petites tours qui paraissaient sortir de terre comme si elles étaient les antennes du grand rocher. Lorsque l’on arrivait par le dessus du Thargrimm on constatait que ces tourelles étaient disposées en cercle, et qu’en leur centre s’y trouvait une tour plus petite mais aussi plus large. Il s’agissait de l’entrée qui menait dans les entrailles de cette forteresse à la fois volante et souterraine. Le Thargrimm était administré par un consortium marchand constitué de représentants Shugos du « Nuage noir », d’autres Shugos, d’Asmodiens et d’Elyséens dont le but était le commerce et sa protection pour le bénéfice de chacun des administrateurs. Les intérêts Asmodiens et Elyséens étaient représentés, indirectement, par les Shugos, qui eux étaient libres de circuler dans tout le complexe. Leur confiance n’était plus à démontrer, mais les marchands envoyaient régulièrement des Daevas à leur service pour veiller sur leurs affaires en cours. Les Balaurs n’y avaient pas d’intérêts directs, mais un accord, dont les termes restaient inconnus, assurait au Thargrimm et à ses gestionnaires, les Shugos du Nuage noir, une relative sécurité. L’entente asmodienne et élyséenne s’accordait par la présence de part et d’autres de groupes de mercenaires Daevas lourdement équipés, disciplinés, et surtout grassement rétribués, qui assuraient la neutralité du site, gage de profit pour tous les commerçants établis en ce lieu. La neutralité de la forteresse reposait sur un équilibre fragile, mais vitale pour tous ces marchands, contrebandiers et autres mercenaires. Toute personne arrivant sur le Thargrimm et désireuse d’y séjourner devait déposer ses armes, grimoires et tout accessoire susceptible d’agresser autrui. Par ailleurs, ce lieu semblait avoir été vidé de son Aether, et une aura protectrice entourant le rocher arrêtait ses flux. Seuls les mercenaires habilités au maintien de l’ordre pouvaient faire usage d’armes conventionnelles. On y voyait bien de temps en temps quelques échauffourées, mais elles étaient à main nues et toujours rapidement maîtrisées. Par ailleurs le consortium tenait une liste des Daevas susceptibles de générer le désordre et la provocation en présence de leurs ennemis et ceux-ci n’étaient pas autorisés à séjourner dans le fort du Thargrimm. Il existait néanmoins, pour plus de sécurité trois quartiers réservés l’un aux Asmodiens, un autre aux Elyséens et un troisième réputé neutre au cœur du fort et séparant les deux autres. Les passages entre les différents quartiers étaient bien sûr totalement contrôlés par les mercenaires du consortium. C’était donc en ce lieu, au fragile équilibre, nécessaire dans cet environnement toujours hostile que sont les Abysses que notre trio débarqua. Ils se débarrassèrent de leur équipement dans le poste de consigne de l’entrée du fort où, après avoir soigneusement enfermé leurs effets, les mercenaires responsables leur remirent à chacun une clé. Ils pouvaient dorénavant aller librement dans le fort, Elowyn ne pouvant pas malgré tout accéder au quartier élyséen et réciproquement pour ses cousins. Mais leur intention était de toute façon d’aller s’installer dans le quartier neutre, et plus précisément à la taverne du ‘Souvenir d’Atréia’, où le maître des lieux, un vieux Shugos, affichait une nostalgie ancestrale pour la Tour d’Eternité, qu’il n’avait lui-même jamais connu, mais dont il entretenait un certain folklore empreint de contes et légendes. En cela tous les esprits adeptes d’un futur uni pour Atréia étaient les bienvenus chez lui. Arwen et Brethil pensaient retrouver leurs cousins dans ce quartier, mais à tout hasard Brethil alla explorer le quartier élyséen. Arwen et Elowyn réservèrent un dortoir pour six personnes. « Trois cousins donc… », interrogea Elowyn. « Oui trois cousins, ici, au fort du Thargrimm… », répondit Arwen, laissant Elowyn imaginer combien il pouvait y en avoir ailleurs. Elles prirent une table, pour six, et commandèrent du thé et quelques pintes d’une bière élyséenne réputée la meilleure d’Atréia, ce que bien sûr contestaient tous les Asmodiens. Elles commencèrent à boire en attendant le reste du groupe qui ne tarderait pas à s’assembler. |
|  | | Elowyn Vanyar Nomade

Messages: 80 Date d'inscription: 19/03/2008 Localisation: 02° 17' 41'' E - 48° 51' 29'' N - Alt. 276 m
Feuille de personnage Race: Asmodien Classe: Aède Légion: La Camarilla Draconis
 | Sujet: Re: Ephémère Eternité Dim 31 Jan 2010 - 23:33 | |
| Chapitre 4 - Si loin, si proches _________ - v - _________ Une famille Elyséenne« Alors, raconte, je suis toute ouïe gentille cousine… l’histoire des Vanyar » s’exclama Eowyn, empressée, à l’intention d’Arwen. Celle-ci sourit et entama donc son récit, en espérant ne pas trop oublier d’informations sur le passé de sa famille. « Thorondus était un forgeron réputé et renommé auprès de l’aristocratie militaire de Sanctum. De part son art il fit parti de nombreuses campagnes élyséennes contre les Asmodiens. Il puisa sa rancœur inébranlable envers les Asmodiens en côtoyant les soldats des élites élyséennes. En dehors des temps de bataille il vivait à Argetum, sa ville natale éloignée du Sanctum. Il avait une femme, notre grand-mère Anawell, dont le goût du labeur penchait pour l’artisanat des soins, potions et autres mantras de guérison. Mais pour Thorondus cette activité était moins noble que sa forge. Ils eurent plusieurs enfants, l’aînée Gweloïse, la cadette Ewenleä, des jumeaux Hansert et Redger, et enfin le plus jeune Fingorn. Mais d’Ewenleä il ne fut plus question lorsqu’elle disparut à dix-huit ans, d’ailleurs Fingorn, qui n’avait que deux ans à l’époque, ne connut jamais vraiment sa sœur et n’en gardait aucun souvenir. Et Thorondus avait ordonné que l’on taise le nom de la cadette, qui à son sens n’était plus sa fille et qu’il reniait. Officiellement elle avait été enlevée par ces ignobles Asmodiens, mais en son foyer il avait crié à la trahison. De l’histoire d’Ewenleä il ne fut plus question, tant et si bien que Fingorn croyait avoir une grande sœur et deux frères. Et nous, petits enfants de Thorondus avions vécu avec cette même certitude sur notre famille. L’existence de cette sœur et tante ne nous fut révélée que très récemment. Mais j’y reviendrai plus tard. Les enfants de Thorondus avaient grandi, Gweloïse héritant des goûts de sa mère devint une guérisseuse accomplie. Elle épousa Barundir, qui prît alors notre nom de famille et qui plus jeune était l’apprenti forgeron de grand-père. Les jumeaux devinrent des artisans réputés à l’image de leur père : Hansert devint forgeron et intégra le commerce de son père en compagnie de Barundir. Redger qui avait le goût de la nature devint un artisan expert et rare dans la fabrication des arcs, arbalètes, bâtons et tout objet ou arme utilisant le bois comme matière première. Thorondus qui devenait avec l’âge, plus un marchand qu’un artisan, laissant à l’habileté et l’énergie des plus jeunes la tâche noble de la confection, fît le choix d’étendre son commerce. Outre la forge, et l’artisanat des métaux, minerais et pierres précieuses, il voulut faire commerce des productions de Redger, mais aussi mettre à profit, pour lui et ses clients, les connaissances de son aînée dans l’art des soins et des médications. Ainsi la maison Vanyar connu une renommée régionale grâce aux qualités des enfants de Thorondus. Les jumeaux prirent épouses. Hansert épousa Minaëlle, herboriste de part sa parenté, elle fût associée au commerce de Gweloïse. Redger prit pour femme, la belle et sauvage Idril… . Ma mère est plutôt versée dans la connaissance des essences de bois et avec mon père ils s’épanouissent ensemble dans leurs ouvrages. La descendance s’enrichissait au fur et à mesure des mariages. Gweloïse et Barundir eurent deux fils, des jumeaux, Brewen et Gawen, et une fille Eorwyn. Hansert et Minaëlle eurent un fils, Brethil et une fille, Janiliah, quant à moi j’ai une petite sœur qui n’a pas dix-sept ans, Ylsebeth. Quand à Fingorn, il avait tout juste neuf ans quand je suis née. Il fut pour nous tous comme un grand frère et nous l’adorions. Toute notre enfance nous jouâmes dans les bois à être des Daevas. Nous ignorions, et nos parents aussi, que nous avions réellement ce pouvoir en nous. Mais nos mémoires avaient certainement quelques traces en notre inconscient, car chacun de nous voulait incarner une classe qui se révéla par la suite celle de nos dons naturels. Ainsi je préférais l’arc et les flèches, Brethil se voyait paré d’un bouclier et d’une épée, Eorwyn se pensait maîtresse de sortilèges, Brewen avait l’agilité et la furtivité, Gawen se sentait toujours responsable de la santé des autres, Ylsebeth, une fois fini sa période de l’ami imaginaire se voyait ordonner à un élémentaire de la terre, quant à Janiliah dès l’âge des premières mélodies, ses chants nous ont toujours ravis et transportés dans nos jeux imaginaires. Et voilà en quelle occasion nous furent révélées nos capacités. A l’époque j’avais dix ans, Brethil onze, Gawen et Brewen quatorze, Gweloïse treize, Ylsebeth six et Janiliah seulement cinq. En ce temps les Daevas, qui devaient assurer la protection d’Argetum face aux clans Kralls qui existaient aux confins des régions sauvages frontalières, furent réduits en nombre et réquisitionnés pour une vaste campagne de guerre contre les Asmodiens. Les Kralls en profitèrent pour attaquer les villages avoisinant, et pour mener parfois des raids jusqu’aux habitations en bordure de ville. Ce jour là, ils furent nombreux. Nos parents s’étaient rassemblés avec d’autres voisins pour organiser la défense des demeures et Thorondus dirigeait l’ensemble. Nous devions rester à l’abri avec notre grand-mère à l’intérieur. Malgré les défenses et la vaillance des adultes qui repoussèrent nombre de Kralls, avec l’aide de quelques Daevas présents. L’un d’eux accompagné d’un kobold parvint jusqu’au foyer de notre grand-mère. Ils pénétrèrent dans la pièce, où nous nous étions réfugiés, en détruisant la porte dans un éclat qui nous tétanisa tous… sauf notre grand-mère qui se sentait prête à donner sa vie pour nous protéger. Elle avait une épée et tenta de repousser le Krall avec. Celui-ci surpris par cette femme d’apparence fragile fut blessé à la jambe. Et dans sa douleur et sa rage il délivra un coup mortel de sa masse contre la tête de notre grand-mère qui se fracassa. Le choc fut terrible pour nous tous… nous venions de voir mourir sous nos yeux l’être qui nous était le plus cher, par sa compassion et sa bienveillance envers nous et toutes créatures vivantes. Une terrible colère nous anima alors, qui remontait d’une mémoire ancestrale. A ce moment Fingorn arriva et sans avoir le temps de voir sa mère gisant, morte, il transperça de son épée le kobold qui agonisa alors dans son sang. Le Krall fonçait sur notre oncle toujours écumant de rage. Nous les enfants étions dispersés dans la pièce, et nous avions pris nos armes de bois, croyant naïvement que nous saurions nous défendre. Et pourtant tel fut le cas. Alors que Fingorn tentait d’esquiver l’assaut du Krall, Brethill, Gawen et Brewen foncèrent sur cet être immonde qui ne pouvait inspirer que la haine. Brethill avait ramassé l’épée de grand-mère et frappa le Krall derrière le genou, Brewen qui avait trouvé deux grands couteaux à dépecer les enfonça dans l’épais cuir du dos du Krall, Gawen qui n’avait qu’une masse en bois frappa l’arrière de l’autre genou. Si bien que le Krall surpris se retrouva à terre à genoux. Eorwyn émit une espèce d’incantation et les cheveux du Krall prirent feu. Pour ma part j’avais ôté les bouchons de mes flèches et lui en décochais quelques unes dans le dos. L’ennemi ainsi diminué Fingorn pu le blesser à la tête et au thorax. Mais la bête immonde était résistante et encore vaillante. Nous ressentions alors comme un fluide nous traverser qui aiguisa nos aptitudes. Chacun blessait l’ennemi avec toujours plus de précision et de force…dans une mesure surpassant les capacités des enfants que nous étions. Le Krall était très affaibli mais on le sentait capable de la violence du désespoir d'une bête traquée. Entra alors Thorondus qui vit sa femme morte… jamais je ne vis mon grand-père dans une colère si terrible et de concert avec Fingorn ils achevèrent le Krall qui ne pu se défendre. Toute la famille était en deuil. Mais toute la famille réalisa que la génération des enfants avait peut-être un destin de Daevas. Il fut décidé, maintenant que notre don nous fut révélé, lors d’un conseil de famille que nous serions envoyés au Sanctum dans une école spécialisée pour les jeunes apprentis Daevas, et d’intégrer vers l’âge de quinze ans les grandes académies. J’avais alors presque onze ans l’âge minimum et je pus continuer à grandir avec mes cousins. Ma sœur et ma plus jeune cousine durent attendre deux et trois ans avant de nous rejoindre à la capitale. Mais voilà qu’il me reste à te raconter la fin de l’histoire de Fingorn. De retour de son expédition ou un Asmodien le sauva, il fit son récit à toute la famille. Faisant part de sa stupéfaction au nom de cet Asmodien il remarqua que ses frères, sa sœur et son père ne semblaient pas surpris. Thorondus paraissait même courroucé de ce récit. Il invectiva mon oncle en disant qu’il était impossible qu’un Asmodien sauve la vie d’un Elyséen, qu’il devait avoir abusé de l’alcool en douce et avait confondu son sauveur. Mais ce qui intriguait surtout mon oncle c’était ce nom de Vanyar pour un Asmodien. Avait-on des ancêtres communs avec eux ? Mais lorsqu’il prononça le prénom d’Ewenleä, Gweloïse fondit en larmes sous le regard sévère de son père. Et bravant l’interdit, le tabou et le silence de vint-trois années elle avoua à son petit frère qu’Ewenleä était leur sœur et qu’elle était partie avec un Asmodien qui l’avait sauvé et dont elle était tombée éperdument amoureuse et réciproquement. Mon grand-père tempêta qu’il n’avait pas de fille se prénommant Ewenleä. Mais Fingorn compris qu’on lui avait menti toute sa vie, qu’il avait une sœur vivant parmi les Asmodiens et qu’il existait des Asmodiens, ou du moins un, qui dépassait tous ces siècles de haine pour secourir ses soi-disant ennemis. Et il en voulut plus à son père de l’avoir aveuglé avec son mépris des Asmodiens que de lui avoir caché l’existence d’une sœur. Mais pour cela il lui en voulait tout de même terriblement ainsi qu’à ses frères et son autre sœur d’avoir subi cette loi du silence et de l’avoir laissé dans l’ignorance. Sur ces faits il partit pour ne plus jamais revenir. Sinon pour être inhumé à côté de sa mère, après avoir péri dans une bataille contre les Balaurs au cœur des Abysses. Une lutte à laquelle il voulait participer, ‘la seule véritable guerre’, avait-il lancé en partant de la maison des Vanyar, ‘mes seuls ennemis’ avait-il repris des paroles de Goderick. Mais une lutte pour laquelle il n’avait pas les capacités. Et c’est en pensant à lui que nous nous battons, nous les Daevas Vanyar, contre les Balaurs. » |
|  | | Elowyn Vanyar Nomade

Messages: 80 Date d'inscription: 19/03/2008 Localisation: 02° 17' 41'' E - 48° 51' 29'' N - Alt. 276 m
Feuille de personnage Race: Asmodien Classe: Aède Légion: La Camarilla Draconis
 | Sujet: Re: Ephémère Eternité Jeu 4 Fév 2010 - 1:53 | |
| Chapitre 4 - Si loin, si proches _________ - vi - ________ Invitation au voyageElowyn était aux anges et toute chamboulée par ce long récit très détaillé. Elle espérait maintenant bientôt rencontrer ses autres cousins. Brethil ne devrait plus tarder. Mais alors qu’elle scrutait la porte de la taverne, elle vit entrer non pas son cousin mais son frère. La découverte familiale s’annonçait incroyable, car à la suite de son frère qui se dirigea vers elle, Brethil entrait suivi d’une Elyséenne et de deux Elyséens se ressemblant comme deux gouttes d’eau. Les présentations allaient pouvoir se faire. Une joie envahissait Elowyn comme jamais auparavant. « Hello sœurette, alors tu fricotes avec une Elyséenne » lança Elrohir dans un grand sourire, en saluant la compagne Elyséenne de sa sœur. « Dit bonjour à ta cousine Arwen, frérot ! » s’exclama Elowyn dans une joie sans retenue. Elrohir eut un sourire indiquant qu’il savait. « Arwen, je te présente mon frère, Elrohir », annonça l’aède à l’adresse de sa cousine. « Bonjour Arwen. » dit Elrohir dans un sourire amical. « Bonjour Elrohir » commença Arwen. Se retournant vers sa sœur, Elrohir continua : « Il semble que j’ai fait une rencontre similiare à la tienne, sœurette. Je suis allé apporter mon aide à trois Elyséens qui semblaient en manque de Gladiateur pour venir à bout de quelques Balaurs un peu coriaces. » Arwen regardant par-dessus l’épaule de son cousin asmodien reprit dans un doux rire : « Elowyn je te présente Eorwyn, Gawen et Brewen nos cousins ». Ils s’attablèrent tous ensemble, ne tarissant pas sur cette coïncidence extrême, heureuse et totalement inattendue. Ils commandèrent chacun une pinte de cette fameuse bière Elysénne. Elrohir fut alors bien obligé de reconnaître la qualité supérieure de cette bière. Elowyn poursuivit ses questions : « Et le reste de la famille, Brethil tu disais que la famille avait des intérêts liés au Thargrimm ? » Brewen pris la parole pour répondre : « Commençons par l’origine de ce lien. Comme Arwen t’a conté un peu notre histoire, je vais poursuivre. Le sacrifice de Fingorn ne fut pas vain pour nos parents et notre grand-père en particulier. Il rumina longtemps après le départ, et plus encore après la mort de son plus jeune fils, une des rares personnes ayant su lui tenir tête, comme Ewenleä… tous deux partis. Le récit de son fils l’avait pourtant bouleversé dans ses certitudes sur la guerre Elyséo-asmodienne. L’idée d’une entente possible avec les Asmodiens faisait son chemin en lui, en même temps qu’une certaine idée des affaires. Et par l’intermédiaire de ses contacts Shugos et Elyséens, d’une nature parfois douteuse, il engagea une partie non officielle de ses intérêts commerciaux dans le consortium. Tout en investissant dans un commerce dangereux mais lucratif, il participa au dialogue des deux peuples ennemis, même si ce dialogue n’avait pour perspective unique que le profit financier des intéressés. Et surtout il y voyait un moyen d’assurer notre présence dans les Abysses, en terre Balaurs… les tueurs de son fils. Ses enfants, nos oncles, tante et parents trouvèrent dans cette entreprise une voie de rédemption pour leur faiblesse de conviction mise en valeur par Fingorn. Ils apportèrent leur concours à ce projet et soutinrent grand-père dans les décisions familiales. Et c’est tout naturellement que nous, les enfants Vanyar et Daevas de surcroît, intervenons sur le Thargrimm, parfois aux côtés des mercenaires Elyséens en charge de l’ordre du fort, pour veiller à la protection des intérêts de la famille. Ce qui ne nous empêche pas de partir à l’occasion en expédition contre les Balaurs. En fait nous sommes un peu ici chez nous, mais n’étant pas en service nous sommes soumis aux mêmes règles que les autres. Et avouons le, chacun de nous espérait aussi dans l’existence de cet avant-poste neutre l’occasion de retrouver la trace d’Ewenleä. Et vous voilà ! » Eorwyn enchaîna sur les paroles de son frère, elle était toujours avide de parler de son oncle qu’elle admirait tant : « Mais l’histoire de Fingorn ne s’arrête pas là, car il a laissé autre chose à la famille qu’une raison de participer à la lutte contre les Balaurs. Il avait épousé en secret une femme, Varnaelle, après avoir quitté le foyer des Vanyar pour ne plus jamais y revenir. Sur les consignes de Fingorn cette femme ne s’est fait connaître qu’une fois sa mort annoncée. C’est d’ailleurs elle qui est venue nous l’apprendre. Elle avait avec elle son fils, dont Fingorn était le père, simplement prénommé Fingorfin par sa mère. En effet elle était enceinte quand Fingorn est parti pour sa dernière mission. Lorsqu’il est né son père venait de mourir loin d’eux. L’enfant a maintenant deux ans et demi. Mais Gawen saurait vous en parler mieux que moi. » Eorwyn se tourna vers son frère, qui prit doucement la parole : « Oui notre grande famille s’est encore agrandie à l’occasion de l’arrivée de Varnaelle et de Fingorfin. Varnaelle a deux ans de plus que moi, elle est orpheline, elle est belle, douce et fraîche comme un matin d’été. Je n’ai jamais pu voir en elle la veuve de mon oncle, mais sa détresse et sa beauté m’ont touché au cœur. Nous allons nous marier prochainement et je deviendrais bientôt le tuteur légal de Fingorfin. Je lui enseignerais comment son père fut un héros et s’il a un destin de Daevas il saura le venger à son tour. » La conversation se poursuivit sur divers sujets. Les Vanyar élyséens proposèrent qu’un jour Elrohir et Elowyn viennent sur Elyséa pour rencontrer le reste de la famille. Il faudrait prendre des précautions extrêmes, le danger était mortel, mais les deux Asmodiens étaient ravis de la proposition. Auparavant ils avaient des affaires à régler sur Asmodae. Elrohir semblait très intéressé par la proposition de Brewen et Gawen, qui avaient son âge, d’intégrer les rangs mercenaires, côté Asmodien assurant la protection du fort. Il pourrait même ainsi veiller aux intérêts des Vanyar avec leurs partenaires d’Asmodae. Mais il devait auparavant respecter ses engagements envers son bataillon et l’armée de Pandémonium. Elowyn elle n’envisageait pas de rester, elle avait toujours en elle ce besoin de parcourir le monde, de connaître Atréia… son cœur d’Aède et sa quête personnelle la poussait à une vie nomade. Elle se promit néanmoins de revenir au fort régulièrement. L’idée d’aller sur Elyséa l’intéressait tout particulièrement : découvrir de nouvelles contrées répondait à sa soif de savoir. Mais avant d’entamer ce voyage elle se devait de retourner à la capitale faire le point sur des affaires personnelles. Et bien sûr, tous deux avaient de plus le désir d’aller voir leur mère pour lui faire part de cette découverte familiale. Elle qui avait toujours quelques mélancolies lorsqu’elle évoquait sa famille, serait certainement très émue et réjouis par cette nouvelle, qui pouvait signifier dans un avenir non défini des retrouvailles qui guériraient certaines blessures du passé. Il s’écoulera plusieurs mois jusqu’au jour où, alors que son frère était encore en campagne avec son bataillon, Elowyn s’en viendrait, en compagnie de ses cousins Elyséens, poser le pied sur Elyséa… terre lumineuse… tout à fait un autre monde qu’Asmodae. Elle savait qu’elle y risquerait sa vie, mais sa quête était à ce prix. Qu’allait-elle donc pouvoir découvrir sur cette terre nouvelle pour elle ? |
|  | | Elowyn Vanyar Nomade

Messages: 80 Date d'inscription: 19/03/2008 Localisation: 02° 17' 41'' E - 48° 51' 29'' N - Alt. 276 m
Feuille de personnage Race: Asmodien Classe: Aède Légion: La Camarilla Draconis
 | Sujet: Re: Ephémère Eternité Sam 6 Fév 2010 - 23:53 | |
| Chapitre 4 - Si loin, si proches ________ - vii - _________ RetrouvaillesElowyn avait hâte de revoir sa mère et son maître, voilà près de deux ans et demi qu’elle les avait quitté. Comme un retour à son foyer son cœur s’emballait des émotions anticipées des retrouvailles. Tant de choses à partager avec son maître au sujet des Emissaires d’Aion. Et surtout l’incroyable nouvelle à annoncer à sa mère. La rencontre avec ses cousins d’Elyséa. Portée par son enthousiasme Elowyn ne perçut aucune fatigue sur la route désertique qui menait au monastère. Elle frappa à la lourde porte d’entrée, on lui ouvrit et à peine entrée elle fut reconnue par les enfants. Ceux-ci se ruèrent sur elles, fous de joie du retour de la grande sœur. Tous avaient grandi, comme elle avait mûrit au cours des dernières années. Dans l’effervescence de ses retrouvailles Elowyn aperçut sa mère debout devant l’un des bâtiments assistant à la scène, émue. Emue de revoir sa fille, de cette joie des rires d’enfants qui envahissaient le Sanctuaire. L’aède se détacha doucement des enfants qui repartirent pour leurs occupations, corvées et leçons diverses, en se dirigeant vers sa mère. Des larmes coulaient sur les joues d’Ewenlëa. Le bonheur semblait irradier le visage de sa mère, tandis que son regard était légèrement assombrit par une autre pensée. « Comme je suis heureuse de te revoir maman. Tant de choses à te raconter, dit Elowyn en enlaçant sa mère. - Moi aussi ma chérie. Moi aussi, étouffa sa mère dans un sanglot. - Oh maman… - Il est revenu, soupira Ewenlëa. - Qui ça ? interrogea Elowyn - Ton père », hoqueta sa mère repartant dans un sanglot éperdue en étreignant sa fille. Elowyn resta bouche-bée, interloquée, incrédule. Elle regarda sa mère, elle semblait pourtant avoir toute sa raison, mais son émotion la submergeait tellement qu’on avait du mal à saisir la réalité de ses propos. La mère pris la main de sa fille et la conduisit dans un bâtiment non loin de là. Dans une chambre à l’écart elles pénétrèrent doucement. Un corps était allongé là sur un lit. Inerte. Elowyn s’approcha tremblant de la physionomie qu’elle reconnaissait. Il ne pouvait qu’être mort. Mais d’où venait-il ? Elle se retourna vers sa mère pour l’interroger, quand un gémissement fut émit par l’homme allongé. Elowyn s’approcha encore. C’était bien son père et il était vivant. Vivant. Goderick émit un cri terrifiant, d’horreur et de douleur, ses membres se crispèrent puis il retomba dans une inconscience léthargique. Ewenlëa se mit à nouveau à pleurer. Elowyn ne comprenait plus rien. « Il est comme ça depuis que Maître YU l’a ramené. Pour l’instant on ne peut rien faire. Je n’ai même pas pu lui parler, il n’a jamais repris véritablement conscience, il ne doit même pas vraiment savoir qu’il est revenu en Asmodae », un sanglot étreignit la gorge d’Ewenlëa. Elowyn restait interdite, sa mère semblait souffrir de voir son amour retrouvé sous l’emprise d’un mal inconnu qui le torturait encore et toujours. Tant de questions se bousculaient, tant de choses à raconter à sa mère. L’aède pris sa mère par la main est la conduisit à l’extérieur. « Maman. Tout ira bien, papa est là sous la garde de Maître YU. Si quelqu’un sait quoi faire c’est bien lui. Ait confiance, même s’il faudra faire œuvre de patience. » Sa mère tentait de retenir ses sanglots, ce n’était pas son genre habituellement de s’effondrer nerveusement, mais le retour de son amour perdu dépassait toutes les émotions qu’elle avait pu connaître jusqu’alors. « Tu te rappelles de ta famille, maman ? Je veux dire leurs visages… - Eh bien ils restent des images floues au fond de ma mémoire… mais pourquoi cette question ? - J’ai rencontré, dans les Abysses des Elyséens nommés Vanyar - … - Mes cousins, maman. Tes neveux et nièces. C’est incroyable, tellement improbable que ce ne peut-être que le destin, les petites coïncidences qui parsèment Atréïa au cours du temps. - Ah… et ils ont essayé de te faire du mal ? - Non maman, bien au contraire. Ils m’ont un peu raconté leur histoire, celle de leur famille, en particulier depuis ton départ. Ton père a changé sa vision des choses et tous ses petits enfants sont des daevas où certainement promis à cette voie. Allez vient maman je vais te raconter tout ça autour d’un thé. » Elowyn par son récit sécha les larmes de sa mère. « Depuis quand papa est-il revenu ? Demanda l’aède. - Quelques jours, répondit sa mère - Tu disais que maître YU l’avait ramené des Abysses. T’a-t-il raconté comment il a pu réussir pareil sauvetage ? - Non, je n’ai pas trouvé le temps de lui demander, et puis ce qui compte c’est que Goderick soit là, même si… Ewenlëa contrôla son émotion, mais elle était toujours vive. - Même s’il n’est plus le même qu’avant chère Ewenlëa. Maître YU venait de faire son apparition dans le réfectoire du monastère ou les deux femmes prenaient le thé. - Bonjour Maître YU, ou devrais-je dire…, lança Elowyn. - Bonjour Elowyn, il semble que tu te sois intéressé aux histoires du passé à Pandémonium. - Vous êtes une source de découverte permanente. - Allons marcher un peu Elowyn, ta mère à sans doute besoin de se reposer. - A plus tard maman. - A plus tard ma chérie. - Comment avez-vous réussi à retrouver et sauver mon père, questionna la disciple. - Avec beaucoup de patience, un travail de recherche minutieux bien que dangereux et une connaissance relative des mœurs Balaurs notamment leur goût certain pour la torture. - Pour la torture, vous voulez-dire que si mon père est dans cet état…. - Oui Elowyn, plus de deux ans à subir la cruauté des Balaurs. Le don de résurrection par l’Aether peut-être aussi le moyens de souffrir sans fin, de douleurs longues, atroces et mortelles. Et vu l’état de ton père, il faudra beaucoup de patience et être attentif au moindre signe pouvant permettre de l’aider à revenir complètement parmi nous. - Et comment l’avez-vous sauvé ? - Par un travail d’équipe. J’ai pu me faire aider par deux experts de la furtivité et quelques autres compagnons m’ont permis de détourner l’attention des Balaur, pendant que le sauvetage en plein cœur de leur forteresse s’exécutait. - Pourquoi prendre de tel risque pour mon père ? - D’abord pour toi Elowyn. Et puis c’était le moyen pour quelques vieux daevas de se dégourdir un peu. Après tout nous ne partions pas dans le but d’anéantir les Balaurs, mais de leur jouer un tour à notre façon. J’imagine leur rage maintenant. - Vous vous êtes amusés… - Eh bien quand les siècles s’accumulent, il se peut que les sources d’amusement évoluent un peu, non ? - D’ailleurs à propos de votre âge, est-ce que vous pourriez m’en raconter plus que ce que l’on peut trouver dans les manuscrits des Emissaires d’Aion - Je te trouve bien curieuses, surtout pour des faits sans importance et révolus. Et puis tu découvriras certaines choses par toi-même en ton for intérieur. Mais pour satisfaire ta curiosité, malgré deux millénaires j’ai toujours en mémoire ce jour où j’ai vu les Dragons exterminer ma famille, mes amis, mon peuple… mon corps et mon visage portent encore les stigmates de ce jour funeste. C’est ce jour qui m’a vu révéler ma nature de daeva. » Ils s’entretinrent des Emissaires et des faits de l’histoire dont Maître YU avait été le témoin. Elle lui soumit ses interrogations au sujet d’un sanctuaire surnommé le nid d’aigle dont aucune trace n’avait été retrouvée, ni même cherchée. Qu’avait pu devenir le maître-doyen de cet ordre des montagnes ? Maître YU lui répondit à nouveau, comme elle s’y attendait souvent, qu’elle le découvrirait par elle-même si tel était son destin. Il lui raconta tout de même que ce sanctuaire était dirigé par la seule maîtresse-doyenne des Emissaires d’Aion. Elle se nommait Almissarah. Ce nom résonna d’une façon particulièrement étrange dans l’esprit d’Elowyn. Comme s’il faisait écho à un lointain souvenir de sa conscience, d’un passé bien antérieur à sa venue au monde. Quelques jours plus tard Elrohir débarqua au sanctuaire. La découverte de son père fut une immense joie pour le guerrier. Mais l’état dans lequel il le trouva l’empli d’une rage qui ne pouvait que le pousser à retourner au plus tôt dans les Abysses pour y réduire l’influence de cette engeance incurable. Elowyn annonça qu’elle aussi allait partir pour les Abysses, mais dans le but de se rendre en Elyséa accompagnée de ses cousins Vanyar. Chacun lui fit part de ses conseils de prudence quand elle foulerait les territoires ennemis. Maître YU lui expliqua qu’il aurait certainement moyen de resté en contact spirituel avec elle. L’aède avait développé ses capacités méditatives et mentales, et par le biais d’Atréïa leurs esprits pourraient peut-être communiquer par delà les Abysses. De nouveaux au revoir s’échangèrent. Le frère et la sœur partirent le cœur un peu lourd de l’état de leur père, bien qu’allégé par la certitude qu’il était maintenant bien vivant. Ils espéraient qu’à leur prochaine visite son état aurait pu s’améliorer. Combien de temps faudrait-il pour qu’ils retrouvent leur père, ou plutôt que celui-ci se retrouve lui-même ? |
|  | | Elowyn Vanyar Nomade

Messages: 80 Date d'inscription: 19/03/2008 Localisation: 02° 17' 41'' E - 48° 51' 29'' N - Alt. 276 m
Feuille de personnage Race: Asmodien Classe: Aède Légion: La Camarilla Draconis
 | Sujet: Re: Ephémère Eternité Mar 9 Fév 2010 - 19:47 | |
| Chapitre 5 Histoire d’un aller-retour (Les voyages initiatiques d’Elowyn Vanyar - Elysea) La découverte d’Elyséa : la familleVoilà plusieurs semaines qu’Elowyn avait posé le pied en Elyséa. Elle se sentait vivre dans l’interdit, là en plein cœur du territoire ennemi. Il était hors de question pour elle de sortir de la demeure familiale, mais cela la démangeait de parcourir ce monde baigné de lumière. Elle ne pouvait que se remémorer son arrivée ici, et tenter d’imaginer tout le reste avec le peu qu’elle avait pu apercevoir. Elle se rappelait le jour au Thargrimm où tout fut mis en place pour qu’en compagnie de cinq de ses cousins elle puisse atteindre le portail Elyséen en plein cœur de la forteresse du portail vers Elyséa. Il avait fallu qu’elle s’habille avec une robe de bure monacale dont la capuche cachait son visage, les manches ses mains griffues et la longueur de la robe trainant légèrement au sol permettait, en l’obligeant à marcher à pas modérés, de masquer les griffes de ses pieds. Ainsi les Vanyar semblaient escorter un vieux moine, peut-être un oracle, ou encore un être d’une laideur saisissante pour la beauté lumineuse des Elyséens qu’il fallait dissimuler. Elle ressentait encore l’angoisse qui l’avait tenue tout le temps qu’elle traversait le fort. En particulier ce moment difficile où son cœur sembla presque s’arrêter quand il fallut emprunter le portail sous l’œil acéré des gardes surentrainés et vêtus d’armures éblouissantes tout autant que terrifiantes. Gawen et Brewen avaient dû calmer la curiosité des gardes qui étaient d’un naturel soupçonneux. Elowyn avait su endormir son aura Asmodienne, comme le lui avait appris son maître, afin de ne pas éveiller outre mesure l’agressivité des combattants Elyséens. Elle se rappelait cette aveuglante lumière qui l’obligea à fermer les yeux durant ses premières minutes sur le sol elyséen. L’air et les senteurs nouvelles lui avaient presque tourné la tête, mais Arwen était là pour la soutenir et la guider. Elle s’était rapidement adaptée et ils avaient pu se hâter pour gagner au plus vite la région natale de ses cousins. Mais le chemin ne fut pas de tout repos, outre les Elyséens dont la rencontre provoquait en elle des pics d’angoisse mais avec lesquels les Vanyar composaient avec naturel, il y eut une escarmouche avec les terribles Kralls. En effet, pour réduire le chemin vers leur foyer les Vanyar avaient décidé de passer en lisière d’un territoire Krall. Une escouade d’une dizaine de Kralls accompagnés de quelques Kobolds et menés par un gigantesque guerrier s’était attaquée à eux. La vitesse et la synchronisation de ses cousins dans cet affrontement la subjugua. A la réflexion, depuis qu’ils étaient en âge de jouer aux daevas tous ensembles, ils avaient appris à agir tel un seul être muni d’une acuité, d’une précision et d’un pouvoir incroyable. Au cœur de cet ensemble stratégique Elowyn trouva naturellement son rôle. Pour exprimer pleinement ses capacités elle du ôter sa robe de bure. Son apparence Asmodienne fut révélée ce qui effraya les kobolds qui crurent voir un démon et s’enfuirent lâchement. Les Kralls, loin d’être effrayés, furent sous le coup de la surprise, ce qui leur fut fatal. Le temps d’arrêt qu’ils marquèrent dans leur assaut permis à Arwen et Eorwyn de multiplier leur traits, flèches et sorts, de feu et de glace. Brewen et Brethil n’eurent qu’à achever les aissaillants. Leur chef fut un peu plus coriace, et les soins de Gawen, ainsi que les chants d’Elowyn, permirent au groupe d’en venir à bout sans vraiment risquer de dommages. Ils s’arrangèrent pour voyager à couvert à mesure qu’ils approchaient de leur destination. Ils finirent leur petit périple de nuit afin de pénétrer la demeure familiale en totale discrétion et d’introduire Elowyn en secret. Toute la famille avait été là pour les accueillir et rencontrer Elowyn. Thorondus le patriarche s’avança de son air bourru pour saluer sa petite fille encore encapuchonnée. Lorsqu’elle dévoila son visage elle remarqua le voile de crainte qui passa dans les yeux de tous ses oncles et tantes. Thorondus lui resta sans expression, et d’une façon neutre il dit à Elowyn : « Tu as les yeux de ta mère, ceux de ta grand-mère... tu es bien une Vanyar. Bienvenue dans notre humble demeure. » Elle comprit par la suite que ce ton neutre était le summum de l’émotion et de l’expression des sentiments chez son grand-père. Il lui avait témoigné toute son affection. La réaction de ses jeunes cousines Ylsebeth et Janiliah fut tout autres. Elles trépignaient d’impatience à l’arrivée des voyageurs et écarquillèrent leurs yeux émerveillés en découvrant Elowyn. Lorsqu’elle ôta sa robe de bure, Janiliah ne put se retenir de penser tout haut : « Trop classe d’être Asmodienne ! » « Bonjour, tu dois être Janiliah, l’Aède de la famille. Je crois que nous avons des points communs toutes les deux », répondit Elowyn. Janiliah se mit à rougir, gênée d’avoir fait sa remarque à haute voix. « Bonjour Elowyn, moi c’est Ylsebeth. Bientôt je pourrais aller dans les Abysses et on pourra se revoir souvent ». La jeune fille avait un sourire simple et sincère à l’adresse de sa cousine asmodienne. « Mais les Abysses ne sont pas une promenade de santé, et là-bas Elowyn est considéré comme une ennemie », Arwen venait calmer l’enthousiasme de sa jeune sœur. Un petit garçon, nullement effrayé, s’avança vers Elowyn en disant fièrement : « Moi, m’appelle Fingorfin, j’ai 3 ans ! ». Elowyn s’agenouilla pour se mettre à sa hauteur. « Bonjour Fingorfin, on m’a beaucoup parlé de toi... et de ton papa », Elowyn crut un instant avoir fait une gaffe en évoquant le père du garçonnet. « Moi, serai Gadateur quand serai grand. Moi tataquerais Dragon. Méchant Dragon, l’a tué papa », énonça le garçon avec toute la candeur et l’excitation de son âge. Puis il se tourna vers Gawen et couru dans ses bras. Ce dernier pris l’enfant dans ses bras et s’avança vers une femme à la beauté naturelle et rayonnante. Un début de larme venait de rendre son regard mélancolique. « Voici la maman de ce petit galopin. Elowyn je te présente Varnaelle ». La jeune femme resta silencieuse, comme intimidée par l’asmodienne. Puis les présentations continuèrent, avec les oncles et tantes. Ce fut Arwen qui s’en chargea. « Gweloïse et Barundir, les parents des jumeaux et d’Eorwyn ». Autant Gweloïse semblait chercher sa sœur dans les yeux d’Elowyn, autant Barundir paraissait indifférent, pour ne pas dire méfiant ou hostile à la présence de l’Asmodienne. Sa femme lui fit d’ailleurs une légère remarque sur son impolitesse. « Minaëlle et Hansert, les parents de Brethil et Janiliah », poursuivit Arwen. Ceux-ci semblaient cordiaux et presque ravis de connaître un nouveau membre de la famille. « Et ces deux là sont mes parents bien aimés, Idril et Redger », conclut Arwen toute souriante. Ils semblaient réellement enchantés d’accueillir Elowyn. Cette dernière se doutait bien que sa cousine leur avait parlé d’elle. Depuis son arrivée, elle ne pouvait que questionner tous les membres de la famille sur la vie en Elyséa, l’idée qu’ils se faisaient des Asmodiens, l’intensité de la haine vue d’ici. Mais, après ces quelques semaines enrichissantes, elle semblait tourner en rond. Elle avait soif de découvrir par elle-même. Mais elle n’avait aucun but et il était inconcevable de tenter l’aventure dans un milieu aussi hostile et mortel pour elle. Pourtant, ce jour là un but s’offrit à elle. Son désir de courir vers celui-ci, pour autant qu’il parût totalement incertain, fut plus fort que la crainte du risque mortel encourut pour l’atteindre. |
|  | | Elowyn Vanyar Nomade

Messages: 80 Date d'inscription: 19/03/2008 Localisation: 02° 17' 41'' E - 48° 51' 29'' N - Alt. 276 m
Feuille de personnage Race: Asmodien Classe: Aède Légion: La Camarilla Draconis
 | Sujet: Re: Ephémère Eternité Ven 12 Fév 2010 - 0:35 | |
| Chapitre 5 - Histoire d'un aller-retour ____________ - ii - ___________ La découverte d’Elyséa : l’aventureLorsque la famille fut réunie en cette fin d’après-midi, Barundir qui aimait railler à l’occasion les Asmodiens et ne manquait pas une occasion de tourner en ridicule les idées d’Elowyn sur l’unité nécessaire des Elyséens et Asmodiens dans la lutte contre les Balaurs, évoqua l’existence d’un groupe de jeunes idéalistes. « Vous ne connaissez pas la dernière ? J’ai rencontré un ami négociant ce matin à la foire d’un village, au sud à deux heures de route d’ici, qui me racontait qu’hier soir il avait entendu dans une auberge, une bande de jeunes utopistes raconter des choses insensées. Et cela m’a fait penser à Elowyn. Ces jeunes se veulent défenseurs de la veuve et de l’orphelin, jusqu’ici rien d’extraordinaire. Ils venaient d’ailleurs de sauver une jeune fille du village. Mais voilà qu’ils racontent que les véritables ennemis sont les Balaurs, mais le comble c’est qu’ils disaient qu’à la limite il faudrait s’allier aux Asmodiens pour cette lutte. N’est-ce pas ridicule ? » « Tu me déçois Barundir, lança Thorondus. Que crois-tu que nous fassions dans les Abysses avec notre marchandise. Indirectement nous commerçons avec les Asmodiens. Mais surtout nous tentons de participer à la lutte contre les Balaurs. Les tueurs de mon fils. Grâce à vos enfants, à tes enfants » Elowyn prit spontanément la parole : « Barundir, tu n’as sans doute jamais étudié l’histoire, sinon tu saurais que ces utopistes, comme tu les appelles, ne font que raviver le souvenir de la mission originelle des Daevas. Je ne rentrerais pas dans les détails, mais vouloir lutter contre les Balaurs est ce qu’il y a de plus sensé à faire lorsque l’on est Daeva ou un Daeva en devenir. » Elowyn semblait s’animer d’une ferveur qui l’enflammait et tout le monde le constatait. L’Asmodienne poursuivit : « Où se trouve ce village ? A-t-on idée de la direction que ce groupe à prise ? Combien de temps faut-il pour rallier ce village ? ». Barundir, qui au fond partageait la conviction de tous que les Balaurs pouvaient être une menace, indiqua à Elowyn les éléments géographiques pour situer et se rendre au village en question. Brewen interrompit son père : « Elowyn, il est hors de question que tu partes à la recherche de ce groupe. Et nous ne pouvons t’y accompagner. En franchissant le seuil de cette demeure tu mettrais ta vie en péril. Par ailleurs l’armée signale des mouvements Asmodiens dans la région de ce village. Cela est d’autant plus dangereux pour toi, et serait intenable si nous t’accompagnions et nous retrouvions en plein combat. » Brewen avait parlé avec autorité, et tout le monde semblait d’accord avec lui. Mais en son for intérieur Elowyn brûlait de partir en quête de ses Elyséens qui semblaient partager ses propres valeurs. Il lui fallait partir au plus tôt pour suivre cette piste avec les indications de Barundir. Si elle attendait, elle était persuadée de perdre l’occasion de suivre les traces de ses idéalistes. A la nuit tombée, alors que tout le monde dormait, Elowyn s’équipa et commença à s’éclipser doucement. Une fois dehors elle se retrouva nez à nez avec un élémentaire de terre qui lui barrait la route. « Je t’attendais Elowyn, si tu pars je t’accompagne. Tu auras besoin d’un guide qui connait la région et les forêts environnantes », Ylsebeth caché par son élémentaire s’adressait à sa cousine. « Tu n’iras nulle part petite sœur, j’accompagnerai Elowyn et toi tu resteras ici ». Arwen savait que rien ne pouvait arrêter Elowyn si elle était persuadée d’œuvrer pour sa quête. « D’accord Arwen, mais tu emmènes mon ami qui connait les arbres et les forêts et sait dialoguer avec eux. Il pourra t’être utile pour suivre la piste ». Ylsebeth informa son élémentaire de la recherche qu’allaient entreprendre Arwen et Elowyn. « N’oublies pas de le faire revenir à moi si tu penses ne plus avoir besoin de lui, tu te rappelles des ordres fondamentaux ?». Arwen, en tant que rôdeuse et enfant du pays, connaissait également très bien la région et ses forêts. « C‘est d’accord Ylsebeth. Merci pour l’aide de ton compagnon. » Elowyn et Arwen se mirent en route. Elles marchèrent donc toute la nuit, en faisant des haltes pour se reposer, en compagnie de l’élémentaire qui semblait parfois se fondre avec l’environnement. Au petit matin elles se trouvaient non loin du village, dans la forêt avoisinante. Selon les indications dont avait eu connaissance Barundir les jeunes Elyséens devaient être partis plus vers l’ouest. Sans faire le détour par le village elles continuèrent. Puis dans la forêt, après la zone du village, l’élémentaire s’adressa à Arwen : « Mort ! ». Puis il se dirigea selon une direction bien précise. Quelques temps plus tard les deux femmes découvrirent des cadavres Asmodiens. Elowyn fut un peu étourdi à cette vue, mais compris que les assaillants étaient clairement les Asmodiens qui se trouvaient en territoire ennemi. Les traces semblaient aisées à suivre pour Arwen aidée de l’élémentaire. Toute la journée elles avancèrent. Alors que le jour commençait à baisser, toujours suivant les traces dans la forêt, les deux femmes et l’élémentaire rencontrèrent un élémentaire beaucoup plus puissant que celui d’Ylsebeth. Les deux élémentaires communiquèrent. Puis le jeune s’inclinant devant le plus ancien, ce dernier poursuivit sa route. Le compagnon d’Ylsebeth revint auprès d’Arwen pour lui indiquer une direction accompagnée d’un mot : « Groupe ! ». Elle savait qu’elles étaient sur la bonne piste et que peut-être se rapprochaient-elles. Le soir s’installait par la pénombre et les deux femmes arrivèrent en lisière de forêt accompagnées par l’élémentaire de terre. Au loin on distinguait un immense complexe rocheux et les traces d’un groupe et d’une escouade semblaient se rejoindre pour aller dans cette direction. Il fallait maintenant qu’elles avancent à découvert. Arwen ordonna à l’élémentaire de rejoindre Ylsebeth. Après un temps de repos les deux femmes, préférant gagner les hauteurs de cet ensemble rocheux, déployèrent leur capacité de Daevas et s’envolèrent rapidement. La nuit tombait, mais elles purent encore distinguer deux tours qui avaient subi des assauts. Elles n’allèrent pas inspecter, mais à coup sûr il devait y avoir des cadavres Asmodiens par là-bas. Continuant à avancer sur ces hauteurs rocheuses, les deux femmes distinguèrent un tumulte de combat et des lueurs vives dans la nuit à quelques distances à vol de Daevas. « Le combat se poursuit là-bas Arwen, allons-y ! ». Et les deux femmes s’envolèrent de nouveaux vers cette zone qui semblait animée par un terrible combat. Qu’allaient-elles y trouver ? Le cœur d’Elowyn était empli d’espoir… et de craintes. |
|  | | Elowyn Vanyar Nomade

Messages: 80 Date d'inscription: 19/03/2008 Localisation: 02° 17' 41'' E - 48° 51' 29'' N - Alt. 276 m
Feuille de personnage Race: Asmodien Classe: Aède Légion: La Camarilla Draconis
 | Sujet: Re: Ephémère Eternité Lun 15 Fév 2010 - 23:56 | |
| Chapitre 5 - Histoire d'un aller-retour ___________ - iii - ___________ Des Chasseurs de DragonLes deux cousines Vanyar volaient à tire d’aile de rocher en rocher jusqu’à surplomber une zone de combat. Près d’une dizaine de combattants, tous Elyséens à priori, semblaient affronter un immense Sorcier Balaur dont les sorts de feu semblaient dominer ses adversaires. Le groupe de guerriers semblait en souffrance, les corps inertes étendus sur toute la zone de combat indiquaient le prix que payaient les Elyséens à tenter de vaincre le Balaur. Arwen et Elowyn se regardèrent, déployèrent leurs ailes et fondirent sur ce dernier. L’Asmodienne entama un cantique Elyséen que sa mère lui avait appris il y a longtemps. Gravé dans sa mémoire ce chant trouvait ici toute son expression. Dans le même temps Arwen entrepris cet exercice de virtuosité de décocher ses flèches vers sa cible tout en fonçant vers elle, depuis les airs. L’attention du Sorcier sembla être troublée par ce duo totalement inconcevable pour un Balaur qui avait sans doute voué sa vie à entretenir la haine entre ces deux races. Il émit un terrible cri de rage, suivi d’une incantation préparatoire à un sort d’envergure terrible. Le Balaur réussi rapidement d’abord à s’entourer d’un sort qui brulait les flèches s’approchant de lui. Une Asmodienne, à l’écart du groupe d’Élyséens lança un élémentaire de l’air qui ouvrit une nouvelle brèche dans les murs de flammes qui entouraient le Sorcier. Les combattants Elyséens s’y engouffrèrent. Les deux assaillants les plus proches entaillèrent les flancs du Balaur, qui au même moment déclencha son sort. Les deux Elyséens furent propulsés jusque sur les arrières du groupe. Ils tombèrent inconscients. En second rideau trois autres Elyséens se jetèrent à la gorge du Balaur, tandis que les Sorciers multipliaient les pics de glaces, un élémentaire de feu sur ordre de son maître Elyséen désamorça la protection du Balaur contre les flèches de la Rôdeuse Elyséenne, qui enchaîna de nouveau ses séries de décoches à une vitesse incroyable. Le Sorcier Balaur qui savait vaincre en tenant ses adversaires à distance commençait à céder sous les assauts directs. Il ne pouvait plus cibler tous ses adversaires en même temps. Il décida de cibler la spiritualiste asmodienne. Elowyn qui répétait ses litanies vint à se poser près de celle-ci. Dans un ultime don de soi elle perçue l’arrivée de la boule de feu et se mit alors en position pour s’interposer et déployer un champ de protection. Mais elle n’en avait pas le temps et fut frappée avec une violence inouïe par le météore enflammé. Malgré tout, quelques éclats vinrent blesser la spiritualiste qui se retrouva avec cette asmodienne, comme une sœur, dans ses bras, inconsciente et mortellement blessée. Les combattants Elyséens avaient maintenant le dessus sur le Balaur. Le Sorcier résistait toujours avec l’énergie du désespoir, mais il était harcelé de toute part ses défenses tombaient, il tentait de trouver une issue. Mais il n’y en avait pas, il était acculé à une mort prochaine et certaine. Dans un ultime effort il tenta une incantation mais les Elyséens dépensèrent leurs dernières forces à l’en empêcher. Lord Krang, tel était le nom du Sorcier Balaur, était maintenant à genoux… quelques flammèches sortaient de ses mains, son corps était criblé de flèches, de pics de glace et d’entailles. Un gladiateur Elyséen, sans doute le chef du groupe, brandit alors sa lourde épée et l’abattit de toutes ses forces sur le crâne du Sorcier Balaur. Celui-ci gisait mort baignant dans son sang. Les combattants avaient été durement touchés dans cette bataille et ceux encore debout n’étaient plus très vaillants. Alors que les Elyséens se rassemblaient, leur joie était modérée par les pertes subies. Ils ne s’attardèrent pas auprès des Asmodiennes, elle aussi touchées. Seule la Rôdeuse qui accompagnait l’Aède asmodienne accourue vers elle, comme s’il s’agissait de sa sœur. Elle s’adressa à la spiritualiste qui tentait de prendre soins de cette inconnue, dans ses bras, qui s’était sacrifiée pour elle : « Bonjour, je me nomme Arwen Vanyar et vous tenez dans vos bras ma cousine Elowyn. » Arwen se penchait déjà vers sa cousine sans attendre de réponse de la spiritualiste. Cette dernière était sous le coup de la surprise. Une Elyséenne cousine d’une Asmodienne, cela paraissait pour le moins incongru. Elle finit par bredouiller à l’Elyséenne : « Ah ? Moi c’est Celes’Ska... ». Arwen semblait inquiète sur l’état de sa cousine. « Eh bien Celes’Ska, savez-vous si l’on peut trouver de quoi apporter quelques soins à Elowyn ? » Elowyn ouvrait les yeux semblant reprendre partiellement connaissance. Elle gémit de douleur ressentant l’intensité des brûlures de son corps, puis retomba inconsciente. « Oui, dans les grottes, en dessous nous pourrions l’étendre le temps que je trouve quelques remèdes et que je rassemble mes affaires, répondit Celes’Ska. - Très bien aidez-moi à la porter. Ensuite j’irais chercher de l’aide auprès des autres Elyséens, il me semble qu’il y a un prêtre parmi eux ». Les deux jeunes femmes transportèrent Elowyn, dans une pièce qui semblait être une chambre confortable. « C’est là votre domaine Celes’Ska ? - Non, ce sont les quartiers de feu Lord Krang ». Elowyn repris de nouveau ses esprits. Et regardant sa cousine, tout en contenant cette horrible douleur de brûlure, elle émit quelques mots : « Je crois qu’il ne ma pas loupé ce Dragon. Je n’imaginais pas que la douleur pouvait à ce point envahir tout un c… ». Une douleur suraigüe interrompit ses mots. Elle tentait de rassembler le peu d’énergie qu’elle avait en elle pour maîtriser l’Aether afin de se donner les premiers soins. Alors qu’elle entamait sa concentration son regard fût attiré par un livre, ou plutôt la tranche d’un livre posé sur une étagère en hauteur. Ses yeux s’écarquillèrent intensément : « Arwen, là sur l’étagère… ». De nouveau la douleur n’en finissait pas dès qu’elle essayait de parler. Celes’Ska qui n’était pas loin de la dite étagère s’en approcha pour savoir de quel livre il s’agissait. « Lequel, celui-là ? Interrogea la Spiritualiste. - Non juste à côté, avec le symb… ». Cette fois un cri s’échappa de la gorge d’Elowyn qui ne parvenait plus à supporter sa douleur. Dans un dernier effort Elowyn tenta de parler : « Arwen, ce symbole c’est celui des Emiss… ». Elle ne put finir sa phrase. Elle comprit qu’elle ne devait plus tenter de s’exprimer et d’essayer de se soigner d’abord, sinon son état empirerait encore. Elle posa ses mains sur sa poitrine, ferma les yeux et sembla s’apaiser comme pour méditer. Une lueur émanait maintenant de ses paumes tournées contre son corps. Une aura bleutée enveloppa progressivement tout son corps. Les chairs brulées semblaient se cicatriser. Puis d’un coup tout s’arrêta net, Elowyn retomba dans une inconscience totale. Elle était hors de danger, mais les deux femmes n’en savaient rien, elles ne pouvaient que l’espérer. « Celes’Ska restez auprès d’elle, essayez de parcourir ce livre qui semble recéler quelque importance pour Elowyn. Je vais voir à trouver de l’aide auprès des Elyséens. A tout de suite. - A tout de suite Arwen », répondit l’Asmodienne un peu déroutée par tout ce qui se passait. Elle était surtout animée d’une curiosité naissante et intense envers cette Asmodienne, qui semblait avoir son âge et qui s’était jetée à corps perdu pour la protéger. Tant de questions qui devraient attendre qu’Elowyn reprenne conscience, en espérant que son état n’était pas trop grave. Arwen finit par rejoindre les Elyséens qui s’étaient alors rassemblés autour d’un feu de camp. « Bonjour amis, je n’ai pas eu le temps de me présenter à vous. Je suis Arwen Vanyar, et ma compagne de route Asmodienne est ma cousine Elowyn. Son état semble critique et je venais querir, si cela était possible l’aide de votre Clerc, qui semble être capable de miracles. S’il vous plaît, je vous en prie… Elowyn est venue jusqu’à vous dans l’espoir un peu fou que son destin devait peut-être s’unir au votre, car vos idéaux semblent rejoindre les siens, même si cela ne fut basé que sur une rumeur ténue. Elle est prête à donner sa vie pour cela, encore faut-il qu’elle reste en vie… la mort physique n’est jamais inéluctable, même pour un Daeva. » Le Clerc Elyséen se leva, se présenta. Il se prénommait Mildan. Il était exténué par le combat mais acceptait d’accompagner Arwen au chevet d’Elowyn, voir ce qu’il pourrait faire. Quelques instants plus tard, ils entrèrent dans les grottes et arrivèrent rapidement dans les appartements sous-terrain de Lord Krang. Le ton plutôt engageant d'Arwen changea en voyant sa cousine toujours étendue et inconsciente. « Elowyn a parfois tendance à se lancer sans réfléchir dans un combat pour soutenir les autres. Elle a bien tenté de se soigner elle-même avec le peu de force qui lui restait, mais elle n'est pas Clerc, et elle semble avoir laissé toutes ses forces pour atténuer ses blessures », expliqua Arwen à l’attention de Mildan. Puis se tournant vers la Spiritualiste, elle demanda : « Celes'Ska, Elowyn a-t-elle repris conscience un moment, ne serait-ce qu'un instant ? ». Celes'Ska fit un signe négatif de la tête, fermant le livre et le rangeant précieusement parmi ses affaires. Le Clerc soigna Elowyn et proposa ensuite de rejoindre les autres autour du feu de camp. Celes’Ska proposa d’invoquer son élémentaire de l’air pour transporter Elowyn. Les soins prodigués par Mildan et la prévenance de Celes'Ska rassurèrent fortement Arwen. Ayant accepté l’invitation du Clerc, Arwen se dirigea vers la sortie de la grotte, tout en veillant au transport d'Elowyn par l'esprit de l'air invoqué par Celes'Ska. Les combattants qui étaient toujours autour du feu de camp virent s’approcher un groupe à la composition improbable. Deux Elyséens et deux Asmodienne dont une blessée et inconsciente sur un élémentaire de l’air. Chacun se regardait, interrogatif, pensif, silencieux. On remarquait que la plupart ne se connaissaient pas ou très peu. Mais pour chacun ce combat semblait être leur première véritable expérience de guerre contre l’ennemi commun, les Balaurs. Timidement une conversation s’installa, à l’initiative de Celes’Ska. L’Asmodienne livrée à elle-même en Elyséa cherchait à savoir si elle suivrait le groupe, ou non. Quelque chose pouvait naître de toutes ces rencontres dont le point culminant fut la destruction de Lord Krang. Les questions se posaient ouvertement et se résumait en une : « Et maintenant ? ». Si elles semblaient être posées à tous, les questions s’adressaient en particulier au Gladiateur qui était manifestement le leader. Son nom était Tionah Sinn. Il prit alors la parole pour expliquer l’origine de cette aventure, les raisons profondes de sa quête idéaliste et personnelle. Il raconta son cheminement intérieur et la compréhension qu’il avait désormais de la nécessaire lutte conjointe des Elyséens et des Asmodiens contre la menace Balaur. Tionah exposa l’objectif de combattre pour la paix, qu’il envisageait pour le groupe qu’il avait constitué avec ses amis d’enfance. Car si la guerre qui déchire Atréïa, dont les braises sont entretenues par les Balaurs, perdurent, il arrivera un moment où la race Draconique pourra prendre l’avantage, et menacer l’existence même d’Atréïa. Son éloquence captivait l’auditoire. Chacun était alors libre de choisir de continuer avec le groupe ou de poursuivre sa route de son côté. Le temps de la décision était libre. Celes’Ska proposa que tous s’installent dans les grottes avant de réfléchir plus avant à la situation et à l’avenir du groupe. Tout le monde passa la nuit à l’abri dans les grottes. Dès le lendemain certains décidèrent de continuer seuls ailleurs. Les autres restèrent et commencèrent par soigner les blessés, pour les plus grièvement touchés il fallu attendre quelques jours avant qu’ils reprennent conscience. Ainsi Elowyn resta deux jours sans pouvoir maîtriser ses phases d’éveil de façon normale. Arwen la laissa aux bons soins de ses combattants, pour rejoindre sa famille et les rassurer sur l’état de sa cousine. Elle repasserait régulièrement voir le groupe dans ces grottes et plus particulièrement sa cousine. Le groupe de guerriers vécu ainsi dans le repère de leur ennemi vaincu, pendant quelques brèves semaines. Des liens se tissèrent entre les deux Asmodiennes et les Elyséens. Elowyn reprenait progressivement possession de ses moyens physiques. Celes’Ska s’entretenait souvent avec Tionah, le leader Elyséen. Les différents combattants Elyséens encore présents se rendaient compte que désormais leur vie serait liée à ce groupe. Ils décidèrent donc de s’unir pour fonder une véritable légion sous l’autorité de Tionah. Il leur fallait pour cela trouver de quoi installer leur quartier général. Il se trouva qu’en étudiant les ouvrages et manuscrits qui furent en possession de Lord Krang, en les croisant avec leur propre connaissance de la géographie d’Elyséa, et le savoir historique des érudits tel Mildan, ils en déduisirent qu’une ancienne bâtisse devait exister dans la région, abritant il y a plus de mille ans une légion Daevas. Mais leur connaissance précise de la région manquait. Il leur fallait des traces de cadastres ou interroger les anciens sur les histoires et légendes relatives à ce manoir. Arwen revenait régulièrement pour prendre des nouvelles du rétablissement d’Elowyn. Entre deux venues elle en profitait pour glaner des informations concordantes avec les déductions Elyséennes. Puis un jour Arwen revint avec une localisation du manoir perdu. Les combattants se mirent alors en route. Après plusieurs journées de marche et de recherche, ils finirent par découvrir sur un chemin oublié et envahi par la végétation, sur les contreforts d’une montagne, camouflé parmi les rochers, un grand manoir digne des puissantes légions de l’ancien millénaire. Il n’y avait à priori aucune trace de propriétaire de ce lieu. Les combattants pouvaient alors s’en porter acquéreur pour une somme modique, du fait qu’ils en étaient les découvreurs, qui couvrait les frais d’enregistrement au cadastre régional, et l’officialisation de son existence. Mais pour effectuer cette démarche il leur fallait donner le nom du propriétaire, en l’occurrence celui de leur légion Elyséenne. Mais ils n’en avaient pas encore. Le manuscrit récupéré par Celes’Ska dans les appartements de Lord Krang suite à l’indication d’Elowyn fut étudié et traduit partiellement. Mais une expression semblait revenir souvent, comme une devise entêtante des récits de combattants : « Chasser le Dragon ». Un nom se forma dans l’esprit de la plupart, une identité, symbole de l’union retrouvée des Daevas pour lutter contre les Balaurs. Les Chasseurs de Dragon étaitent nés. Mais ce nom était celui de leur union Elyséo-Asmodienne, il ne pouvait faire office d’appellation officielle de la légion Elyséenne. Après débat et proposition, Tionah demanda à Mildan l’appellation érudite de Chasseur de Dragon. Le Manoir, serait donc la possession officielle des Draco Venator, leur quartier général. La base Elyséenne des Chasseurs de Dragons pouvait dès lors se développer. Les deux asmodiennes suivirent leurs amis Elyséens dans leur Manoir. Celes’Ska trouvait là un sens à son origine Asmodienne et son enfance Elyséenne. Son vœu était désormais de fonder une légion Asmodienne des Chasseurs de Dragon, et dans ce projet Elowyn l’accompagnerait. Il faudrait garder le contact entre les deux mondes, de façons distantes et indirectes afin de n’éveiller aucun soupçon, et en cela la famille d’Elowyn pourrait servir d’intermédiaire. Mais il était envisagé qu’un jour un portail pourrait être mis en place entre les quartiers généraux respectifs. En tout état de cause l’union secrète des Chasseurs de Dragon devrait être préservée. Car aucun n’osait imaginer ce qu’il pourrait advenir de tous si leur lien venait à être connu des autorités. Le jour vint où Celes’Ska et Elowyn s’apprêtèrent à repartir pour Asmodae, terre inconnue pour la Spiritualiste. Le temps était venu de tenter l’aventure sur leur terre natale. |
|  | | Elowyn Vanyar Nomade

Messages: 80 Date d'inscription: 19/03/2008 Localisation: 02° 17' 41'' E - 48° 51' 29'' N - Alt. 276 m
Feuille de personnage Race: Asmodien Classe: Aède Légion: La Camarilla Draconis
 | Sujet: Re: Ephémère Eternité Lun 22 Fév 2010 - 1:49 | |
| Chapitre 5 - Histoire d'un aller-retour ___________ - iv - ___________ Retour en terre nataleDeux mois s’étaient écoulés depuis que les destins de Celes’Ska et d’Elowyn s’étaient croisés en Elyséa. Le retour en Asmodae devait s’organiser. Mais partir de cette terre ennemie, rien ne semblait plus difficile. Une fois encore Elowyn pensa mettre à contribution sa famille Elyséenne, si habituée des Abysses et de leur portail. Un détail cependant devait être pris en compte. Celes’Ska n’était pas équipée d'ailes... pas encore. Un matin donc six Elyséens arrivèrent au Manoir des Chasseurs de Dragon. Trois hommes et trois femmes. Parmi eux Arwen Vanyar, qui connaissait les occupants des lieux, les autres étaient sa sœur, sa cousine et ses cousins. Elle fît rapidement les présentations, son cousin Gawen ne put s’empêcher de se faire remarquer : « Nous venons prendre livraison de deux Asmodiennes pour les déposer chez elles, lança-t-il en riant légèrement. - Les paquets sont prêt Gawen », répondit, souriante, Elowyn qui arrivait en compagnie de Celes’Ska. Les Asmodiennes étaient prêtes. Brewen, le frère de Gawen, et Brethil, un autre cousin, sortirent, de deux sacs qu’ils avaient avec eux, des robes monastiques avec de longues capuches et frappées d’armoiries particulières. « Voilà le plan, reprit Arwen, nous nous ferons passer pour des prêtres de la secte des Apôtres de la Lumière Divine. Je crois qu'ils se nomment comme cela. Ils sont connus pour se rendre dans les Abysses et y perpétrer des sacrifices d’Asmodiens. De plus ils sont rarement importunés par les contrôles. Nous laisserons les Asmodiennes en zone neutre en attirant l’attention des gardes Asmodiens. Vous aurez ainsi une explication à leur donner. - Oui, étant dans le commerce et les relations cléricales, il y a quelques jours j’ai eu vent d’une petite livraison de robes de prêtre à ces fous extrémistes. J’ai alors pensé à notre petite expédition. Quelques exemplaires sont apparemment tombés du chariot au détour d’un chemin. Il y a une certaine ironie assez plaisante, expliqua Gawen. - Ton frère est prévenu Elowyn, il devrait se trouver dans le fort Asmodien demain », conclut Brewen. Les huit voyageurs se mirent en route, tentant de gagner au plus vite un portail à destination des Abysses. Il fallait ne pas éveiller les soupçons sur leur procession. Le jour tombait lorsqu'ils arrivèrent au portail, ils le franchirent les uns après les autres. Une fois dans le fort Elyséen leur procession se mit en route, lentement comme le feraient les véritables prêtres de la secte. Ils franchirent les limites du fort et, Brewen et Brethil transportant Celes’Ska afin de voler d’un rocher à l’autre, se retrouvèrent bientôt dans la zone neutre au-delà de laquelle les gardes Asmodiens pourraient les repérer. Des ailes noires furent bientôt en vue. Les Vanyar Elyséens prirent congé des Asmodiennes en leur souhaitant bon courage pour la suite en Asmodae et espérant revoir Elowyn à l’occasion. Les deux Asmodiennes expliquèrent qu’elles avaient été enlevées par une secte extrémiste Elyséenne, qu’elles avaient tenté de s’enfuir et que grâce à eux les Elyséens avaient dû abandonner leur dessein. Les gardes prirent en charge Celes’Ska. Les deux jeunes femmes s’installèrent dans une auberge du fort, celle ou Elowyn s’était arrêtée la première et seule fois où elle accéda aux Abysses en compagnie de son frère. Le lendemain matin Elrohir, le frère d’Elowyn, attendait dans la salle commune. Ils s’apprêtèrent rapidement. Celes’Ska le coeur battant savait qu’elle allait bientôt rejoindre une terre inconnue et pourtant essentielle pour elle : sa terre natale. Le choc de la découverte des Abysses fut des plus grands pour cette jeune novice Asmodienne qui ne connaissait que la lumière d’Elyséa, sa faune et sa flore. Dans son esprit il lui était facile d’associer la véritable apparence de Lord Krang à cet espace dépourvu de vie, aride comme un désert de pierre, fantomatique avec tous ces îlots dérivant dans le vide que sont les Abysses. Elle comprenait mieux pourquoi ce Sorcier Balaur se plaisait tant dans son repère rocheux. Asmodae serait certainement plus accueillante et attirante, mais de savoir que la lumière y était rare cela l’intrigait. Elle pressentait le dépaysement. Le trio débarqua en Asmodae. Pour Celes’Ska cette découverte ne fut pas féérique, et pourtant elle se sentait dans cette atmosphère comme en terre connue et acueillante. Après toutes ces années où elle cherchait sa place, sachant qu’elle n’était pas chez elle, cette quête d’identité semblait trouver un début de réponse dès qu’elle posa un pied sur cette terre qui lui ressemblait. La première étape de leur périple serait le monastère où vivait désormais la mère d’Elowyn et son maître Aède par ailleurs doyen et dirigeant de l’édifice. Mais ce voyage devrait leur prendre au moins une semaine, si tant est qu’ils ne s’attardent pas dans les différents villages et bourgs qu’ils traverseraient. Celes’Ska s’adaptait vite à son nouvel environnement. La vie des Asmodiens semblait bien différente de celle des Elyséens, et elle pouvait dire sans se tromper que leurs conditions de vie étaient plus dures. Elle comprenait à quel point ces différences entre les deux mondes avaient pu créer tant d’incompréhension, alimenter les peurs et les haines et faire que cette guerre perdure. Mais elle retrouvait pourtant ici aussi cette même joie de vivre, ce même équilibre recherché avec la nature. Les enfants étaient les mêmes quel que soit leur lieu de naissance, seule leur apparence différait. A travers cette première découverte elle sentit en elle s’affirmer la conviction qu’Asmodiens et Elyséens étaient un même peuple que seule une catastrophe, le temps et l’espace, avait séparé. La dualité de son être semblait s’animer et trouverait son expression dans son projet de fondation de cette légion sœur des Chasseurs de Dragon en Asmodae. Plus ils se rapprochaient du monastère plus ils semblaient s’éloigner d’une certaine sécurité due à l'éloignement de la capitale ou des relais des autorités. Elowyn et Elrohir expliquaient à Celes’Ska que les territoires Mau étaient plus important ici, et les tensions étaient permanentes et palpables. Des contingents de l’armée devaient se relayer pour assurer la sécurité des habitants. Malgré tout les Mau n’étaient pas une menace d’envergure, mais restaient un peuple constitué de clans épars et rivaux, chacun défendant fièrement le territoire qui était le sien. Le peuple Mau était cultivé, et la force brute telle celle des Krall n’était pas dans leur nature. Ils avaient leur culture propre sur laquelle ils veillaient jalousement, les humains étaient pour eux une menace sur leur espace de vie qu’ils préservaient farouchement. Dans ces régions les villageois devaient faire attention où ils s’aventuraient, les frontières des territoires Mau n’étaient pas toujours visibles. Mais toute intrusion, même fortuite et surtout sans autorisation, était considérée comme une agression. Dans un village, à deux jours de marche du monastère, les voyageurs firent une halte. Elrohir, toujours mercenaire au service des armées de Pandémonium, était vêtu de son armure. Les villageois le prirent donc naturellement pour un garde de la relève. En effet le contingent régulier venait de quitter son affectation et la relève devait arriver sous peu. La région étant calme les autorités ne pensaient pas courir de risque en laissant les villages quelques jours sans présence militaire. Hélas, les villageois accoururent vers Elrohir lui expliquant que les Mau avaient enlevé neuf de leurs enfants. Et ils supplièrent les voyageurs d’agir. Elrohir leva l’ambiguïté de son rôle, et les villageois redoublèrent de suppliques. Celes’Ska n’hésita pas un seconde quand Elowyn se tourna vers elle pour lui demander ce qu’elle comptait faire. La vie d’enfants était en jeu, elle suivrait les Vanyar. Les villageois en étaient sûrs, les enfants et leurs deux accompagnatrices ne s’étaient pas aventurés en territoire Mau. L’une d’elle avait pu s’échapper et donner l’alerte. Il semblait s’agir d’un groupe isolé de six ou sept guerriers. A priori leur campement était très à l’écart du clan le plus proche et situé hors du territoire Mau. De l’avis de la fugitive ces Mau devaient avoir des intentions de rançon et devaient agir de leur propre fait. Guider par la jeune femme qui accompagnait les enfants, et avait échappé aux Mau, ils arrivèrent sur les lieux de l’enlèvement. Un campement de fortune Mau fut repéré non loin de là. Silencieusement et à l’abri des feuillages Elowyn pu faire le compte des adversaires et situer la tente où devaient être retenu les enfants et l’autre accompagnatrice. Cinq Mau autour du feu de camp, un sixième devait surveiller les prisonniers. Elrohir irait au contact soutenu à distance par Elowyn. Celes’Ska et la jeune Asmodienne tenteraient de s’occuper du garde restant et de délivrer les enfants, en passant sur les arrières. Elrohir s’adressa d’une voix clair et forte au groupe ennemi : « Libérez les enfants maintenant et il ne vous sera tenu aucune rancune pour votre acte lâche et inexcusable ! - Qui que vous soyez Asmodien vous ne nous faites pas peur. Votre peuple menace nos territoires et votre descendance aussi. Montrez-vous et venez vous battre », lança celui qui devait être leur chef. Pendant ce bref échange de paroles, Celes’Ska s’était déplacée vers la tente sensée retenir les enfants. Elle attendait que le combat s’engage et que l’attention des Mau fut attirée ailleurs pour se lancer dans son action de sauvetage. Elrohir sorti son épée à deux mains et poussa un terrible cri qui retentit loin dans les bois. Surpris les Mau furent tétanisés quelques secondes. De son épée Elrohir se tailla un chemin dans la végétation et se rua sur les Mau. Les cinq adversaires bondirent en arrière avec cette agilité naturelle qui les caractérisait. Trois vinrent au contact d’Elrohir. Son immense épée balaya l’espace devant lui. Deux adversaires évitèrent le terrible coup, mais le troisième le pris de plein fouet et fut blessé mortellement. Les deux autres restés en arrière prirent alors l’initiative en bondissant tel des félins sur le Gladiateur, qui redressait son arme. L’un des Mau heurta avec force la grande lame, il s’effondra net. L’autre porta un coup à Elrohir qui protégé par son armure encaissa sans mal cette attaque. Déjà les deux autres Mau restants de la première esquive repartirent à la charge. Elowyn qui était encore en arrière lança une aura de protection sur son frère et le rejoignit pour contrer avec son bâton l’un des assaillants. Son arrivée perturba l’assaut des Mau. Ceux-ci reprirent leur distance et tentèrent de se fondre dans la végétation pour retourner leur faiblesse numérique contre leurs assaillants. Pendant ce temps Celes’Ska par l’intervention de son élémentaire pu assommer le garde, puis les enfants furent rassemblés, guidés et rassurés par la présence de l’élémentaire d’air et de leurs accompagnatrices. Le groupe pu se mettre rapidement à distance de sécurité. Elowyn et son frère maintenant dos à dos ne perdirent pas du regard leurs trois adversaires. Un quatrième Mau, le garde assommé qui avait reprit ses esprits, arriva tentant de lancer une attaque vers Elowyn, les trois autres coordonnèrent alors leur action pour charger le Gladiateur. Elowyn anticipa l’attaque de son adversaire, mais celui-ci esquiva la riposte par un bond de côté, cependant Elowyn fit tournoyer son bâton ce qui faucha son adversaire dans sa seconde charge, elle abattit alors son arme l’accompagnant d’une incantation puissante ce qui assomma purement et simplement son adversaire. Dans le même temps les trois autres Mau chargèrent de concert Elrohir qui lança sa puissante épée dans un grand mouvement tournant pour atteindre ses ennemis trop entreprenants, mais ceux-ci stoppèrent à bonne distance pour éviter la lame. C’est alors que deux flèches fusèrent, ralenties par l’aura protectrice d’Elowyn, elles vinrent se ficher dans l’armure du guerrier Asmodien. Un éclaireur Mau, qu’il n’avait pas compté venait renforcer les rangs adverses. Elowyn renouvela son aura protectrice, et se déplaçant tenta d’isoler l’un des Mau pour l’affronter. Celes’Ska devancée par son élémentaire surgit alors pour combattre l’un des trois Mau visibles. Elowyn l’entoura de la même aura de protection. Les Mau en un contre un, malgré leur archer à couvert semblaient perdus. Trois des leurs gisaient blessés. Alors qu’Elrohir allait abattre son arme sur son adversaire, ce qui ne manquerait pas d'ôter la vie de celui-ci, les bordées de flèches cessèrent et une voix grave, calme et emplie d’autorité et de respect à la fois se fit entendre en même temps qu’une dizaine de Mau surgissaient des fourrés. « Retiens ta lame, noble guerrier. Tes adversaires mériteraient une mort certaine pour ce qu’ils ont tenté de faire ». Un Mau à l’allure majestueuse, sans arme, et d’un âge d’expérience, s’avança vers Elrohir. « «Leurs actes seront punis par les leurs, pour avoir osé enlever vos enfants sur votre territoire. La terre et la vie sont choses sacrées pour le peuple Mau, et aucun égarement, fut-il dû à la jeunesse ne pourra justifier un tel acte. Faire couler le sang ne résoudra rien. Mais par votre mansuétude le peuple Mau vous sera redevable de leurs vies, continua la sage. - Nulle n’était mon intention de leur ôter la vie tel un justicier. Nous voulions sauver les enfants et nous défendre. Si justice peut être rendue sans avoir à ôter la vie, cela me convient. Il sont à vous », conclut Elrohir qui se fendit d’une marque de respect en joignant les mains à l’adresse de son interlocuteur. Les Mau avaient ligotés l’archer et commençaient à faire de même avec les trois autres non blessés. Ils ramassèrent les blessés. Les Asmodiens et les Mau se séparèrent dans le respect de la noblesse des guerriers. Les trois voyageurs furent fêtés au village, Celes’Ska avec son élémentaire de l’air était ravie d’être la star des enfants. Dès le lendemain ils repartirent. Le surlendemain ils arrivaient en vue du monastère au loin à flanc de colline, un désert s’étendait au-delà. Le visage d’Elowyn devenait radieux à l’approche de ce lieu particulier pour elle. Chaque fois qu’elle revenait au monastère, c’était l'occasion d’un ressourcement auprès des êtres chers de son existence. Lorsque le trio de voyageur se présenta aux portes, un jeune garçon vint ouvrir et, reconnaissant Elowyn, lui sauta au cou et partit en courant annoncer son arrivée. Elle était l’élève du maître des lieux, et en cela chacun l’admirait comme l’héritière d’une certaine sagesse. Sa mère, Ewenlëa, discrètement apparue au coin d’une allée, toujours émue lorsqu’elle retrouvait ses deux enfants. Elle les serra tendrement dans ses bras. Ils lui présentèrent Celes’Ska, qu’Ewenlëa regarda longuement comme pour trouver en son regard le souvenir de la lumière d’Elyséa. Les trois voyageurs furent reçus par le maître d’Elowyn. Il connaissait peu Elrohir, mais l’accueillit avec prévenance et s’informait des nouvelles de la guerre dont le Gladiateur pouvait lui faire part. Il s’attarda surtout à faire connaissance avec Celes’Ska. Plus tard au cours de leur séjour, le maître d’Elowyn, s’entretint longuement sur leur projet de création d’une légion en relation avec les Elyséens. Il était assurément enthousiaste de ce renouveau, sans s’attarder sur cet aspect « renouveau ». « Il vous faudra garder le secret de votre lien de manière absolue. Vos ennemis de l’intérieur seront les courants extrémistes qui dans leur paranoïa voient des traîtres derrière le moindre désaccord, et font pression sur les autorités. Il vous faudra donc avancer avec prudence et discrétion. Pour cela l’aide des Emissaires pourra vous être nécessaire. Ils ont l’habitude de composer avec les autorités et conservent des appuis discrets mais solides parmi celles-ci. L’Ordre avait autrefois différents sanctuaires maintenant abandonnés et oubliés. L’un d’eux pourrait certainement entrer en votre possession. Il vous faudra pour cela vous rendre dans leur sanctuaire de Pandémonium, mais tu connais bien les lieux Elowyn. - Oui maître. A propos du sanctuaire des Emissaires, j’aimerais m’entretenir avec vous de vos connaissances sur l’histoire, et les manuscrits en possession de l’Ordre. - Très bien Elowyn, mais je pense que notre discussion intéressera trop peu Celes’Ska. Elle a soif de découverte de ce nouveau monde qui s’offre à elle. Ma chère amie, vous pouvez parcourir nos jardins, nos bâtiments, nos cuisines. Toutes nos portes vous sont ouvertes. Ce monastère n’a rien à cacher. Amusez-vous bien. - Merci de votre prévenance. C’est avec plaisir que je visiterai les lieux. » Celes’Ska prit congé de ses interlocuteurs, et juste comme elle fermait la porte elle entendit Elowyn questionner son maître sur une tierce personne. « Et comment va-t-il ? - En six mois son état s’est un peu amélioré. Mais il lui faudra encore du temps, beaucoup de temps. Et il en a devant lui. Tu pourras lui rendre visite. », répondit le maître. Dans les jours qui suivirent Celes’Ska pu donner libre cours à sa curiosité naturelle et alla fureter partout dans le monastère, comme pour en comprendre le fonctionnement. Elle put par ailleurs découvrir dans la quiétude du monastère les plantes, fleurs, arbres et arbustes que l’on trouve sur Asmodae. Dès lors elle rêvait de façonner un jardin selon son goût. Elle s’intéressa aussi aux cuisines, et appris les plats de base pour se nourrir en Asmodae. Toute cette organisation de la vie en communauté l’intéressait particulièrement. Ils restèrent trois semaines au monastère et Celes’Ska compris le ressourcement que pouvait y trouver Elowyn. La prochaine étape serait donc Pandémonium. La découverte de la capitale Asmodienne était très attendue par Celes’Ska, elle qui n'avait jamais pu espérer visiter la capitale de la terre où elle avait grandi, elle espérait bien s’approprier les rues de celle de sa terre natale. A nouveau les deux Asmodiennes feraient la route avec Elrohir, qui devait rejoindre son bataillon mercenaire basé à Pandémonium. |
|  | | |
| Page 2 sur 3 | Aller à la page : 1, 2, 3  |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |
|