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 Ephémère Eternité

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Elowyn Vanyar
Nomade


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MessageSujet: Re: Ephémère Eternité   Dim 28 Fév 2010 - 0:00

Chapitre 5 - Histoire d'un aller-retour
___________ - v - ___________


Un ami imaginaire

Sur la route de Pandémonium, le trio s’arrêta dans un village paisible et accueillant. Les trois voyageurs prirent des chambres pour la nuit. Ils avaient du temps dont ils pouvaient profiter.

Celes’Ska partit explorer les alentours, la découverte d’Asmodae la fascinait toujours. Le frère et la sœur se prélassèrent dans le confortable petit salon de l’auberge autour d’un feu qui éclairait la pièce d’une belle lueur chaleureuse et apaisante.


« Dis-moi, Elrohir, tu l’as trouvé comment papa ?

- Il semble avoir moins de crises qu’il y a quelques mois. Mais il est loin d’avoir retrouvé la maîtrise de son corps et de ses pensées.

- Oui, c’est ce que je me disais. Maître YU dit d’être patient, mais comment savoir combien de temps il mettra à se rétablir.

- Maman prend soin de lui. Elle semble même optimiste.

- Elle a constaté quelques progrès, mais ils sont très lents. Je crois qu’il reconnait maman, mais nous c’était encore nébuleux.

- Sans parler de la maîtrise de l’Aether. Quel coup dur pour un Templier de sa trempe.

- Enfin ayons confiance. Maman retrouve son équilibre avec lui, elle saura trouver le moyen pour qu’il retrouve ses capacités.

- En tous cas je peux te dire qu’à chaque fois que je vais dans les Abysses ces maudits Balaurs dérouillent.

- Hum… et tu as écouté ce que marmonnait papa des fois.

- Non, je crois que ça n’a pas beaucoup de sens en fait. Enfin c’est à peine compréhensible et audible.

- Moui… mais je l’ai veillé souvent pendant notre court séjour au monastère, et lorsqu’il dormait il lui arrivait de rêver en répétant un nom, ou un prénom.

- Des rêves ou des cauchemars ?

- Des rêves, il avait l’air paisible, et ce nom semblait être prononcé comme celui d’un ami… un ami intime.

- Et quel était ce nom ?

- Imrhaïl… ça te dit quelque chose ?

- Non rien… heu attends…

- J’en ai parlé à maman jute avant de partir, elle n’a pas eu le temps de me répondre mais m’a glisser que c’était un ami d’enfance de papa

- Mais je crois que ça me dit quelque chose… Imrhaïl… Imrhaïl

- Tu veux que je t’aide à retrouver la mémoire frérot ?

- Ça y est… Imrhaïl… un quoi, un ami d’enfance de papa tu dis ?

- Oui, c’est ce que m’a dit maman

- Bizarre je m’en souviens plutôt comme d’un ami imaginaire quand j’étais petit. Il m’écoutait et m’insufflait une confiance en moi. Je ne me sentais jamais seul. Mais en grandissant j’ai accepté le caractère imaginaire de cet être.

- Concentre-toi, peut-être trouveras-tu le lien avec la réalité de l’ami dont parle maman. Allez un petit coup de pouce

- Mais oui, je revois de vagues scènes… je devais avoir 4 ou 5 ans, peu de temps avant ta naissance. Il a vécu avec nous je crois bien. Et j’ai du conserver l’image de lui dans mon inconscient et en forger cet ami imaginaire, qui n’était qu’un prolongement d’un véritable ami, ailleurs.

- Et tu sais pourquoi on ne l’a jamais revu ?

- Non, étant donné que je ne me rappelais plus qu’il avait vraiment existé. J’ai du oublier justement parce qu’il n’est jamais reparu.

- Bien, je pense qu’il doit être quelqu’un d’important dans la vie de papa.

- Thergill !

- Quoi Thergill ?

- C’est son nom de famille, celui de la famille de papa. Un cousin je crois. Diantre quand la mémoire revient c’est comme une vague d’énergie.

- Imrhaïl Thergill. A l’occasion nous chercherons ce qu’on peut trouver sur lui à Pandémonium.

- Par contre il n’est pas daeva, ça c’est sur.

- En tous cas retenons ce nom, Imrhaïl Thergill. Il est peut-être l’une des clés de la guérison et du rétablissement de papa. L’impact émotionnel de retrouvailles enfouies au plus profond de son être pourrait peut-être nous le ramener tel que nous le connaissions.

- Espérons-le petite sœur, espérons-le… »
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Elowyn Vanyar
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MessageSujet: Re: Ephémère Eternité   Mer 3 Mar 2010 - 1:10

Chapitre 6


Les balbutiements d’une légion
(La première légion d’Elowyn Vanyar)



Le Grand Marché de Pandémonium

Après une dizaine de jours à parcourir Asmodae en direction de sa capitale, l’île de Pandémonium apparaissait. Au fur et à mesure qu’ils s’en étaient rapprochés Celes’Ska pu se rendre compte que la population se densifiait. Par ailleurs l’allure des nobles gens et des Daevas en particulier indiquait que l’on s’approchait des lieux de vie de l’élite asmodienne, des centres de décisions officiels où l’apparat devait compter dans l’influence de chaque individu.

Elrohir prit congé des deux Asmodiennes à leur arrivée à Pandémonium car il devait rejoindre son bataillon. Il avait aussi expliqué qu'il effectuait alors ces derniers jours comme militaire. Après d'autres rencontres dans les Abysses avec ses cousins Elyséens, il avait décidé d'être mercenaire commercial.
En particulier il travaillerait à s'assurer que les intérêts des Vanyar sont maîtrisés et protégés, dès lors qu'ils sont liés au marché asmodien. Mais il s'agissait de commerce illicite, ou du moins non autorisé légalement entre les deux mondes via les Shugos du Nuage Noir.
A ce titre sa fonction était particulièrement rémunératrice et dangereuse. Mais au fond cela lui permettait de demeurer souvent dans les Abysses et de se confronter aux Balaurs, sa véritable raison d'être en tant que guerrier : lutter par tous les moyens contre l'ennemi draconique.

En parcourant les rues de Pandémonium une certaine richesse s’affichait dans la plupart des quartiers. Il existait pourtant des quartiers pauvres où les Daevas semblaient moins présents. L’architecture si elle différait fortement de celle d’Elyséa semblait garder comme les traces de leur origine ancestrale commune. Tout ceci impressionnait le visiteur qui découvrait la ville pour la première fois.
C’est en son cœur que l’on pouvait sentir tout le potentiel de la puissance Asmodienne, dont on pouvait trouver l’équivalent Elyséen au Sanctum. La majesté de la capitale Elyséenne avait été contée aux Asmodiennes.
Mais, malgré toute cette aura de puissance conférée à Pandémonium, malgré ses beautés et le fait qu’y affluaient tous les Daevas et autres dirigeants Asmodiens, Elowyn sentait qu’elle aspirait plus au calme et à la simplicité d’un monastère ou d’une vie à l’écart plus proche des vérités de la terre.

Ils arrivèrent au Sanctuaire de l’Ordre des Emissaires d’Aion, qui se situait en bordure de ville et par son architecture donnait cette impression de simplicité. Dans ces murs on se sentait hors du temps et de l’effervescence de la capitale.
Elles y séjournèrent le temps de prendre possession de l’acte de propriété de l’un des trois Sanctuaires, hormis celui de Pandémonium, qui devaient encore exister sur Asmodae. Leurs localisations précises n’étaient pas connues, et à l’abandon certainement depuis des siècles les bâtisses devaient être cachées par la végétation.
Les sites des différents Sanctuaires avaient été choisis pour leur accès difficile, reculé, afin qu’ils soient protégés naturellement. En effet à une époque où la menace Balaur arpentait Atréia dont ils étaient encore en partie les maîtres, les Sanctuaires de part leur nom devait faire office de refuge et de relais dans la guerre contre les Dragons, tout en ayant les capacités d’une place forte et stratégique.
Pour préserver la discrétion de la future légion, quant à la localisation de son quartier général, si l’Ordre des Emisaires d’Aion demeurait l’éventuelle référence cadastrale, l’acte de transfert de la propriété du sanctuaire serait conservé en deux exemplaires l’un au Sanctuaire de Pandémonium, l’autre par la future légion elle-même.

Elowyn prit le temps de s’entretenir avec ses maîtres, notamment car elle souhaitait étudier certains ouvrages, conserver des copies d’autres ou recueillir témoignages et traces de l’histoire passée.
Son goût pour une certaine érudition se confirmait au travers de ses voyages et projets. Il lui fallait connaître le passé pour pouvoir parler d’avenir. Il lui fallait mieux comprendre les interactions entre Aion, Balaurs et Daevas, pour affermir sa foi et tenter de la faire partager aux autres Daevas qui désiraient toujours accomplir leur mission divine originelle : rétablir la paix en Atréia, au delà du fait d’avoir repoussé les Balaurs.

Celes’Ska put aussi faire la connaissance des amis d’Elowyn, Larandis et Earnäelle, le père de cette dernière étant un protecteur de l’Ordre et un Asmodien influent à Pandémonium. Sur la demande de sa fille il fit un don complémentaire à l’Ordre, qui par l’intermédiaire d’un fond d’aide pu offrir aux deux Asmodiennes les moyens de financer la future installation de leur légion.
Fortes de ces soutiens Celes’Ska et Elowyn pourraient bientôt quitter Pandémonium. La journée du lendemain serait une célébration sacrée, pour les fidèles et croyant en Aion, et avant de partir Elowyn voulait absolument passer par le Grand Marché de Pandémonium.

Le lendemain Elowyn prenait plaisir, à l’occasion de ce jour sacré hebdomadaire, à parcourir le Grand Marché. Il était pour elle toujours source de rencontres ou d’une simple observation. Son intérêt se portait le plus souvent sur les étals d’objets à teneur artistique, les tissus et les tenues déjà confectionnées pouvaient aussi retenir son attention. Elle aimait aussi parcourir les allées aux senteurs qui étaient comme autant d’invitations au voyage… et parfois elle avait ressenti en ces lieux que les voyages lui manquaient.

Elle venait de jeter son dévolu sur un jeu d’échec de voyage qu’elle voulait offrir à son ami Larandis. La finesse des pièces en bois et la qualité de la sculpture de celles-ci retint particulièrement son attention. En outre un ingénieux système permettait aux éléments en bois de rester accrochés à l’échiquier, même si celui-ci était renversé.

Le Shugos lui vantait un sortilège rare, connu seulement d’une contrée lointaine d’Asmodae permettant aux pièces de tenir par magie. Mais Elowyn avait parcouru cette région et le sortilège n’en était pas un, il s’agissait des propriétés d’une pierre rare, propre à cette région, ayant la particularité d’attirer la matière dont sont faites les armures et les armes. Elle savait en outre, pour l’avoir appris d’un artisan de la région, que l’on pouvait mélanger la poussière de la matière constitutive des armures aux peintures et ainsi les rendre attractives par cette pierre nommée « aimant ».

Le Shugos essayait de lui vendre cet article pour 5000 kinas, mais Elowyn ne voulait pas en mettre plus de 3000. Par chance Elowyn avait sur elle une de ces pierres.

« Mademoiselle, c’est un petit bijou que cet objet et le charme puissant qui lie l’échiquier à ses pièces est exceptionnel. 5000 kinas c’est un prix d’ami.

- Un prix d’ami, mais tu plaisantes… regarde je ne suis pas magicienne et avec cette simple pierre je peux attirer les pièces de ton échiquier. Je ne vois là rien d’exceptionnel. 2000 kinas pas plus. »

Le Shugos les yeux ébahis ne savait plus quoi répondre, pris au dépourvu par ce tour il était à cours d’argument.

« Regardez tout de même la finition et l’originalité des pièces… 2500 kinas , dit le Shugos en désespoir de cause.

- Vendu l’ami. »

Alors qu’elle allait payer le Shugos, une altercation dans l’une des allées adjacente détourna son attention.

« Monsieur…c’est 500 kinas… vous n’avez pas le droit c’est du vol ! Voleur ! »

Un jeune garçon à l’allure quelque peu misérable essayait de retenir par le pan de sa cape un homme à l’allure noble et imposante qui semblait rejoindre un groupe d’amis au bout de l’allée à l’entrée des beaux quartiers.

« Lâche moi gamin… 100 kinas c’est tout ce que ça vaut. Allez, dégage ! »

L’homme repoussa violemment le garçon qui vînt heurter le mur et s’affaissa étourdi.

« Garde-moi cet échiquier, l’ami. Je reviens dans quelques minutes. »

Elowyn parti en direction du jeune garçon qui avait peut-être besoin de soins.

« Au voleur ! Au voleur ! »

L’adolescent tentait de crier désespéré qu’on lui vole sa marchandise.

« Vous ne pouvez pas faire ça… vous êtes riches… ma mère est pauvre et passe tout son temps à fabriquer ces bijoux… »

Le garçon fondait en larme comme si on lui avait ôté une part de lui.
Les badauds commençaient à se retourner sur cette altercation, bien qu’elle ait lieu à l’écart, les plaintes du jeune homme attiraient leur attention.

« Mais tu vas la fermer, sale petit pouilleux ! »

L’homme habillé comme un noble venait de pivoter et lançait sa main en direction du jeune visage larmoyant.

« Aaaaargh ! »

Un bâton venait de s’abattre sur sa main, lui brisant au moins deux phalanges. Plié en deux l’homme tentait de supporter la douleur.

« Vous voulez le tuer ? »

Elowyn venait d’intervenir pour protéger le jeune garçon.

« Vous m’avez brisé la main. Vous allez le payer. Garce ! »

L’homme, maladroitement essayait de dégainer son épée. Elowyn déposa le bout de son bâton sur la garde de son épée.

« Tut tut tut ! Payez d’abord ce jeune homme. Ayez au moins la dignité de votre noblesse.
Pour votre main, n’importe quel Clerc saura vous guérir. Je pourrais le faire mais votre petite douleur sera une petite leçon d’humilité… cela dit, sans vouloir heurter votre ego ».

Elowyn fut soutenue, bien que timidement, par les témoins de la scène qui suggéraient que le noble devait payer. Celui-ci jeta 4 pièces de 100 kinas et plein d’amertume tourna les talons.
L’homme se sentait humilié par cette jeune femme, un regard haineux l’animait et il s’en retourna bouillonnant de rage vers ses amis au bout de l’allée.

Elowyn souriait, simplement. Elle soigna le garçon et lui expliqua l’intérêt du commerce avec les Shugos afin d’éviter ce genre de situation et d’assurer un juste revenu à sa famille.

« Les Shugos sont honnêtes. Se sont des négociants parfois durs en affaires, mais ils sont justes et ne volent jamais. Cette confiance est le pilier de leur existence. »

- Merci bien madame. Vous avez pris un risque en me défendant.

- Mais non. Il n’avait pas l’air bien méchant. Juste arrogant.

- Non madame… c’est surtout qu’il s’agit d’un Thergill, ses armoiries sur sa cape ne laissent aucun doute… ces nobles ne pardonnent pas, ils ont leur fierté. »

A ce nom Elowyn devint pensive… elle comprenait un peu plus pourquoi son père avait renié son propre nom pour prendre celui de sa femme.

« Ne t’inquiète pas pour moi… je suis comme le vent… insaisissable. »

Elowyn, toujours sereine et souriante parti payer son échiquier et finir son marché.

Après-demain elle aurait quitté Pandémonium pour la prochaine étape, en compagnie de Celes'Ska, sur la route qui devait les mener à la fondation de leur légion.
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Elowyn Vanyar
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MessageSujet: Re: Ephémère Eternité   Sam 6 Mar 2010 - 14:45

Chapitre 6 - Les balbutiements d'une légion
_____________ - ii - ______________


Zedicarius Zellendar

Voilà quatre jours que les deux Asmodiennes avaient quitté la capitale et son effervescence. Mis à part quelques menaces courantes inhérentes à tout voyage en terre un peu sauvage, leur périple avançait bien. Toujours sur la route principale elles traversaient une forêt dense, et se mirent naturellement aux aguets tout en marchant d’une bonne allure.

Soudain un cri effroyable se fît entendre comme venant du fin fond des bois. Il s’agissait d’une voix humaine qui paraissait être en grande souffrance. Quelque chose de terrible. Les deux compagnes de routes se regardèrent et d’un même élan entamèrent une course à travers les fourrés en direction de ce qu’il leur semblait être l’origine du terrible cri. Celes’Ska invoqua son élémentaire de l’air, qui tel le vent parti en éclaireur.

Voilà plusieurs dizaines de minutes qu’elles couraient et aucun autre cri ne se fît entendre. Mais la forêt paraissait étonnamment silencieuse, comme si sa faune semblait dans l’expectative. Les deux jeunes femmes arrivaient au bas d’une petite pente qu’elles allaient gravir quand un corps surgit trébuchant et s’écroulant sur Elowyn. Celle-ci tomba en arrière sous le poids d’un homme ensanglanté et au bord de l’inconscience.

Elowyn souleva l’homme qui pesait son poids, afin de se dégager et se relever. Elle pu apercevoir qu’il avait trois flèches criblant son corps. Une dans la cuisse gauche, une dans l’épaule gauche et une troisième lui transperçant le flanc droit. Aucun point vital ne semblait touché, mais il devait souffrir atrocement, surtout s’il tentait de fuir un danger. Mais son corps était lacéré dans le dos et certainement au thorax, son sang s’écoulait lentement mais sûrement.
Autant de coupures, même peu profondes, qui devaient amplifier son calvaire. Manifestement il avait été torturé et semblait tenter d’échapper à son ou ses tortionnaires.

Elowyn entrepris rapidement de soigner le pauvre homme. Il avait manifestement une musculature qui faisait de lui un être athlétique et certainement endurant vu la souffrance qu’il surmontait. Ses traits indiquaient qu’il devait avoir une quarantaine ou une cinquantaine d’années, et son visage laissait supposer, par quelques vielles cicatrices, qu’il avait certainement une expérience de combattant.

Elowyn pu dans un premier temps invoquer une aura contre la douleur ce qui soulagea le corps de l’homme, dont les traits et les muscles se détendirent. Le regard de l’homme croisa alors celui d’Elowyn, et il murmura à son intention « Merci » puis ferma les yeux comme apaisé. Il allait maintenant falloir s’occuper des flèches et cicatriser toutes ses plaies. Un Clerc aurait été plus à son affaire, sa célérité dans les soins étant sans commune mesure avec les capacités d’une Aède.

Celes’Ska rappelait son élémentaire, quand surgirent deux personnes visiblement empressées.
Tout le monde se regarda, se jaugea. S’agissait-il des tortionnaires de l’homme blessé ? L’un était visiblement un guerrier au physique réellement imposant glaive à nu et prêt à en découdre, l’autre était une jeune femme à l’allure élancée, armée d’une masse comme les Clercs.

Voyant Elowyn désarmée et penchée sur l’homme ensanglanté pour tenter de le soigner, les deux arrivants prirent des airs moins hostiles. La jeune femme accourut promptement vers Elowyn et se pencha à ses côtés.

« Je suis Clerc, je me nomme Luna, je pourrais certainement vous aider à soigner cet homme. »

Puis voyant l’étendue de ses blessures et l’importance de ses pertes de sang elle eu un léger mouvement de recul, avant de se pencher à nouveau pour inspecter ce corps torturé et se préparer à exercer ses talents sans plus attendre.

« Je suis Urien. Nous avons entendu un terrible cri il y a plusieurs dizaines de minutes. Il s’agit sans doute de cet homme. Que lui est-il arrivé ? »

Le guerrier s’adressait ainsi à Celes’Ska.

« Nous n’en savons pas plus que vous. Il nous est tombé dans les bras alors que nous avancions nous aussi vers ce cri. »

Celes’Ska marqua une pause, son regard s’assombrit comme suspectant l’arrivée d’un danger.

« Mon élémentaire a été annihilé sans avoir pu riposter. Quelqu’un est sur les traces de notre blessé. »

Les quatres combattants gardèrent alors le silence, la Clerc commençait à soigner l’homme étendu, quand trois flèches sifflèrent, l’une se planta au pied des deux soignantes, l’une frôla le visage du guerrier et se ficha dans un arbre juste derrière lui, la troisième se logea dans un branche à hauteur de visage et juste à côté de Celes’Ska.

Elowyn déploya instinctivement une aura de protection enveloppant les quatre personnes autour d’elle. Celes’Ska finit d’invoquer un élémentaire de terre, dont la puissance pourrait s’exprimer et les protéger en ce lieu adéquat. Urien dégaina son épée à une main et s’équipa d’un bouclier qu’il avait sur le dos, cela semblait approprié face à un archer qui paraissait redoutable au delà de ce qu’il pouvait connaître. Luna qui avait entamé le processus de cautérisation des plaies dû interrompre ses soins, tout en laissant ce premier sort faire son oeuvre, pour préparer d’éventuelles auras protectrices.

Une voix semblant emplir tout l’espace de la forêt qui les entouraient s’éleva, plus qu’une menace c’était un ordre qui ne souffrait aucune négociation, ni même d’ultimatum.

« Cet homme est à moi ! Son sort sera celui de ma volonté ! Passez votre chemin sans délai, ou je me verrai contraint de vous éliminer pour reprendre ce qui est à moi ! ».

Les quatre combattants se regardèrent et s’interrogèrent silencieusement. Ces paroles résonnaient comme un défi pour chacun qui ne fît que les galvaniser. Quel être pouvait décréter posséder un être humain ?

La première difficulté serait de localiser l’ennemi. Les deux soignantes mirent le corps inanimé de l’homme un peu à l’écart à l’abri dans un fourré sous quelques plantes basses, puis accroupies se placèrent entre Urien et Celes’Ska, chacun s’étant protégé derrière un arbre, en supposant la position de l’ennemi d’après ses premiers jets.

Luna invoqua un sort de protection sur chacun de ses alliés. Elowyn doubla celui-ci d’une aura permettant d’atténuer la vitesse de projectile à destination de son propre corps. Puis du regard elle invita Luna à préparer un sort de soin instantané. Elowyn se leva d’un bond et couru dans la direction d’où étaient venues les premières flèches en criant :

« Cet homme est désormais sous ma protection ! Il n’appartient à personne ! »

Ces acolytes la regardèrent éberlués, elle prenait un terrible risque en se mettant à découvert de la sorte. Et la réponse ne tarda pas, deux flèches frappèrent Elowyn à la poitrine et bien que ralenties la projetèrent à terre.
Luna déclencha le soin instantané, tandis qu’Urien et Celes’Ska comprirent qu’ils avaient pu localiser le nouvel emplacement de l’ennemi. L’élémentaire de terre repéra l’archer et tenta de fondre sur lui. Urien suivi l’élémentaire qui dans le même temps lui servait de protection.

Elowyn pu rapidement reprendre connaissance, extirpa les flèche de son plastron et rejoignit Celes’Ska. Avec Luna elles avancèrent rapidement à la suite d’Urien. Dans cette configuration l’élémentaire encaissait toutes les volées de flèches. Celles-ci devinrent explosives. Celes’Ska savaient que son esprit ne tiendrait plus très longtemps elle anticipait déjà l’invocation d’un autre. Luna intensifia la protection d’Urien qui se trouverait bientôt en première ligne.

L’archer était en train d’achever l’élémentaire, Urien en profita pour surgir, il poussa un cri qui devait stupéfier son adversaire et lui permettre de s’en approcher pour entamer un combat au corps à corps. Son glaive allait atteindre le rôdeur quand celui-ci, qui venait de détruire l’élémentaire, fît un bon arrière, en déployant de grandes ailes noires, pour se remettre à distance et décocher dans le mouvement des flèches lui permettant de se replier. Urien se protégea de son bouclier.

Celes’Ska invoqua un nouvel élémentaire de terre, qui permit à Elowyn d’avancer à couvert, elle avait bien l’intention d’aider Urien à acculer leur ennemi au corps à corps. Luna suivait à distance en compagnie de Celes’Ska.

L’élémentaire se ruait à nouveau sur l’archer. Celui-ci intensifia son flux destructeur vers l’esprit. Ceci permit à Urien de se rapporcher, mais l’archer alternait quelques volées en direction du Gladiateur. La rapidité du rôdeur Daeva était parfois déroutante.

Luna pu renouveler ses auras protectrices. L’élémentaire était en train de succomber, mais Urien et Elowyn étaient maintenant à bonne distance pour entamer le corps à corps à deux contre un. Tout deux bondirent en déployant leurs ailes et assaillirent l’archer. Le regard de celui-ci trahissait sa surprise de devoir affronter des Daevas, certes moins puissants.

Celes’Ska invoqua cette fois-ci un élémentaire de feu qui prendrait l’offensive sur l’ennemi. Ce dernier se savait acculé, laissant son arc il dégaina ses lames et devint invisible. Urien et Elowyn reculèrent immédiatement, alors que l’élémentaire de feu déployait une belle langue de flamme qui vint par chance lécher les cheveux du Rôdeur. Maintenant enflammé, Urien abattit son épée sur l’ennemi celui-ci parât le coup avec juste une lame réservant l’autre à détourner le bâton qu’Elowyn déployait pour tenter de le déséquilibrer.

A trois contre un au corps à corps et protégé par les soins d’une Clerc, l’avantage était maintenant clairement aux défenseurs de l’homme blessé. Urien laissant son glaive et son bouclier, brandit une épée à deux mains dont les coups d’une terrible puissance obligèrent le Rôdeur à parer avec ses deux lames, Elowyn en profita pour frapper l’ennemi aux jambes. Les appuis de ce dernier cédèrent, il tenta de faire appel à son énergie divine mais sous l’emprise des flammes et des terribles coups de la lourde épée d’Urien le Daeva fini par succomber.
Alors qu’il expirait son corps semblait se consumer de l’intérieur, puis devint évanescent et sembla disparaître en poussière dispersé par une légère brise.

S’agissait-il d’un corps de Daeva habité par un esprit maléfique et monstrueux ? Ou bien l’âme, semble-til devenue folle, s’est-elle consumée d’elle même et se fut la mort complète d’un ancien Daeva ? Nul n’avait réponse à cette fin.

Les quatre combattants victorieux rejoignirent l’homme blessé. Luna lui prodigua les soins essentiels pour cicatriser ses multiples plaies. Avec Elowyn elles purent extraire les flèches et agirent pour refermer les profondes blessures. Mais il lui faudrait surtout du repos pour se rétablir. Celes’Ska invoqua son élémentaire de l’air pour transporter le rescapé jusqu’au village le plus proche.

En chemin les quatre associés, le moment d’un combat, purent faire plus ample connaissance.
Luna expliqua qu’elle se rendait à Pandémonium, donc vers le nord-est. Urien devait lui aller au sud-est, alors que Celes’Ska et Elowyn se dirigeaient elles vers l’ouest en quête du bâtiment pour leur future légion.
Elles évoquèrent ainsi leur projet de fondation d’une légion. Urien et Luna parurent intéressés, mais pas dans l’immédiat. Dans un avenir proche cependant, une fois leurs obligations remplies, il se pourrait qu’ils partent en quête d’une légion dans la région que leur indiquait Celes’Ska. Elowyn et Celes’Ska ne s’étendirent pas sur les fondements moraux et encore moins l’alliance interdite avec des Elyséens, mais elles ne perçurent pas d’hostilité ou de haine farouche dans les propos et la façon de penser de Luna ou d’Urien.


Le lendemain Luna et Urien devaient reprendre la route, ils s’inquiétèrent néanmoins du devenir de l’homme trouvé dans la forêt. Celui-ci demeurait inconscient et on ignorait toujours son nom. Elowyn les rassura en leur disant qu’elle veillerait sur lui. Luna s’inquiéta des conséquences mentales des sévices endurées par l’inconnu, puisqu’il était mortel. Elowyn poursuivi en suggérant que Celes’ska et elle pourraient offrir un refuge à cet homme s’il les accompagnait jusqu’à la bâtisse qu’elles cherchaient.

Leurs routes se séparèrent donc. Trois jours plus tard l’inconnu de la forêt repris conscience et s’entretint avec ses bienfaitrices. Elowyn lui prodiguait régulièrement des soins et était ravie de discuter avec lui. Par certains aspects il lui faisait penser à son père.

Il se nommait Zedicarius Zellendar. Le Daeva qui l’avait torturé et poursuivi était son maître dans le sens où il s’acquittait pour lui de diverses tâches peu louables et sur lesquelles il ne voulait pas trop s’appesantir. Il expliqua brièvement qu’il avait voulu quitter le service du Daeva, mais que celui-ci gagné par la folie le considérait comme sa propriété et que de plus il en savait beaucoup trop pour partir dans la nature.
Alors le Daeva l’avait torturé pour le punir, après avoir tué la compagne de Zedicarius dans un calvaire qui semblait avoir détruit Zedicarius, mais il n’avait plus peur de mourir et n’avait plus vraiment de raison de vivre. Zedicarius demeurait quelqu’un de secret, dont le passé devait être trouble et dont la vie dut être parsemée d’embuches. Il remercia sincèrement Elowyn et Celes’Ska.
Il s’écoula encore plusieurs jours avant que Zedicarius fut suffisamment rétabli et capable de se déplacer par lui-même, et surtout de prendre une décision pour son avenir. Il n’avait aucune envie, ne savait plus où aller. Néanmoins il désirait vivre, sa rencontre avec les deux jeunes femmes lui avait redonné ce goût simple de respirer et d’échanger.
Il restait plutôt taciturne, mais la présence régulière d’Elowyn, qui le soignait sans rien attendre comme considération en retour, gagna son respect et son attachement. Tacitement, silencieusement, l’homme d’âge mûr et la jeune femme se lièrent d’amitié, dans une simplicité qui plaisait à Zedicarius.

C’est donc tout naturellement qu’il accepta de suivre la Spiritualiste et l’Aède sur la route et peut-être dans leur projet. Il pensait qu’il trouverait peut-être une quiétude en suivant ce chemin. C’est en tout cas ce qu’il percevait dans son lien avec Elowyn.

Encore deux jours et le trio partit pour la région qui recelait en son sein leur futur quartier général. Néanmoins la localisation du site était imprécise, et il leur fallut deux semaines de recherche à travers les bois, collines et montagnes, autour de trois villages qui leur avaient été indiqués comme repères pour enfin trouver la piste de l’ancienne route menant à la bâtisse. La végétation avait repris ses droits, et là encore il fallut de la patience et un travail d’éclaireur pour que leur recherche soit fructueuse. Le bâtiment, qui paraissait solide par ailleurs, était envahi par la végétation. Leur labeur pour l’installation et la prise de possession des lieux ne faisait que commencer. Mais l’enthousiasme du trio apportait l’effervescence nécessaire à toutes ces tâches. Et bientôt le sanctuaire, ou le manoir comme aimait à l’appeler Celes’Ska, retrouva une partie de sa splendeur. La légion asmodienne pouvait naître et grandir.

La vie s’organisait petit à petit. Le nom de la petite légion naissante fut connu localement, essentiellement chez les commerçants qui faisaient généralement affaire avec Zedicarius. Passant dans la région Urien et Luna apprirent son existence, et guidés par quelques renseignements des villageois finirent par arriver au sanctuaire. Là ils furent accueillis, chacun à son arrivée, par Zedicarius.

Ils ne le reconnurent pas, car dans leur souvenir l’inconnu de la forêt était couvert de sang, le visage maculé de boue et les traits tirés par la fatigue et l’horreur de la torture. Lorsqu’ils se nommèrent, Zedicarius, qui connaissait le nom de ses sauveteurs, leur fit savoir qui il était. L’émotion emplissait alors le coeur des deux arrivants. Puis, pour chacun, se fut Celes’Ska qui poursuivit leur accueil sous forme de retrouvailles.
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Elowyn Vanyar
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MessageSujet: Re: Ephémère Eternité   Jeu 11 Mar 2010 - 0:11

Chapitre 6 - Les balbutiements d'une légion
_____________ - iii - _____________


Fuite et fin d’une éphémère légion

La jeune légion prenait son essor. Un peu isolée géographiquement, c’est surtout Zedicarius qui développa des relations essentiellement commerciales avec les villages les plus proches.

A défaut de représentant officiel de la capitale dans la région, le statut de daeva conférait à ceux-ci une autorité naturelle envers les villageois. Celes’Ska, Urien ou Elowyn intervenaient donc parfois pour régler les querelles locales, tout en protégeant les équilibres naturels et anciens. Luna était plus en retrait, sa timidité lui faisait rarement passer la clôture entourant le Sanctuaire.
Quelques rares manifestations hostiles de la nature obligèrent les daevas à faire usage de leurs pouvoirs.
C’est pourtant leur simplicité, leur présence rassurante sans interférer avec le quotidien des villageois, et finalement leur discrétion allié à une protection constante qui permit à la légion d’avoir une notoriété de sympathie.

Le contact avait été établi avec la légion Elyséenne des Chasseurs de Dragon, par la réactivation du portail millénaire présent dans le Sanctuaire.
Leur vie quotidienne fut parfois agrémentée de nouveautés. Outre quelques voyages dans le Manoir Elyséen afin de rencontrer les nouveaux légionnaires, certaines visites se produisirent, en provenance d’Elyséa.

A l’origine ce qui devait être un simple aller-retour pour le dénommé Valarian Vaelwyng, afin qu’il étudia certains manuscrits gardés par Elowyn, se transforma en un voyage sans retour. En effet, s’il emprunta le portail pour arriver au Sanctuaire, après une nuit de repos il avait disparu, et il n’était pas retourné en Elyséa. Fussent l’air d’Asmodae ou son environnement plus généralement, le mage semblait avoir prit goût à ce monde qui peut-être lui ressemblait plus que l’autre hémisphère. Mais où un Elyséen pouvait-il bien aller dans cette contrée qui lui serait farouchement hostile par ses habitants et plus spécifiquement ses daevas ?

Puis vint un jour Grey Schroedinger, il fit un temps partie des Chasseurs de Dragon Elyséens. Ses traits Elyséens avaient laissé place à sa vraie nature d’Asmodien, et c’est presque naturellement qu’il se rendit, via les Abysses et des chemins de traverses, jusqu’au Sanctuaire de la légion Asmodienne. Pourtant quelque chose de son passé semblait agir de façon mélancolique sur sa personnalité, comme s’il regardait derrière lui après avoir abandonné une chose qui lui était essentielle.

Le destin de la légion naissante allait pourtant être éphémère. Depuis ses débuts elle était surveillée de très près. Et les liens avec les Elyséens semblaient s’accumuler comme autant de preuve à charge pour la jeune légion. Pourtant aucun d’entre eux n’avait perçut cette observation.

Elowyn devait partir en mission pour les Emissaires d’Aion, et se rendit à Pandémonium en compagnie d’Urien et Luna. Sur place, par l’intermédiaire du réseau Vanyar, elle apprit qu’Arya Lamenuit avait plongé dans un rift pour débarquer en Elyséa. Cette information fut confirmée par l’un des espions des Emissaires : un daeva Elyséen avait été capturé dans un village à deux jours de Pandémonium, et deux daevas des autorités centrales étaient chargés de le récupérer.

Ajournant sa mission pour les Emissaires, Elowyn en compagnie d’Urien et Luna se rendit au dit village, après avoir intercepté et retardé les daevas missionnés. Le sauvetage fut presqu’une formalité. Arya était dans un état pitoyable, mais par les soins conjugués de Luna et Elowyn elle reprit ses esprits. Tous les quatre purent prendre les chemins détournés afin de rejoindre le Sanctuaire.

La discrétion était vitale, Arya étant Elyséenne il fallait se cacher pour passer inaperçu. Ils regagnèrent le bâtiment de la légion sans encombre. Les heures de la légion étaient à présent comptées, mais nul ne s’en doutait. Pourtant Urien pressenti dès leur retour comme une surveillance, mais il attribuait cela à sa propre histoire, rattrapé par son passé.
Fort de son pressentiment Urien pris congé de la légion pour mener son enquête. On ne le revit jamais plus.

L’arrivée d’Arya fut le moment de retrouvailles avec Grey. Arya s’en était confié à mot couvert à Elowyn, mais l’expression ouverte de leurs sentiments valait tous les sous-entendus. Ils prirent tous deux leur envol dans une étreinte passionnée. Arya avait affronté tous les périls pour rejoindre l’homme de son cœur. Ils étaient enfin réunis.

Le Sanctuaire s’endormit paisiblement cette nuit là. Une dernière fois.

Au petit matin, Zedicarius premier réveillé comme à son habitude faisait le tour du Sanctuaire. La faune alentours était calme. Trop calme. L’ancien mercenaire pris instantanément la mesure du danger qui menaçait le Sanctuaire. Il se précipita dans chaque chambre pour donner l’alerte. Mais pendant le même temps l’assaut était donné.

De toutes parts on entendit les coups sourds tentant d’enfoncer les entrées. Le Sanctuaire se trouva totalement cerné, les membres de légion pris au piège.
Celes’Ska eut le temps de se ruer dans la salle du portail afin de désactiver totalement celui-ci en le sabotant afin qu’il paraisse ne jamais avoir été utilisé. Elle eut l’occasion de transmettre un ultime message aux Chasseurs de Dragon Elyséens annonçant la chute de la légion en Asmodae.
Montés dans la tour la plus haute du Sanctuaire, Grey et Arya jaugèrent rapidement les issues pour tenter une évasion sans attendre. Ils étaient là pour elle cela ne faisait aucun doute.

Un bruit d’explosion annonça que la porte principale avait cédé, l’envahissement du Sanctuaire avait commencé. Puis une voix tonna à l’adresse de toute la légion :

« Vous êtes coupables d’abriter un ennemi d’Asmodae, en la personne d’une certaine Arya, d’abriter l’espion Grey Schroedinger et la traitresse Elowyn Vanyar. Coopérez immédiatement et il en sera tenu compte lors du jugement de votre complicité avec les criminels. »

Zedicarius venait de cacher Elowyn dans la bibliothèque, et apparut devant les daevas qui avaient mené l’assaut. Il tenta de gagner du temps, dans l’art subtil qu’il maîtrisait, alliant la cordialité et l’impassibilité d’un majordome expérimenté.
Grey et Arya ne tergiversèrent pas plus longtemps et sautèrent depuis le haut de la tour en direction de la forêt toute proche. Instantanément une dizaine de daevas fondirent sur eux. Pourtant le couple su profiter de sa légère avance qu’avait occasionné la surprise de leur tentative de fuite.

Leurs poursuivants étaient tout proches et ils n’arriveraient pas à les semer facilement. Grey pris alors la décision de se séparer d’Arya. A peine s’étaient-ils pourtant retrouvés. Le déchirement d’une telle décision ne souffrait, hélas, aucune alternative pour sauver l’Elyséenne.
Arya du alors se cacher dans les fourrés, seule, pendant que Grey attirait tous les poursuivants à sa suite tentant de leur faire croire qu’ils étaient encore tous les deux. Et l’appât pris. Arya pu alors partir dans la direction opposée. Mais son cœur était de nouveau brisé, comme si Aion ne permettait pas qu’ils puissent tous deux avoir la liberté d’être ensemble, en dehors de toute menace qui pèserait sur eux.

Se reverraient-ils ? Ses doutes étaient immenses, comment Grey pourrait-il semer ou venir à bout d’autant de poursuivants ? Elle était maintenant seule dans un monde hostile dont elle ne connaissait absolument rien. A part cet autre Sanctuaire dont avait parlé Elowyn lors de leur périple suite à son sauvetage. Des larmes perlèrent sur les joues de la belle Elyséenne.
Grey n’avait qu’une idée en tête éloigner le danger aussi loin que possible de celle qu’il aimait. Ceci l’emmena loin, très loin, car ses chasseurs étaient coriaces. Mais son expérience passée au sein de la Kjahart, confrérie secrète et implacable d’assassins Elyséens, lui permit petit à petit d’éclipser un à un les infatigables poursuivants.
Mais alors Arya était loin, introuvable… perdue. Un frisson de douleur parcouru l’échine du clerc. Le destin était contre lui, d’une manière ou d’une autre il perdait ceux qu’il aimait.

De son côté Elowyn devait tenter d’échapper aux assaillants qui fouillaient de fond en comble le Sanctuaire. Rapidement elle avait monté les étages du bâtiment. Son salut était sûrement par les hauteurs. Mais suite à la fuite d’Arya et Grey les hauteurs du Sanctuaire étaient étroitement surveillées.

Mais l’aède avait confiance en elle. Voler faisait parti des aptitudes qu’elle maîtrisait le mieux. Déjà petite, portée par son père elle profitait des escapades aériennes pour sentir les courants porteurs et les infimes variations de l’air permettant de maîtriser l’art de s’y déplacer.
Elle avant régulièrement volé dans les environs et cela lui donnait l’avantage de la connaissance du terrain, ou plutôt de l’espace aérien. D’autant que les collines et contreforts proches agrémentaient les conditions de vol d’imprévus, qu’elle saurait prévoir à la différence de ses poursuivants.

Elle réussi à monter sur le toit discrètement dans un angle aveugle. Prenant une petite course d’élan elle plongea dans le vide pour planer à basse altitude vers les collines qui dominait le Sanctuaire. Puis elle prit un courant ascendant qui la propulsa rapidement à une altitude vertigineuse. Ses poursuivants n’avaient bien sûr pas pris la même trajectoire et péniblement ils tentaient d’élever leur altitude, en vain. Pourtant ils ne la perdaient pas de vue.

Elowyn semblait devoir planer indéfiniment tel un aigle dans les cimes. Peu à peu les Daeva regagnaient du terrain, comme si l’aède les attendait. Ne ménageant pas leurs efforts, leur altitude se stabilisait à peu près à celle d’Elowyn.
L’aède profita alors de la fin de leur ascension pour opérer le mouvement inverse entamant une chute libre en refermant ses ailes, telle une pierre Elowyn prit une trajectoire verticale. Ses poursuivants ne semblaient pas maîtriser le vol de la même façon et ne pouvaient redescendre que par palier et tournant sur eux-mêmes. Certains pourtant entamèrent un plongeon diagonal dans l’espoir de maintenir leur écart avec la fuyarde.

Ils étaient tous maintenant bien loin du Sanctuaire. Elowyn redéploya ses ailes pour fuser vers une forêt dont le couvert des arbres lui permettrait de fausser compagnie aux assaillants. Son avance était telle qu’elle pu choisir une cachette adéquate. Elle s’y cala, se recroquevilla et entama une phase méditative de contrôle de soi comme pour se fondre dans la flore. Elle saurait détacher son esprit de son corps le temps qu’il faudrait pour que ses poursuivants abandonnent sa piste. Sa patience dans ces situations était infinie.

Malgré leur dispositif, et après une semaine de poursuite et de recherches le groupe d’assaut et de surveillance du reconnaître son échec dans l’appréhension des trois daevas. Contre les autres ils n’avaient aucune charge. Mais la surveillance accrue du Sanctuaire dura encore quelques jours, puis se poursuivit de manière moins intensive pendant plusieurs semaines.

Celes’Ska et Luna restèrent encore quelques temps au Sanctuaire, comme pour y rassembler ce qu’elles pouvaient. Puis un jour Celes’Ska décida de partir à son tour. Le Sanctuaire se retrouvait vide, la légion déchue.

Quand à Zedicarius, son départ s’effectua le lendemain de l’assaut. Sous prétexte d’aller au village avec sa charrette pour y vendre les produits du Sanctuaire, le mercenaire avait bien l’intention de retrouver Elowyn. En effet l’aède avait dû ajourner sa mission pour les Emissaires, il était certain qu’elle se remettrait en route pour celle-ci. Elowyn allait toujours jusqu’au bout de ce qu’elle avait commencé.
Bien sûr Zedicarius fut suivi jusqu’au village. Mais grâce à l’aide des villageois qui s’entendaient fort bien avec lui, et se méfiaient de ces autorités qui ne venaient que trop rarement et encore pour semer le trouble dans la région, Zedicarius pu poursuivre sa route en laissant la charrette au village ainsi que ceux chargé de le filer.


Désormais les trois exilés, Grey, Arya et Elowyn, étaient sur les listes noires des autorités. Considérés comme traîtres, espions ou menace directe, ils étaient activement recherchés. Il leur faudrait désormais agir dans la discrétion, la clandestinité, en évitant les routes et les concentrations de populations trop informées.

Pourtant le destin offrait la promesse, dans un futur proche, de réunir à nouveau les exilés et d’autres de leur compagnons.
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MessageSujet: Re: Ephémère Eternité   Ven 12 Mar 2010 - 22:53

Chapitre 6 - Les balbutiements d'une légion
_____________ - iv - _____________


Imrhaïl Thergill

Le doyen de l’université de magie de Pandémonium veillait tard comme souvent. L’appellation doyen était d’ailleurs d’une ironie amusante, lui rappelant son rôle éphémère au sein d’une société d’êtres éternels, les Daevas. Car la magie était étroitement liée à la capacité de maîtriser l’Aether, ce à quoi étaient formés les jeunes daevas dans son université.

Il arrivait parfois que certains humains fassent preuve de cette capacité mais elle se révélait rapidement limitée. Le doyen, Imrhaïl Thergill, faisait parti de ces humains là, mais son don ce révéla hors normes pour un humain, sans pour autant qu’il fut comparable à celui des Daevas. Il avait voué ces trente dernières années aux connaissances de l’Aether, non par ambition ou recherche de pouvoir, mais bien pour comprendre ce qu’était cette source de puissance offerte par Aion, créateur de ce monde. Aion, dieu qui semblait avoir délaissé sa création depuis un millénaire.
Certainement par sa persévérance et sa passion, Imrhaïl Thergill se révéla à même de pouvoir enseigner la magie aux futurs mages immortels. Les étudiants parvenaient généralement en cours de cycle à dépasser les capacités du doyen, qui se révélait être l’étalon de mesure de leur propre compétence.
Les Daevas préféraient que ce genre de rôle administratif soit confié à un mortel, permettant un renouvellement régulier de la fonction sans qu’elle ne suscite la convoitise des immortels. Par ailleurs les Daevas étaient missionnés pour des actes plus passionnants que diriger une université : la guerre contre les Balaurs et les Elyséens.

Imrhaïl Thergill appartenait à une importante famille de Pandémonium, dont les branches les plus nobles avaient données naissance à des Daevas qui vouèrent leur immortalité, et sacrifièrent parfois celle-ci dans les différentes guerres qui jalonnaient l’histoire tumultueuse d’Atréïa.
Son dernier protégé était un cousin, Anhazar, un Daeva d’une vingtaine d’années, mais qui n’avait pas attendu pour s’imprégner de l’arrogance et du mépris qui caractérisaient la plupart des représentants de sa parenté. Tant bien que mal Imrhaïl faisait bonne figure, mais il n’appréciait pas ce jeune Daeva prompt à l‘emportement et aux jugements hâtifs. La magie du jeune homme était désormais plus puissante que la sienne et bientôt il quitterait l’université pour suivre des formations plus évoluées avec des Daevas expérimentés.

En quittant son bureau, ce soir là, il passa par celui d’Anhazar et laissa son regard errer au hasard. Il aperçut un dossier en évidence sur le bureau de son cousin, marquée en grosses lettres du patronyme « Elowyn Vanyar ».
Imrhaïl n’avait jamais envisagé autre chose que de consacrer tout son temps à la magie, à l’Aether, à la connaissance et la transmission de cette connaissance. Mais ces deux mots devaient bouleverser sa vie et l’ordre qu’il y avait établi depuis deux décennies. L’écho de ces syllabes dans son esprit électrisèrent sa chair, firent bouillir son sang. Ces deux mots représentaient une partie de sa chair et de son sang, une partie de lui qu’il avait mise de côté, préservant une amitié, protégeant des êtres chers. Mais si ceux-ci étaient sous la surveillance de sa famille, il devait bouleverser sa vie pour tenter de les protéger d’un courroux qu’il ne connaissait que trop bien.
En parcourant le dossier il comprit à quel point son cousin était bien renseigné. Il savait où se trouvait Elowyn, et il avait de fortes présomptions sur l’origine Elyséenne de son nom. Mais pourquoi l’avait-il fait suivre et s’était-il renseigné sur elle et son patronyme ? Peu importaient les raisons. Il devait la protéger des griffes des Thergill et de la puissance qu’ils pouvaient rassembler contre elle si on la soupçonnait d’être une traîtresse à la solde des Elyséens.

Il partirait cette nuit même. Il retourna dans son bureau, rédigea une lettre à l’adresse de son second, lui expliquant qu’il lui déléguait tout pouvoir jusqu’à ce qu’il revienne d’une mission urgente et pour un temps indéterminé. Il consulta une carte afin d’identifier où était sensé se trouver Elowyn au sein d’une petite légion isolée dans des bois à flanc de colline. Il prit avec lui une petite carte de la région pour se guider.
Vingt-cinq ans plus tôt il était parti quasiment aussi soudainement pour répondre à l’appel de son cher cousin et ami, Goderick. Depuis lors il avait, toujours prêt et rangé au fond d’un placard, un baluchon au cas où un départ sur la route le prendrai à l’improviste. Il s’en saisit, passa par son laboratoire pour mettre dans une besace quelques potions de sa connaissance. Quelques minutes plus tard il quittait Pandémonium pour rejoindre et apporter l’aide qu’il pourrait à Elowyn Vanyar, sa fille naturelle.


Imrhaïl mit toute sa célérité pour parcourir la route qui le menait jusqu’au village proche du bâtiment de la légion d’Elowyn. Il y remarqua une présence Daeva beaucoup trop importante pour être normale. Il comprit qu’Anhazar avait déjà agit en prévenant les autorités. Quelque assassin à sa solde aura surveillé Elowyn et ses compagnons.
Parmi les Daevas il en reconnut un qui était passé par son université. Il s’informa de la présence d’un contingent de Pandémonium dans ces contrées, et celui-ci lui confirma la traque d’une bande de traîtres de mèche avec les Elyséens. Il conseilla à Imrhaïl de ne pas s‘approcher des bâtiments de la dite légion car sous peu il y aurait du grabuge. Demain au petit matin.

Imrhaïl n’était pas un éclaireur, mais il essaya tant bien que mal de s’approcher de la zone assiégée. Il se trouvait éloigné, mais sur un petit promontoire il pouvait distinguer la bâtisse, imposante mais élégante, l’œuvre des Emissaires d’Aion, une architecture, qu’il avait un peu étudié, et sachant qu’Elowyn leur était attaché il fit le rapprochement.
Le sorcier humain ne dormit pas cette nuit là, il épiait constamment le lieu qui, à n’en pas douter, serait l’objet d’un assaut au petit matin. Sa veille lui fit remarquer un peu par hasard que quelqu’un d’autre observait discrètement les lieux. Il ne semblait pas faire parti du contingent officiel, et ses allures d’assassin professionnel lui firent penser à un agent d’observation de son cousin Anhazar.

Au petit matin, alors qu’Imrhaïl somnolait doucement les évènements se précipitèrent. L’assaut fut donné en même temps que quelques imprécations à l’adresse des occupants du bâtiment. Deux Daevas émergèrent comme des flèches du haut de la tour et fondirent droit sur la forêt. A ce qu’il pu en voir il vit un Asmodien et une Elyséenne. Ces caractéristiques Elyséennes étaient trop évidentes pour que ce puisse être Elowyn. Il y avait donc des soupçons fondés de collusion avec l’hémisphère ennemi d’Asmodae.
Imrhaïl n’avait jamais compris ni approuvée cette guerre fratricide et il estimait beaucoup le fait qu’Elowyn semblait avoir fructifié les valeurs de ses parents, qui étaient proches des siennes. Néanmoins cela confirmait les menaces qui pesaient sur Elowyn de la part des autorités de Pandémonium.

Elowyn était-elle prise au piège ? L’angoisse montait chez Imrhaïl. Il remarqua que l’espion en contrebas était aussi attentif que lui aux évènements et ne s’était pas intéressé outre mesure à la fuite du couple dans la forêt.

Le bâtiment avait été investi, il était totalement cerné et la tour était elle aussi surveillée. Pourtant une jeune Asmodienne en surgit s’élevant comme l’éclair droit vers le ciel. Il sut que c’était elle. Ce que lui confirma l’agitation de l’espion. Mais la vitesse de vol de la jeune fille ne permit pas à celui-ci de participer à la poursuite. L’espion prit pourtant son envol loin à la suite des Daevas de Pandémonium qui prirent en chasse la fuyarde, comme d’autres s’étaient lancés à la poursuite du couple quelques instants plus tôt.
Imrhaïl grimpa sur la colline pour tenter de suivre la poursuite aérienne. L’altitude de la jeune femme ne lui permettait plus de la distinguer. Les poursuivants allaient à leur tour disparaître, quand la jeune fille réapparut chutant à une vitesse vertigineuse toujours plus loin vers le nord en direction d’un amas forestier. Elle avait de nouveau prit de vitesse ses poursuivants. Imrhaïl ressentit comme une fierté la virtuosité d’Elowyn dans les airs. Il se rappela cette même capacité chez Goderick. Elle saurait leur échapper, se disait-il pour se rassurer.

Peu après il vit revenir un Daeva vers la colline. Il comprit qu’il s’agissait de l’espion ne cherchant pas davantage à suivre la jeune femme poursuivie. Imrhaïl se cacha dans les fourrés les plus proches, et attendit.

La matinée s’écoula et l’assassin guetteur ne bougeait pas. Imrhaïl commençait à être tenaillé par la faim. Des mouvements furent perçus à l’entrée de la bâtisse, un homme de l’âge d’Imrhaïl sortit avec une charrette qu’il tirait derrière lui. Aussitôt l’espion se mit en mouvement. Le sorcier l’imita.

L’homme à la chevelure poivre et sel tirait sa charrette paisiblement, l’air tranquille, comme si les évènements de la matinée ne l’avaient pas concerné. Pourtant l’attitude de l’assassin semblait indiquer qu’il avait certainement un lien possible avec Elowyn. Car le Daeva espion était à n’en pas douter là sur les ordres d’Anhazar pour savoir ce qu’il advenait d’Elowyn et s’assurer qu’elle serait arrêtée par les autorités.
De manière plus évidente deux Daevas du contingent de Pandémonium prirent, à distance, le même chemin que le charretier. Celui-ci emmena tout ce petite monde à sa suite jusqu’au village où il fit halte à l’auberge principale. Laissant son chariot, plein de marchandises, dans la cour. Chacun des poursuivants s’engageant à leur tour dans l’auberge.

Ce fut l’occasion pour Imrhaïl de manger un morceau. Ne quittant pas de vue l’espion et les deux Daevas du contingent. Le charretier s’entretint avec l’aubergiste tout en prenant lui-même une petite collation. Il sortit dans la cour, mais revînt tout de suite avec deux cagettes de fruits frais. L’aubergiste l’invita à le suivre dans ses caves pour conclure une vente, ou plutôt un échange contre de l’alcool.
Alors que les deux Daevas de Pandémonium poursuivaient leur repas attendant sagement le retour du charretier, l’assassin à le solde d’Anahzar mit fin à son repas pour sortir rapidement dehors. Imrhaïl se fia à l’intuition du professionnel et lui emboîta le pas le plus discrètement possible.

Une fois dehors l’espion se mit à courir vers l’arrière de l’auberge qui donnait sur un petit bois. Imrhaïl peinait pour suivre le train de l’assassin. Mais il perçut au loin que celui-ci s’arrêta brusquement et se mit à couvert. Le charretier semblait sortir de terre entre les arbres. Certainement un tunnel depuis l’auberge qui trouvait sa sortie au milieu du bois. Mais le charretier ne semblait plus être tout à fait le même. Il était équipé d’une armure légère et robuste taillée pour le voyage et d’armes qui ne semblaient pas celles d’un quelconque paysan.

Imrhaïl comprit que cet homme sous ses allures débonnaires de charretier, se révélait être plutôt un mercenaire expérimenté et fortement lié à Elowyn si l’on en croyait la précipitation de l’espion à retrouver sa trace. Il suivrait donc cette piste. La seule qu’il avait désormais et dans laquelle il mettait tous ses espoirs de pouvoir protéger la fille de son meilleur ami et cousin. L’assassin était une menace, celle d’Anhazar et de la famille Thergill. Il fallait qu’il s’assure que cette menace qui pesait sur Elowyn serait écartée.
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MessageSujet: Re: Ephémère Eternité   Mer 17 Mar 2010 - 0:33

Chapitre 7


La Promesse
(La quête spirituelle d’Elowyn Vanyar)


Filature

Sur la route depuis quelques jours, Zedicarius avait rapidement retrouvé ses réflexes de mercenaire. Son intuition lui disait qu’il était suivi, épié. Pourtant il n’arrivait pas à déterminer qui et combien de poursuivants. Sa plus grande crainte était de ramener avec lui ceux qui traquaient Elowyn. Il douta de son intuition, supposant que celle-ci était trop soumise à sa propre suspicion.
Il ne pouvait s’agir de ceux qui avaient conduit l’assaut sur la légion, il était certain de les avoir semés. Peut-être des bandits, mais depuis le temps ils auraient déjà dû l’attaquer. Le doute persistait donc. Il resterait sur ses gardes et irait retrouver Elowyn, comme prévu.

Dans quoi s’était-il engagé ? Imrhaïl doutait du bien fondé de ses choix. Était-ce bien Elowyn qu’il avait vu ? Et cet espion professionnel qu’il avait tant de mal à suivre était-il bien ce qu’il pensait être ? Et ce charretier mercenaire, qu’il ne voyait d’ailleurs jamais tant il s’attachait à suivre l’espion espérant que celui-ci suive toujours l’homme à la chevelure poivre et sel, était-ce le seul lien qui pouvait le rapprocher d’Elowyn ?

Les enseignements d’Eïjythorn avaient portés leurs fruits. Grâce à eux Elowyn avait pu semer ses poursuivants avec une facilité qui la surprenait elle-même. La forêt l’avait aidée. Il n’y avait plus qu’à espérer que Zedicarius ait pu en faire de même pour la rejoindre comme convenu sur la route vers la mission des Emissaires d’Aion.
Elle l’attendrait dans cette auberge où, avec Celes’Ska, elles avaient pris soin de Zedicarius lorsqu’elles l’avaient trouvé mourant traqué par un daeva devenu fou.

Est-ce sa conscience professionnelle ou le simple goût de l’aventure qui poussait Polhemus à travailler comme espion pour Anhazar Thergill ? Il s’étonnait lui-même, en regard de la rémunération attendue, de suivre avec tant d’acharnement la piste de cette Aède.
D’autant plus que cet humain lui donnait du fil à retordre. Il lui fallait puiser dans ses ressources d’assassin et sa maîtrise de l’aether pour déployer ses capacités de camouflage et de furtivité afin de déjouer les ruses de ce mercenaire qui se savait suivi.
Il finirait bien par retrouver l’objet de sa chasse, mais pour quel intérêt au final. Comment pourrait-il négocier la qualité de son service auprès d’un arrogant et prétentieux, fils d’une aristocratie, qu’il conspuait intérieurement. Peut-être pourrait-il faire durer les choses et diffuser ses informations au compte gouttes afin d’en tirer un meilleur profit.
Pour l’instant il ne fallait pas lâcher la piste de ce Zedicarius.

La vue de l’auberge dans ce petit village en bordure de la route très commerciale, raviva des souvenirs en Zedicarius. Ce bref moment de sa vie où il fut heureux simplement, avec celle qui incarnait sa moitié, cette autre part de soi que l’on cherche en quelqu’un d’autre. Ce début de bonheur simple annihilé par un daeva, qu’il avait considéré comme un maître à servir aveuglément en toute confiance, ainsi qu’un guide au sortir d’une jeunesse égarée.
Cette auberge lui rappelait que depuis ce cataclysme psychologique, seulement quelques mois auparavant qui paraissaient des années, où toute envie de vivre l’avait abandonnée, Elowyn lui avait permis de retrouver goût à la vie ainsi qu’un sens à son existence. Malgré sa jeunesse la jeune fille semblait animée d’une lueur qui pour Zedicarius représentait celle au bout du tunnel. Et cette lueur avait grandit en même temps que le temps passé aux côté de l’Aède. Était-ce un feu spirituel, chose à la quelle il n’avait jamais été sensible auparavant.
L’ancien mercenaire pénétra dans l’auberge balayant du regard la grande salle. Il reconnu rapidement Elowyn, cachée dans une cape et sous une longue capuche, grâce au bâton appuyé sur sa chaise. Il marcha doucement vers elle, alors que celle-ci regardait droit dans sa direction.

« Le chemin ne fut pas trop tortueux jeune fille ?

- Pas plus que les arbres qui balisent le chemin jusqu’ici, souriait Elowyn.

- Je crains pour ma part ne pas avoir réussi à venir seul.

- Combien ?

- Un seul, je crois, mais il semble assez maître de son fait. Un danger différent de celui qui a mit fin à l éphémère légion.

- Hum… il ne faut pas que nous trainions ici dans ce cas.

- C’est hélas les contraintes de l’exil chez soi. Être toujours aux aguets et dans la fuite.

- Bien, de toute façon il nous faut partir pour cette mission que m’ont confiée les Emissaires.

- A deux nous essaierons de débusquer le poursuivant.

- Part devant, je te rejoindrai sur la route. Je prends quelques nourritures. A tout de suite. »

Quelques temps plus tard Elowyn retrouvait Zedicarius. Elle n’avait rien remarqué qui puisse laisser penser que quelqu’un les suivait, mais elle faisait confiance aux instincts de l’ancien mercenaire.

Sa ténacité avait payé il avait maintenant retrouvé l’Aède. Polhemus avait l’intention de la capturer puis de faire monter les enchères auprès de son employeur ou des autorités de Pandémonium. Mais il fallait d’abord neutraliser le mercenaire pour ensuite s’occuper de la femme. La nuit se prêterait certainement à ce genre de manœuvre.

L’espion semblait à l’affût. Imrhaïl avait su suivre à distance cet expert, et par miracle ne jamais se faire remarquer de lui. Certainement que celui-ci était-il trop occupé à pister sa cible pour prendre garde à ses arrières. La poursuite s’était fortement ralentie depuis qu’ils avaient passé le village. Peut-être que le charretier avait retrouvé Elowyn et que l’espion préparait son plan pour la suite.

« Zed, arrêtons-nous dans cette clairière pour la nuit, elle sera parfaite pour ce que nous avons à y faire.

- Je vais chercher quelques branches pour le feu. Reste sur le qui vive, la nuit approche et notre mystérieux poursuivant pourrait agir à la faveur de l’ombre.

- Ne t’en fais pas, je surveille, j’écoute, telle une rôdeuse. »

Zedicarius s’éloigna et approcha de la lisière du bois, toujours en vue d’Elowyn. Les sens en éveil il se penchait pour ramasser quelques branches. Soudain il perçut un bruissement vif en sa direction, mais ne vit rien et juste avant de recevoir un premier coup il cria vers Elowyn : « Assassin… », et s’effondra, mais ne perdit pas connaissance tout de suite.
Son regard sombrait dans la brume mais il aperçut leur adversaire un bref instant qui restait immobile, comme attendant la suite. Rassemblant son énergie il distingua qu’Elowyn se rapprochait alors que l’assassin redevenait invisible.

« Reste au centre de la clai… », un formidable coup de pied au visage fit taire Zedicarius qui sombra, inconscient.

Alerté par le premier cri de l’homme, Imrhaïl se rapprocha de la lisière du bois depuis l’intérieur de celui-ci en prenant bien garde de ne pas faire de bruit. Il aperçut, alors qu’un deuxième cri alertait Elowyn, l’espion dont le pied frappa le visage de l’homme à la chevelure poivre et sel qui s’effondra assommé par le coup.
Il vit alors Elowyn revenir sur ces pas au centre de la clairière, tandis que l’espion regagnait le couvert de son invisibilité se préparant à attaquer sa deuxième cible. Imrhaïl se rapprocha plus vite mais toujours précautionneusement. Son esprit se tendait dans une réflexion sur ce qu’il pouvait faire ou dire pour aider Elowyn, protéger sa fille.

Il n’avait jamais pris part à un combat, tout dans sa vie n’avait été que théorie et mise en pratique préparée et répétée. Là il était dans l’improvisation complète. Mais toutes ces années à étudier devaient certainement être exploitables. Passer de la théorie à la pratique. Réfléchir vite et agir.
Il n’avait aucun moyen de savoir où était l’espion mais certainement s’approchait-il d’Elowyn furtivement. Son esprit rassemblait des connaissances à toute vitesse.

« Psalmodiez un chant rayonnant pour le localiser » cria d’un coup Imrhaïl.

Elowyn resta interdite entendant cette voix sortie de nulle part. Sans comprendre elle s’exécuta. Une aura colorée apparut à quelques pas d’elle semblant entourer un corps invisible. En un éclair elle prit son bâton et l’abattit sur la forme de toute sa force. L’aura se dissipa tandis qu’un corps apparu roulant un peu loin et se redressant instantanément. L’assassin lui faisait face à une distance trop grande pour l’atteindre de son bâton.

Polhemus avait été surpris par cette voix qui avait permis de le trahir, beaucoup plus que par le coup de bâton qu’il avait en partie esquivé. Son regard furetait pour tenter d’apercevoir ce troisième adversaire sortant de nulle part. Il s’en voulait d’avoir été pris au dépourvu, il n’avait rien vu venir.

La confrontation s’annonçait équilibrée maintenant qu’Elowyn pouvait voir son adversaire. Du moins le croyait-elle. La vitesse de celui-ci et sa facilité à prendre en défaut les arabesques de son bâton lui firent rapidement perdre cet équilibre et tout espoir d’avantage. Elowyn se sentait dans la position de la proie qui tente d’éloigner un félin se rapprochant inexorablement, ses griffes bien aiguisées prêtes à frapper.

Elle n’allait pourtant pas se laisser faire. Elle tenta une feinte de balayement et propulsa la pointe de l’autre bout du bâton droit sur le thorax de son adversaire. Celui-ci réussit pourtant à basculer en arrière tout en jetant ses jambes en avant puis se redresser juste à côté d’Elowyn qui n’avait pas pu enchainer son prochain mouvement.
L’assassin allait porter un coup, sourire aux lèvres. Un masque de douleur apparut alors qui déforma le faciès de celui-ci. Il lâcha ses dagues et se tint la gorge comme si un étau lui broyait le cou. Le souffle court Polhemus tomba à genoux puis à terre. L’étreinte ne se resserrait pas, mais elle ne se relâchait pas non plus.

Elowyn vit alors un homme, dans une lueur en contre jour, sortir des bois et s’avancer les mains tendues vers l’assassin. L’homme se rapprochait ne relâchant pas son emprise sur le cou de l’ennemi. Elle distingua alors faiblement le visage de son allié. Des traits familiers se révélèrent à elle. Pourtant elle ne connaissait pas cet homme.

« Vous allez bien ? lui demanda-t-il

- Oui… merci du coup de main, sans vous je…

- Si vous pouviez le désarmer, je ne pourrais pas tenir très longtemps cette étreinte.

- Oui, oui tout de suite. »

Elowyn se précipita vers l’assassin, le désarma et l’assomma promptement avec son bâton, comme pour soulager sa peur et libérer la tension de cet enchaînement d’évènement qu’elle ne comprenait ni ne maîtrisait.
Polhemus qui tentait de se dégager de cette étreinte artificielle, mais pourtant d’une douleur bien réelle, n’eut que le temps d’apercevoir le bâton d’Elowyn s’approcher de son crâne et de penser « Et merde ! » avant de sombrer dans un sommeil non désiré.
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Elowyn Vanyar
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MessageSujet: Re: Ephémère Eternité   Ven 19 Mar 2010 - 21:02

Chapitre 7 - La Promesse
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Filiation

Elowyn se précipita alors à l’endroit où Zedicarius gisait encore inconscient, tandis que l’homme providentiel surveillait leur ennemi commun. Elle concentra un peu d’aether qu’elle diffusa doucement sur le visage de Zedicarius ce qui eut pour effet de ramener celui-ci dans un état de somnolence préalable à une reprise de ses esprits.

«Tu t’en es sorti alors, qu’as-tu fais du gars ? Demanda Zedicarius

- J’ai été aidé par un inconnu en fait et celui qui t’a assommé est à son tour dans le même état là-bas.

- Aidé ? Comment ça aidé ? C’est peut-être un piège ?

- Je ne crois pas. D’ailleurs cet homme providentiel a quelque chose de familier dans ses traits de visage. C’est idiot mais il me rappelle mon frère.

- Aide- moi à me relever et allons discuter avec notre nouvel ami. »

Clopin clopant Elowyn et Zedicarius retournèrent au centre de la clairière près de l’étranger ami qui surveillait l’étranger ennemi, ayant pris le temps de le ligoter.

« Merci de votre aide l’ami. Je me nomme Zedicarius Zellendar et vous êtes ?

- Imrhaïl Terghill… »

A ce nom Elowyn eut un hoquet de surprise.

« Tu le connais Elowyn ?

- Non… heu, enchantée je suis Elowyn Vanyar, mais votre nom ne m’est pas inconnu

- Le vôtre non plus chère Elowyn, fille de Goderick et d’Ewenlëa, sœur d’Elrohir.

- Va falloir qu’on m’explique là ! intervint Zedicarius

- En fait moi aussi j’aurais besoin de précisions, car en dehors de votre nom je ne connais rien de vous… si ce n’est une intuition qui s’installe tant votre visage présentent des traits familiers, à mon frère justement.

- Oui, nous pouvons prendre le temps je pense. Celui-ci est hors d’état de nuire avant que nous ne réfléchissions de son sort plus avant.

- Au fait, comment lui avez-vous lié les mains ? interrogea Zedicarius tout en examinant les bras de l’assassin.

- Comme j’ai pu.

- Bien je vais le refaire à ma façon. Mais installons-nous.

- En effet il y a de quoi manger et discuter, confirma Elowyn. »

Ils installèrent donc le campement et préparèrent le repas, en prévoyant même une portion pour l’intrus. Celui-ci retrouvait maintenant ses esprits et accepta sceptiquement cette hospitalité. Après s’être présenté brièvement, il confirma qu’en effet il travaillait pour Anhazar Terghill, et qu’il avait surveillé la légion depuis son installation envoyant ses rapports réguliers notant toutes les allées et venues atour du bâtiment. L’intervention des autorités de Pandémonium étant une attention personnelle d’Anhazar.

« Je reconnais bien là les pratiques d’Anhazar toujours prêt à dénoncer son prochain et à en tirer profit s’il le peut. Précisa Imrhaïl.

- Mais vous êtes qui vous ? Une sorte de mage omnipotent, vous ne semblez pas être daeva ? interrogea Polhemus.

- Je suis mage en effet, ou plutôt un humble pratiquant de la magie de l‘Aether. Et effectivement je ne suis pas daeva, je partage la même condition mortelle que Zedicarius.

- Et comment vous avez réussi votre coup de l’étranglement à distance ? demandait plein de curiosité martiale l’assassin

- Eh bien je pratique et j’étudie la magie autour de l’aether depuis plusieurs décennies maintenant, et avec le temps, même si je ne peux pas déchainer la puissance des éléments ou invoquer un élémentaire, j’ai appris quelques trucs. Comme concentrer l’aether sous la sensation d’un étau solide autour d’un point précis comme votre cou, ou encore que les chants d’aède agissent sur la concentration d’aether autour des combattant daevas, comme celle nécessaire à la furtivité d’un assassin, pour la colorer de façon subtile mais marquée lorsque l’on sait regarder. Et je sais aussi créer une bulle vidée d’aether autour d’un daeva. Capacité nécessaire quand on veut maintenir la discipline au sein de groupes d’étudiants parfois chahuteurs et rapidement plus doués que vous dans l’art des mages. Ceci pour vous expliquer pourquoi vous n’arrivez pas à concentrer l’aether pour essayer de vous libérer de vos liens. Conclut Imrhaïl avec un sourire à l’adresse de Polhemus.

- Pour un mortel vous savez vous débrouiller Imrhaïl », approuva Zedicarius.

Elowyn s’éloigna du prisonnier invitant Imrhaïl à la suivre pour discuter, Zedicarius restant pour surveiller son agresseur qui ne voyait pas d’un bon œil qu’on le laisse seul avec un ancien mercenaire.


« Les hasards de la vie ressemblent parfois au destin, énonça sobrement Imrhaïl.

- Imrhaïl, vous êtes donc un cousin de mon père. Il n’avait jamais parlé de vous, car il ne parle jamais de sa famille. Il l’a reniée pour les raisons que je comprends, et vous semblez partager son point de vue, mais vous ne les avez pas reniés pour autant.

- On se sent plus vulnérable lorsque l’on est mortel, et puis j’ai trouvé moyen d’échapper à toutes ces fourberies familiales.

- Elrohir se rappelle de vous, lorsqu’il était petit avant ma naissance.

- Oui il m’est arrivé de rendre visite à tes parents, en toute discrétion bien sûr. Ton père était considéré comme disparu ou mort chez l’ennemi et il n’avait surtout pas envie qu’on le sache vivant… avec une Elyséenne pour femme.

- Ce qui m’intrigue c’est votre ressemblance, les traits de votre visage, avec mon frère. Cela m’a frappé, car il semble vous ressembler beaucoup plus qu’à mon père. Et si l’on accorde crédit à la thèse des daevas sans descendance naturelle, je serais amenée à penser que… »

Les mots d’Elowyn furent comme suspendus. Son regard plongeait dans celui d’Imrhaïl, et elle lut toute l’émotion qui montait dans les yeux du mage. Comme une légère brise la conscience d’Elowyn alla effleurer celle de son père naturel. Les pensées de celui-ci affleuraient tellement dans son esprit qu’Elowyn n’eut aucun mal à percevoir et comprendre cette vérité qu’on lui avait cachée, innocemment, et qu’elle avait déduite si simplement.

Leurs regards s’échangèrent sans un mot, mais Imrhaïl ressentait le pouvoir qu’avait Elowyn d’effleurer son esprit. Il l’acceptait avec joie. Ses yeux s’embuèrent, il avait du mal à retenir son émotion.

« Je l’ai fait pour eux, je…

- Je sais, je ressens cet amour que vous avez pour eux.

- Comment vont-ils ? Voilà si longtemps que je ne les ai vus.

- Pourquoi êtes-vous ici Imrhaïl ?

- Le hasard a voulu que je découvre qu’Anhazar avait un dossier sur toi. Mon sang ne fit qu’un tour et je me suis lancé à ta recherche avec les informations qu’il avait rassemblées sur votre légion. J’espérais pouvoir t’aider à ma façon d’une manière ou d’un autre.

- Et je te remercie d’avoir suivi ton impulsion.

- C’était plus qu’une impulsion, il s’agissait d’un appel de ma chair et de mon sang.

- Pour en revenir à mes parents, mon père est dans un état difficile. Il a subi les tortures Balaurs pendant deux années, et lorsque l’on à le don de revivre, ce genre de pratique peut anéantir n’importe quel daeva.

- Mais Goderick est l’un des plus solide, physiquement et moralement que j’ai pu côtoyer.

- Subir une mort répétée, longue et douloureuse à chaque fos, il y a de quoi briser même un Seigneur Shedim. Il est toujours en vie, mais son esprit reprend difficilement le contrôle. Il semble égaré. La dernière fois que je l’ai vu il vous réclamait dans des rêves ou des somnolences aléatoires.

- Il me réclamait moi. Ewenlëa est-elle auprès de lui ?

- Tout le temps. Pendant deux ans elle croyait avoir perdu l’autre moitié d’elle-même. Sa joie de le retrouver lui permet de surmonter son chagrin de le voir dans un si pitoyable état.

- Alors il faudra que je vous accompagne jusqu’à eux.

- Après tout, avec Elrohir nous étions convenus de vous chercher, et le destin c’est chargé de vous trouver et de vous amener à nous.

- Je peux me joindre à vous alors

- Bien sûr, mais avant de rejoindre la famille il me faut accomplir une mission pour les Emissaires d’Aion. »

Ils rejoignirent Zedicarius qui prenait un certain plaisir à voir Polhemus mariné dans sa bulle vidée d’aether et ficelé solidement.

« Qu’est-ce qu’on fait de celui-là ? demanda Zedicarius

- On va se relayer pour l’avoir à l’œil cette nuit. Et demain matin on décidera de son sort. Reposons-nous, proposa Elowyn.

- Ça ne sera pas de refus, acquiesça Imrhaïl

- Je prends le premier tour, j’ai déjà dormi un peu grâce à lui un peu plus tôt », ajouta Zedicarius avec un petit sourire entendu vers Polhemus.

Ce dernier se retourna et se cala dans un creux pour, lui aussi, dormir un peu. La journée avait été plutôt mauvaise et rien de bien joyeux ne s’annonçait dans un avenir proche.

Les heures de repos passèrent, chacun se relayant pour veiller le prisonnier. Zedicarius reprit le poste tandis que les deux autres finissaient de se reposer.

Chacun était maintenant réveillé. Zedicarius regardait toujours d’un air mauvais l’assassin ficelé. Celui-ci lui rendait son regard. Elowyn les regardait songeuse. Qu’allaient-ils faire de Polhemus. Imrhaïl finissait de rédiger une lettre de son côté, il invita Elowyn à parcourir sa missive, qu’elle approuva.

« Bien, je pense que j’ai fini. Si monsieur Polhemus est prêt a passer un marché et si vous êtes vous-même d’accord avec celui-ci nous pourrons reprendre notre route et laisser monsieur Polhemus reprendre la sienne.

- Un marché avec un type pareil. Faut pas rêver. Je les ai pratiqué ces menteurs patentés, toujours à ruser et à revenir sur le parole dès que leur propre intérêt s’y prête, s’emportait Zedicarius.

- Justement, j’espère bien que monsieur Polhemus y verra son intérêt et les moyens de sa fortune, répliqua Imrhaïl.

- Vous m’intéressez le mage, émit l’assassin.

- Il y a dans cette lettre marquée de mon sceau de doyen et paraphé par mes soins, une vérité dérangeante pour la famille Thergill et pour Anhazar. Si vous savez la monnayer auprès de lui votre fortune sera faite.

- De quoi parlez-vous, s’enquit Zedicarius.

- Du pire cauchemar pour un Asmodien farouchement ennemi des Elyséens : être pris pour un traître si l’on venait à découvrir qu’un membre de sa famille, et un membre renommé pour ses fonctions universitaires, avait une descendance engendrée avec une Elyséenne, expliqua posément Imrhaïl

- Vous voulez-dire que…, n’eut pas le temps de terminer Zedicarius

- Oui. Et j’ai ajouté que s’il arrivait quelque chose au porteur de cette missive ou, à l’avenir, à quiconque proche d’Elowyn, l’information pourrait être diffusée par d’autres moyens.

- Et qu’y gagnez-vous, le mage ? Interrogea Polhemus

- La tranquillité d’esprit d’une menace Thergill écartée, ou mise en sommeil au moins.

- Je vous fais confiance l’ami, dit Zedicarius en s’adressant à Imrhaïl. Mais toi j’espère qu’il te reste un peu de bon sens pour accepter ce marché où tu tires le bénéfice de t’en sortir sans égratignure et potentiellement plus riche que tu n’as jamais été.

- C’est bon, grincheux, le mage me paraît quelqu’un d’équitable. Je lui fais confiance aussi. Marché conclut ! annonça Polhemus en tendant la main. »

Imrhaïl la lui serra fermement. Puis Zedicarius de manière bourrue et virile confirma l’accord. En fin Elowyn s’approcha, fixant du regard Polhemus avant de lui prendre la main pour conclure l’accord.

Ils libérèrent Polhemus, qui s’esquiva prestement. De leur côté les deux hommes d’âge mur et la jeune fille prirent une route opposée, prenant toujours garde de surveiller les alentours pour s’assurer que l’assassin respectait sa parole et les avait laissé tranquille.
L’instinct de Zedicarius lui confirma qu’ils étaient maintenant débarrassés de cet encombrant poursuivant.

Pendant plusieurs jours le trio avala la route, prenant le temps de parler, de se connaitre un peu mieux, de narrer quelques récits personnels. Elowyn trouvait d’ailleurs qu’entre les deux hommes, de conditions mortelles et d’âge proche une certaine amitié naissait. Elle commençait à les voir comme deux oncles l’accompagnant sur la route.
Route qui menait vers les grandes forêts du nord aux confins des territoires Mau. Là les attendait la mission que lui avaient confiée les maîtres-doyens du Sanctuaire des Emissaires d’Aion à Pandémonium. Muni d’une clé qu’ils lui avaient remise, Elowyn se dirigeait vers une région qu’elle avait connue quelques années plus tôt.
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MessageSujet: Re: Ephémère Eternité   Mar 23 Mar 2010 - 0:29

Chapitre 7 - La Promesse
_______ - iii - _______


Le sceau d’Almissarah

Le paysage devenait vallonné et l’on percevait au loin la grande forêt où Elowyn avait vécu quelques années plutôt avec Eïjythorn. Le premier et unique homme qu’elle ait aimée.
Le rythme de son cœur s’accélérait à l’idée de revoir le discret rôdeur. Il y avait de fortes chances pour qu’il soit dans les parages lorsqu’ils approcheraient de son domaine, ses occupants l’en avertirait certainement par le bruissement de leur feuillage.

Ils arrivèrent au village qu’ils cherchaient. Les lieux rappelaient de vagues souvenirs à l’Aède, qui se souvenait surtout n’avoir que rarement passé par ce petit regroupement d’habitations. A cette heure la plupart des villageois vaquaient à des activités agricoles, arboricoles ou forestières. Les quelques rares villageoises qu’ils croisèrent les regardèrent d’un air suspicieux. L’une d’entre elle apparemment moins gênée de leur présence leur prêta une oreille.

« Bonjour madame, où pourrais-je trouver monsieur Zamerostra ? S’enquit Elowyn

- Le vieux Zam vous voulez-dire. C’est la quatrième maison sur votre droite. Il est vraiment très vieux, j’sais pas ce qu’vous lui voulez au vieux Zam, mais allez pas le fatiguer trop.

- Merci madame. Ne vous en faites pas, nous venons pour l’aider à sa demande justement.

- Ah, mais fallait le dire. Z’êtes-t-y pas des collègues de ce bon Hamellios par hasard ?

- Tout à fait. Il y a quelques années j’avais travaillé avec lui…

- Ah mais oui, j’vous r’met. Z’êtes la petite jeune fille qu’était son apprentie. Z’êtes devenue guérisseuse comme lui ?

- Non pas tout à fait, je m’occupe plus des âmes que des corps, mais j’essaye de soulager de leur peine ceux qui en ont besoin.

- Bah, j’vous retiens pas si vous avez rendez-vous avec le vieux Zam.

- Merci encore madame. Elowyn et ses compagnons s’éloignèrent en direction de la maison du vieux Zam.

- Qui est cet Hamellios ? demanda Zedicarius

- Un Clerc, plutôt âgé. Un sage, il est considéré comme un saint dans la région. Il passe sa vie à parcourir les villages pour apporter ses soins. Un soigneur itinérant en quelque sorte, se contentant d’un abri et d’un repas comme paiement. Mais ses patients lui sont fortement reconnaissant et trouvent d’autres façons de lui témoigner leur gratitude.»

Une petite maison sans prétention se dressait devant eux, celle du vieux Zam. Elowyn frappa doucement à la porte.
« Qui est là ? demanda une voix chevrotante derrière la porte.

- Bonjour monsieur Zamerostra, nous venons de la part des Emissaires d’Aion, pour un service que vous avez demandé.

- Qui ça ? Ah oui les amis d’Hamellios. Je vous en pris entrez. »

Elowyn poussa la porte qui donnait sur une pièce large, qui semblait être quasiment la seule pièce de l’habitation. Elle remarqua tout de suite le vieil homme dans un fauteuil, mais aussi l’ombre d’un homme non loin derrière lui.

« C’est toi qu’ils ont envoyé alors. Dit la voix neutre de l’ombre derrière le vieux Zam.

- Oui Eïjy… Elowyn avait reconnu la voix qui lui avait souhaité la bienvenue à sa façon. Mais l’émotion lui coupa la parole avant qu’elle ait pu reprendre son souffle et la parole

- Et qui sont tes amis ?

- Des hommes de confiance, mais l’histoire risquerait d’être longue à raconter.

- Pourquoi toi ?

- Je ne sais pas. Ils ont pris la peine de m’envoyer un message pour cette mission. Ils semblaient tenir à ce que je m’occupe de cela.

- C’est Hamellios qui a dû demander à ce que ce soit toi. Il a toujours un petit côté nostalgique.

- Où est-il d’ailleurs ?

- Il sera là demain. Nous nous occuperons de l’affaire en sa présence. La chose me semble particulière et mérite quelques précautions.

- C'est-à-dire ?

- Une espèce de coffre magique.

- Justement ils m’ont remis une clé.

- A condition qu’elle convienne il faudrait s’assurer aussi que ce coffre n’explosera pas à son contact.

- Quoi ?

- Vieux Zam, interpella Eïjythorn.

- Oui ?

- Pouvez-vous poser la main sur ce coffre ?

- Bien sûr il est à moi. Le vieil homme posa sa main tranquillement.

- Maintenant que l’un de tes amis s’approche, mais doucement et tende la main vers le coffre. Zedicarius s’avança.

- On se connait je crois, déclara le mercenaire découvrant un peu mieux les traits de l’homme dans l’ombre.

- C’est possible

- Eïjythorn le Rôdeur. Le daeva qui connaît les Mau mieux qu’eux-mêmes, le protecteur de la grande forêt. Je suis Zedicarius…

- Zedicarius Zellendar, mercenaire de son état, reprit Eïjithorn. Et qu’est devenu ta bande de bras cassés mortelle ?

- Elle s’est disséminée, et elle a été en partie décimée quand nous avons cherché fortune à Pandémonium.

- Cela ne m’étonne pas. Les gens de la capitale sont plus dangereux que des Mau fanatiques. Certains tueraient leurs propres parents pour une once de pouvoir.

- Tu veux donc que j’approche ma main de ce cof… oufff, mais il est horriblement brûlant, j’ai failli y laisser ma paume. On croirait le feu d’une forge.

- Justement c’est pour cela que je parle de précaution. Hamellios en saura certainement plus sur le sujet et la manière de s’y prendre. Allons installez-vous, le vieux Zam est ravi de vous voir.

- Enchanté je me nomme Imrhaïl Thergill…

- Une famille noble et prétentieuse à ce que je me souviens, railla Eïjythorn un regard scrutateur vers le mage.

- C‘est bien la mienne, et l’on ne choisit pas toujours sa famille. »

Eïjythorn émit un petit rire de sympathie. Elowyn expliqua à Imrhaïl que cela pouvait être pris pour un « bienvenu l’ami ».
Ils s’installèrent donc et le vieux Zam, légèrement revigoré par cette convivialité en sa demeure vint à raconter l’histoire de son coffre, ou du moins ce qu’il en savait.

Ce coffre était transmis de génération en génération, mais il ne savait dire depuis quand. Plusieurs vies d’hommes en tous cas, mais l’origine de ce coffre s’était perdu dans les siècles sur Asmodae. Peut-être existait-il avant la déchirure du monde.
Cette transmission de l’objet était accompagnée d’un message oral, qui ne semblait pas avoir été altéré par le temps : ils en étaient les gardiens jusqu’à ce que le propriétaire revienne en prendre possession.
Néanmoins il ne pouvait pas expliquer pourquoi seuls les membres de la lignée pouvaient approcher le coffre sans générer ce système d’autodéfense de l’objet. Il savait reconnaître son propriétaire, ou du moins son gardien.

Le vieux Zam approchait de la fin de son existence et il n’avait jamais eut d’enfant, il demeurait le seule de la lignée, il ne savait pas à qui transmettre le coffre. Car il ne savait pas non plus comment se transmettait le pouvoir d’en être le gardien, en dehors du lien du sang.
Ne sachant comment faire cesser son tourment ni accomplir la seule véritable mission de son existence, transmettre la garde de ce coffre, quelque peu désespéré, il en fit part à Hamellios lors d’une de ses tournées dans le village.
Hamellios se révéla être pour Zam la personne appropriée, il l’écoutait et ne semblait pas surpris par la nature de ce coffre. Il lui avait même semblé reconnaître des inscriptions dessus et c’est alors qu’il avait parlé de contacter des collègues pour venir s’en occuper et assurer la relève du gardien. Il semblait être serein sur la possibilité de prendre possession du coffre sans le faire réagir.

Pendant que tout le monde dormait dans la petite maisonnée, Elowyn elle ne trouvait pas le sommeil. Depuis qu’elle avait pénétré dans l’habitation son esprit avait été interpellé par une présence. Au début elle avait cru que c’était les retrouvailles avec Eïjythorn. Mais elle perçut bien vite qu’il s’agissait d’autre chose. Le coffre l’appelait, l’attirait mentalement.
Elle s’approcha donc de celui-ci et en toute confiance avança la main vers lui. Aucune chaleur ne semblait s’en dégager. Elle le toucha, tout semblait normal, l’objet ne réagissait pas. Son trouble se mêla à la confiance. Comment pouvait-elle être la gardienne de ce coffre, elle n’avait certainement aucun lien de parenté avec le vieux Zam. Et pourquoi en aurait-elle été la propriétaire ?
Un moment elle pensa aller prendre la clé pour en avoir le cœur net. Mais elle se ravisa pour se fier à la prudence du rôdeur et attendre l’expérience et la sagesse du clerc. Pourtant elle en était certaine, le coffre, où ce qu’il y avait à l’intérieur, l’appelait.

Lorsque Hamellios arriva le lendemain, retrouvailles et présentations furent naturellement un préalable, mais rapidement on en vint au coffre.

« Hamellios, pendant que tout le monde dormait je me suis approchée du coffre et j’ai pu le toucher sans qu’il réagisse. As-tu une explication ?

- Tout à fait, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai demandé à ce que l’ordre t’envoie toi et personne d’autre.

- Et moi qui croyait…, mais Eïjythorn ne poursuivit pas. Au fond il était heureux de la présence d’Elowyn, simplement.

- Ce coffre renferme une magie puissante qui semble provenir d’un autre âge, émit Imrhaïl en connaisseur de la chose.

- Oui, reprit Hamellios. Divers symboles sont gravés sur ce coffre comme vous pouvez le constater. Celui des Emissaires d’Aion que tout le monde connait, ce qui nous donne un premier indice. Mais il y a cette autre marque plus discrète.

- Mais oui c’est… commença Elowyn après s’être penchée pour voir de plus près le symbole.

- Celui de ton pendentif, continua Eïjythorn.

- Et ce pendentif t’a été donné…, poursuivit Hamellios.

- Par Maître YU, car il voyait en moi une sorte de réincarnation ou de continuité de la conscience d’une femme qu’il avait connue autre fois, répondit Elowyn.

- Almissarah, Maîtressse-doyenne des Emissaires d’Aion, confirma Hamellios.

- Tu veux dire que ce coffre est le sien ? Demanda Elowyn.

- Le coffre et surtout son contenu, car c’est lui qui recèle toute cette magie, répondit Hamellios.

- Mais pourquoi les humains gardiens de ce coffre peuvent-ils le manipuler et personne d’autre, à part Elowyn ? Interrogea Imrhaïl.

- Je suppose qu’elle avait lié par un sort le sang du premier gardien, sachant que cet écho serait transmis par filiation du sang, répondit Hamellios.

- Vraiment puissant, s’émerveilla le mage.

- Mais vous êtes en train de dire qu’Elowyn serait la réincarnation de cette sorcière ? insinua Zedicarius.

- En quelque sorte. Elowyn n’est pas cette même personne mais elle possède dans son être l’héritage de la conscience d’Almissarah. La maîtresse-doyenne avait laissé une clé à Maître YU avant de partir. Cette même clé que t’ont confiée les Maîtres-doyens de Pandémonium. J’ai fait le rapprochement avec le coffre et les symboles. La surprise fut grande quand le vieux Zam me présenta son coffre. Maintenant à toi d’en prendre possession.

- Et que contient le coffre ? s’enquit Elowyn.

- Une surprise certainement, sourit en réponse Hamellios. N’aie crainte tu peux l’ouvrir sans danger, ajouta le clerc. »

Elowyn sentait son cœur battre. Il y avait bien quelque chose qui l’appelait dans ce coffre. Ou plutôt quelque chose qui appelait la mémoire de cette conscience d’une vie antérieure qui était en elle.
La clé tourna dans la serrure avec une facilité déconcertante. Le battant du coffre s’ouvrit doucement laissant une lumière irradiante filtrer par l’interstice qui grandissait. Une fois grand ouvert la pièce s’emplit d’une lumière éblouissante, comme pour fêter les retrouvailles avec sa propriétaire.

« Le Sceau d’Almissarah ! », déclara Hamellios.

Elowyn plongea la main dans la lumière pour sentir le contact doux d’une pierre finement polie. L’Aède sentait battre l’intérieur de la pierre comme si une vie reprenait son cours.

« Toi seule peut activer les pouvoirs de ce Sceau. Chaque Sceau est façonné lors la phase finale de la conception par son propriétaire qui y instille une part de soi, afin que le Sceau lui soit attaché et diffuse son pouvoir spirituel lorsqu’il est placé au cœur du temple de son propre Sanctuaire. » Expliqua le Clerc.

Elowyn était fascinée. Sans le comprendre vraiment elle avait la sensation de retrouver une part d’elle-même. Tel le début d’une quête spirituelle, elle sentait qu’à travers cette pierre son âme s’engageait sur la voie de l’harmonie et de l’équilibre qui conduisent à l’illumination. L’intuition que la voix d’Aion était toujours accessible, même après mille ans de silence.

Le groupe resta quelques jours au village. Elowyn et Eïjythorn s’en éloignèrent pour retrouver la forêt tous les deux et partager un moment d’intimité rare. Zedicarius et Imrhaïl s’entretinrent avec Hamellios, et louèrent à leur tour la sagesse du clerc et son humilité dans la tâche perpétuelle qu’il s’était assigné en tant que soigneur itinérant.

Puis Eïjythorn repartit seul dans sa grande forêt. Ils prirent tous congé du vieux Zam, Elowyn emportant le coffre avec elle, au grand soulagement du vieil homme heureux d’avoir accompli sa mission et celle de ses ancêtres.
Hamellios accompagna le trio pendant un bout de route puis continua sa tournée, alors que les trois autres bifurquèrent vers la région aride qui les mènerait aux portes du désert où se trouvait le but de ce voyage, qui ne serait qu’une étape comme Elowyn le pressentait déjà, le Sanctuaire de maître YU.
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MessageSujet: Re: Ephémère Eternité   Dim 28 Mar 2010 - 15:51

Chapitre 7 - La Promesse
_______ - iv - _______


La Camarilla Draconis

Elowyn, Zedicarius et Imrhaïl arrivèrent au sanctuaire de maître YU. Ils furent reçus par la petite cohorte habituelle d’enfants qui virevoltèrent autour de l’aède. Zedicarius se sentait mal à l’aise entouré par toute cette jeunesse trépidante. Imrhaïl s’y sentait plus à l’aise, même si la moyenne d’âge de l’attroupement était singulièrement plus jeune que celle des effectifs de son université.

Ewenlëa émergea sur le seuil du dispensaire, où se trouvait certainement Goderick toujours convalescent. Elle aperçut sa fille bien entourée et un sourire s’esquissa sur son visage. Son sourire s’élargit lorsqu’elle reconnu que l’un des inconnus accompagnant sa fille n’était autre qu’Imrhaïl, le père naturel de celle-ci.

Lorsqu’Elowyn vit sa mère qui les observait, elle se retourna vers Imrhaïl et vit le regard un peu gêné du mage. Il semblait maintenant douter de l’intérêt de sa présence dans les lieux. Elowyn lui prit la main et l’entraîna à sa suite à la rencontre de sa mère. Zedicarius les suivit de près échappant à la nuée d’enfants trop incontrôlable à son goût.

Ewenlëa embrassa tendrement sa fille, salua Zedicarius, puis marqua une pause en se tournant vers Imrhaïl qu’elle scrutait comme un être longtemps attendu et dont on doute de la réelle présence. Puis elle l’enlaça amicalement et murmura « Enfin te voilà, tu nous as tellement manqué ».
Hésitant Imrhaïl referma doucement ses bras autour de la femme qu’il avait aimé par deux fois pour l’amour de son meilleur ami, son cousin, son frère dans l’âme.
Ewenlëa prit à son tour le mage par la main et le conduisit auprès de Goderick qui dormait apparemment paisiblement. Elowyn avait peut-être espéré que la simple présence de l’homme que réclamait son père dans ses somnolences guérirait ce dernier instantanément. Rien de la sorte ne se produisit.

Pourtant lorsque Goderick s’éveilla et posa ses yeux sur son ami, son regard changea, comme si sa conscience se matérialisait de nouveau dans la réalité. Il prononça le nom de son cousin. Elowyn espérait des progrès plus rapides car elle savait devoir repartir très bientôt.

Elle s’était entretenu avec son maître au sujet du Sceau d’Almissarah, et il lui confirma les dires d’Hamellios en les précisant de petites connaissances personnelles au sujet de l’antique sorcière qui fut et demeurait la femme de sa vie.
Maître YU évoqua sur le ton du secret et du mystère la possible existence d’une Promesse, héritage des Seigneurs Empyréens du Temps et de l’Espace, Siel et Israphel, dont Almissarah aurait eut la garde peu de temps avant la destruction de la Tour et la disparition des Seigneurs Empyréens, ainsi que d’Almissarah et d’autres daevas, dont les sacrifices permirent de préserver Atréïa d’une destruction totale.
Il n’avait pourtant aucune autre information sur le sujet, mais c’était la dernière pensée qu’il avait perçue de la conscience de sa bien-aimée. Il avait fait un passage dans les lieux du Sanctuaire de la Maîtresse-doyenne, après le grand cataclysme, mais il n’avait rien trouvé qui ait interpelé ses sens ou son esprit.
Il se devait d’en informer Elowyn avant qu’elle ne se rende, au plus tôt, vers le Sanctuaire du nid d’aigle, qui fut celui d’Almissarah et où son Sceau devait être remis en place.

Car Elowyn avait compris que la découverte de ce Sceau était la révélation de sa destinée, tout autant que le chemin à suivre dans sa quête spirituelle. Son maître l’avait ordonnée officieusement Maîtresse-doyenne du Sanctuaire de la montagne. Cette ordination serait transmise et officialisée à Pandémonium comme une formalité, car elle émanait du fondateur de l’ordre lui-même. Tout la conduisait sur la route vers cette région peu connue et reculée, pour ne pas dire oubliée, où elle pressentait que la mission de sa vie attendait de lui être révélée. Le Sceau semblait lui transmettre l’écho d’une présence lointaine qui attirait irrésistiblement son âme.

Alors qu’Elowyn faisait ses adieux, elle ne savait si elle reverrait ses amis et sa famille, sur le point de s’engager hors du Sanctuaire vers le désert, une voix qu’elle n’avait pas entendue depuis des années l’interpella. Son père s’avançait vers elle. Ce père qu’elle avait tant aimé et idéalisé, était de retour parmi eux.
La joie se lisait sur tous les visages. Seul manquait celui de son frère Elrohir. Le reverrait-elle un jour ? La présence d’Imrhaïl avait donc bien eut l’effet escompté. Goderick avait retrouvé le fil de sa conscience en retrouvant ses premiers souvenirs avec son cousin.
Le père souhaita bon courage à sa fille dans l’accomplissement de son destin, et exprima sa fierté. Il l’avait quitté jeune fille n’ayant pas encore connu l’éveil de son état de daeva, et il la voyait maintenant comme une immortelle en pleine possession de son art d’aède.

C’est emplie de toutes ses émotions positives qu’Elowyn s’engagea en compagnie de Zedicarius sur une route inconnue qui devait la mener au sommet d’une montagne.
Ils marchèrent plusieurs jours, tâtonnant quelque peu sur la direction à suivre. Les informations qu’ils glanaient sur la route étaient souvent vagues et peu exploitables. Ils avaient pour eux les cartes de Emissaires d’avant le déchirement du monde et les indications de maître YU. Par ailleurs une intuition, peut-être les pulsations de la pierre, aidait l’aède à choisir son chemin.

Enfin ils virent la montagne qu’ils cherchaient. Ils pénétrèrent dans la vallée qui devait les conduire au pied de l’ascension. Les villageois leur offrirent l’hospitalité, mais ils ne restèrent que le temps de manger et de dormir quelques heures, remerciant vivement ses honorables personnes de leur accueil.

L’ascension fut longue et difficile. Elowyn ne s’essayant pas au vol, les courants paraissaient trop capricieux, pour tenter sa chance. Il faudrait certainement apprendre à les connaître pour les apprivoiser et voler sans risque.

La bâtisse ressemblait à une ancienne place forte abandonnée. La porte principale était ouverte. Pourtant des moines plutôt douteux dans leur apparence vivaient encore là, avec quelques personnes pour gérer leur intendance. Ses moines semblaient être sous l’emprise de stupéfiants, et n’aurait pas manifesté plus d’intérêt à des visiteurs fussent-ils Elyséens.

C’est dans une quasi-indifférence que l’Aède se rendit au temple. Ou du moins ce qui fut autrefois le lieu où l’on rendait hommage à Aion, créateur d’Atréïa. Le bâtiment qui avait certainement connu une apparence plus attirante aux temps anciens, semblait avoir été sorti d’un bain de boue.
A l’intérieur, les fresques retraçant l’histoire d’Atréïa avant le grand cataclysme étaient envahies de moisissures. Les murs et les colonnes du temple étaient souillés d’inscriptions cabalistiques, l’autel était fendu en deux, pour un peu Elowyn se serait cru dans un lieu de culte Mau où l’on invoquait les Balaurs des Abysses.
L’aède savait qu’elle devait reprendre possession des lieux et chasser les profanateurs impies, pseudo invocateur de démons. Pour cela il lui faudrait trouver de l’aide. Mais pour l’heure le Sceau semblait s’agiter dans son coffre. Elle sortit la pierre irradiante de son écrin et la leva au dessus d’elle. La lumière de celle-ci mis en valeur une série de dalle dans un coin du temple sur lesquelles apparaissaient des inscriptions qu’elle reconnut comme des références aux Emissaires d’Aion. Avec l’aide de Zedicarius elle trouva des dalles plus mobiles que les autres. Ils déplacèrent ce jeu de dalles afin de reconstituer simplement le symbole des Emissaires.

Une fois placée, un bruit sourd se fit entendre dans un renfoncement au fond du temple, et ils découvrirent un passage qui menait sous le temple. Elowyn s’engagea la première. Le Sceau vibrait intensément, les pulsations se faisaient frénétiques. L’aède constata que le passage ne menait pas loin et était une alcôve ou se trouvait un petit autel enchâssé dans la roche. Elle y déposa le Sceau dont la forme épousa parfaitement celle du socle. En un instant ils semblèrent se fondre l’un dans l’autre.
L’esprit d’Elowyn résonna alors d’une mélodie divine. Le temple sembla s’emplir d’une aura de bienfaisance chassant le vide spirituel des lieux. Le temple retrouvait sa vocation de centre spirituel et amplifiait l’aura du Sceau pour la propager à travers le Sanctuaire.

Néanmoins Elowyn se sentait bien seule avec Zedicarius pour tenter de rependre des droits sur l’édifice. A défaut d’hospitalité, les deux compères s’invitèrent eux-mêmes dans ces lieux lugubres qui retrouvaient imperceptiblement une âme, à défaut d’une propreté qui aurait été la bienvenue.
Ils tentèrent de dormir, mais même en essayant de se relayer car ils n’avaient aucune confiance dans cette communauté de moines invocateurs, aucun des deux ne trouva le sommeil pour se reposer. D’autant plus qu’Elowyn percevait toujours cette mélodie qui s’était installée dans son esprit lorsque le Sceau avait réactivé l’aura du temple.

Ils se glissèrent furtivement à la faveur de l’ombre à l’intérieur du temple. Ils s’engagèrent dans le passage sous-terrain et l’observèrent plus en détail. Elowyn exerça sa concentration et son oreille absolue dans l’apparent silence. A l’écoute de l’écho sur la roche l’aède distingua qu’une autre cavité ou peut-être bien un tunnel se trouvait de l’autre côté de la paroi au fond l’alcôve. Dans ce moment de concentration la mélodie se fit plus précise en Elowyn. Par instinct musical l’aède répéta la mélodie par sa propre voix.
La paroi sembla alors glisser dans un silence énigmatique pour laisser voir l’entrée d’un tunnel dont le prolongement se dirigeait vers le piton rocheux surplombant le sanctuaire.

Suivant son intuition, Elowyn proposa à Zedicarius de l’attendre ici dans l’alcôve, pour faire le guet notamment. La mélodie l’appelait elle et pas Zedicarius… pas encore.
L’aède s’engagea dans le tunnel. Il s’avéra rapidement que celui-ci proposa différentes bifurcations. Le tunnel se transformait en labyrinthe.
Ne cédant pas à la complexité du chemin qui s’annonçait, Elowyn fit de nouveau confiance à la mélodie pour la guider. Et c’est les yeux fermés, aidée de son ouïe, qu’elle avança, lentement mais surement dans le dédale qui menait au cœur de la montagne. Elle perdit la notion du temps, et de l’espace. Elle dû franchir diverses salles, divers étages, et la mélodie se faisait plus intense. Elle se sentait enivrée par les notes d’une divine perfection qui résonnaient tel le chant d’Aion.

Enfin le chemin s’arrêtait devant une porte. Fermée. La source de la mélodie se trouvait juste derrière la cloison de ce dernier obstacle. Tout en elle était attisé par le désir de franchir le seuil clos, mais elle restait immobile, proche de cette plénitude des méditations intenses et profondes où elle avait eut l’occasion d’écouter les murmures d’Atréïa diffusés par la roche.

Soudain la porte s’ouvrit. Cérémonieusement Elowyn pénétra dans une salle octogonale Au centre trônait une magnifique harpe auréolée d’une lumière douce et soyeuse. « La Promesse », pensa Elowyn. Son regard ne pouvait se détacher de l’artefact. Son esprit se trouvait peu à peu pénétré par une conscience d’une incommensurable puissance. Elle ferma les yeux, ne cherchant pas à résister à cette intrusion bienfaisante.
Comme des flashs elle se revit prendre possession de cette harpe dans la tour d’Eternité. Elle dirigeait un convoi qui mena l’artefact jusqu’au Sanctuaire. Elle déposait la harpe sur son piédestal, s’inclinait et quittait la salle octogonale. Les flashs cessèrent.

A demi consciente, bercée par la présence divine de la Promesse, l’aède commença à regarder autour de l’artefact pour embrasser du regard le reste de la salle. A son grand étonnement elle vit qu’elle n’était pas seule. Quatre autres personnes, venues apparemment chacune par quatre autres entrées se tenaient à proximité de l’artéfact, toutes autant fascinées et hypnotisées qu’elle par la Promesse.
Dans un premier temps elle ne les reconnut pas. Puis l’une d’elle s’approcha, attirée comme un papillon de nuit vers une source lumineuse. Le visage d’Arya se trouva éclairé par l’aura de la Promesse. L’Elyséenne tendit la main et l’espace d’une seconde frôla l’une des cordes de la harpe. La réalité sembla trembler, comme soumise à un séisme localisé, tout se brouilla autour d’Elowyn.
Quand la réalité redevint claire, l’aède remarqua qu’Arya n’était plus là. Une asmodienne avait pris sa place et reculée de quelques pas. Elle comprit lorsque l’asmodienne releva son visage que la Promesse avait en fait transformé Arya. Un homme s’approcha d’Arya et elle reconnut Grey. Les amants étaient à nouveau réunis.
Elle se déplaça pour identifier les autres présents. Elle reconnut Valarian, lui aussi avait prit une apparence plus asmodienne, mais il ne semblait pas que ce fut à cause de la Promesse. Enfin la dernière personne lui était beaucoup moins familière, et pourtant son visage ne lui était pas étranger. Fouillant dans sa mémoire, elle revit se visage l’espace d’un moment parmi les Chasseur de Dragons Elyséens. Maelia était son prénom.

Les cinq exilés se rassemblèrent. La Promesse les libérait temporairement de son emprise hypnotique. Un peu hagards les uns les autres, ils mirent un temps à reprendre complètement la maîtrise de leurs esprit.
Ils échangèrent des regards et en peu de mots comprirent ce qu’ils devaient accomplir ensemble. Fonder une légion dévouée à la protection de la Promesse. La Camarilla Draconis était née, inspirée par la Promesse qui avait réuni les exilés.

Ils découvrirent des restes de partitions incomplètes aux côtés de la Promesse. Leur mission serait de rassembler ses partitions qui lui appartiennent, où qu’elles se trouvent en Atréia, ou même dans les Abysses.
Elowyn avait trouvé des amis pour reprendre possession du temple et du Sanctuaire qui deviendrait celui de la Camarilla Draconis, place forte au sommet d’une montagne.
Mais elle avait surtout trouvé en la Promesse la source de l’illumination, conduisant à la connaissance d’Aion, voie de l’équilibre et de l’harmonie.


Après quelques péripéties pour reprendre le sanctuaire aux moines cabalistes, puis le défendre face à une légion Elyséenne guidée par un fanatique à la poursuite de Grey et enfin l’arrivée de légions régulières de Pandémonium à la poursuite de ce même commando Elyséen, les exilés furent lavés de tous soupçons et ne devaient plus êtres inquiétés par les autorités de Pandémonium.

La Camarilla Draconis s’installa dans le Sanctuaire et bâtit patiemment les fondations de la légion, restaurant les bâtiments, renforçant l’enceinte et la sécurité des lieux, recrutant des gardes et des hommes dignes de confiance, ainsi que des daevas dont la fiabilité était éprouvée afin de s’assurer qu’ils resteraient fidèles à la légion. Les recherches érudites sur les partitions avançaient pour tenter de les localiser.
Mais ce que protégeait la Camarilla Draconis avait de quoi attiser les convoitises. La puissance que recélait la Promesse avait de quoi lever une armée pour s’en emparer. Les dangers et les ennemis qui guettaient la légion étaient partout.

Pour l’heure la Camarilla Draconis prenait son essor et Elowyn avait trouvé sa place en son sein. Auprès de la Promesse elle avait enfin trouvé sa raison d’être en Atréïa et œuvrerait à sa protection au nom d’Aion.
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MessageSujet: Re: Ephémère Eternité   Ven 30 Avr 2010 - 18:52

Epilogue


L’armée ennemie s’abattît sur le Sanctuaire de la Camarilla Draconis. Luttant pied à pied dans le seul but de protéger la Promesse, les chevaliers furent débordés par le nombre de daevas assaillants.

Trois des Gardiens des Secrets, Arya, Grey et Elowyn se trouvèrent acculés dans la salle de la Promesse. Sans avoir à prononcer aucune parole, ils savaient que leur sacrifice était inéluctable pour protéger la Promesse et tenter de l’éloigner des mains avides et incontrôlables qui tentaient de s’en emparer.

La Promesse guida ses protecteurs dans leur sacrifice. Elle avait besoin d’une âme, et une seule pour la guider à travers l’espace et le temps. Elle avait par ailleurs besoin d’une source d’énergie pour initier son voyage vers un nouveau lieu où reposer.
Naturellement Elowyn fut celle qui vouerait son âme à guider la Promesse dans le monde matériel, car les amants ne pouvaient être séparés. Leur union dans le sacrifice scellerait leur amour pour l’éternité.

La Promesse informa ses serviteurs, les Chevaliers de la Camarilla Draconis, par l’entremise du cristal qui les reliait à elle, de l’imminence du choc énergétique qui la propulserait ailleurs sur Atréïa.
Elowyn entra dans sa dernière méditation, celle où son esprit quitta son corps pour plonger dans la conscience éternelle de la Promesse. Son corps inerte reposait au pied de la harpe divine.
Grey et Arya s’enlacèrent tout proche de la Promesse. De leur dernière étreinte, éternelle et passionnée, une énergie colossale à la mesure de leur amour s’accumula, concentrant tout l’aether possible en eux.
Avant d’échanger leur dernier baiser, ils échangèrent quelques mots dans un murmure. Puis lorsque leurs lèvres se touchèrent l’énergie fut libérée. Une explosion phénoménale dévasta le cœur de la montagne, brisant son sommet. Son souffle réduisit en ruine le Sanctuaire.

Les survivants s’éparpillèrent aux quatre vents. Zedicarius recueillit le corps d’Elowyn, seul vestige intact à l’épicentre de l’explosion, où demeurait auparavant la Promesse. Les corps d’Arya et Grey avaient disparu dans la vague d’énergie qu’ils avaient générée. Le vieux mercenaire se rendit au Sanctuaire de maître YU qui saurait prendre soin de la dépouille de la jeune aède. Ephémère éternité que fut la sienne.

Les ennemis étaient vaincus
La Camarilla Draconis n’était plus
La Promesse de nouveau disparue
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Ephémère Eternité

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