Du passé au présent :
Plus je me regarde, plus le reflet que me renvoi la lame de mon épée me fait me remettre en cause. Pas moi seulement, mais tous ce en quoi j'ai cru et ce en quoi je crois encore.
Que nous reste il à part la guerre ?
Immorale, cruelle, elle elle ne fait pas de différence femme ou enfant, jeune ou vieillard, c'est du pareil au même, le sang est le même et il est toujours aussi rouge.
Aion dans sa bonté et sa grande mansuétude nous avais bénis et, pourtant nous avons tous ignorer son héritage, nous avons tous perdu, tous régresses...
D'autres sans doute aurait utilisé de belles phrases pour dire que nous avions évolué, que nous avons atteint un autre stade de l'évolution !
Avec la chute, ces derniers disaient que c'était une nouvelle ère qui commençait, une ère d'épreuve et de changement où notre foi serait notre bouclier contre le doute. C'était la ce que nous pensions lorsque les premiers d'entre nous ont vécus l'ascension, c'était ce que nous pensions après la chute...
Mais maintenant, ces épreuves ne sont plus les mêmes et beaucoup des premiers sont soit mort soit ont perdus la foi, moi je n'ai rien perdu, du moins pas encore.
Le constat est bien étrange, le meurtre, le pillage et bien d'autres choses que nous jugions immonde et ignoble font maintenant partie de notre quotidien à tous !
Avec le temps toutefois on en perd vite le gout et, bien avant tout, l'envie.
On en vient à respecter des choses plus anodines : L'homme qui se lève chaque jour aux aurore qui parcoure des lieues et met toutes sont énergies à aider son prochain ;
Ou encore la femme qui nourrit ses cinq enfants, les éduque et travail en même temps.
Ces gens-là eux savent ce que sont de vrais épreuves, mais nous dans notre arrogance nous l'avons oublié.
Nous nous sommes juste contenté de nous blottir dans notre immortalité illusoire, on s'est lentement détaché des autres par peur de souffrir.
Nous sommes bien contents de nous vautrer et de nous complaire dans l'idolâtrassions qui nous est portée, mais qui en même temps nous met à l'écart de la société humaine.
Mais malgré cela nous inspiront toujours autant et la peur et la crainte, tout ce qui se résumait au début comme la bénédiction d'un dieu bienveillant n'a fini qu'à tourner en une malédiction pour nos échecs futur !
Le peuple nous a demandé de le protéger, de le sauver et nous avons clamer que tel en serait le cas, que notre condition supérieure leur serait profitable. Mais la violence appelle la violence et, en protégeant notre peuple nous ne faisons que tuer ceux d'en face, nous attisons leur haine et leur rancoeur et c'est ainsi que nous sommes censés protéger notre peuple ?[/i]
*Je soupire*
Le temps n'est plus vraiment à la réflexion, j'entends déjà par delà les murs la clameur des spectateurs venus assister à la sanglante parodie de combat qui va suivre.
*Une rude bourrade sur l'épaule me tire de ma rêverie*
Seulement pour me faire remarquer sa présence et en gage d'une quelconque forme d'encouragement j'imagine, quoi qu'il en soit c'est suffisant pour que je remarque que l'homme en face de moi parle, à moi visiblement de surcroit. Engoncer comme je suis dans mon armure et sous mon heaume je n'entends rien, le silence avant la bataille, toutefois je lis sur ses lèvres :
"- Tu entends ? C'est ton nom qu'il scande, n'est-ce pas merveilleux ? C'est bon pour mes affaires, tu vas devenir célèbre et moi riche !"
Quel crétin, c'est ce genre d'homme la qui me fait regretter d'avoir les mains rougies par le sang des ennemis. Richesse et célébrité ? A quoi bon désirer quelque chose que l'on possède déjà ? Lui visiblement n'est au courant de rien quant à mon cas, ça ne m'étonne pas trop, c'est un imbécile cupide et un aigri de première. Depuis le temps et pour être en charge d'un tel endroit il doit déjà l'être et peut-être plus que moi, mais visiblement ça ne lui suffit pas. Son sourire avide déforme ses traits porcin et l'espace d'un instant, cet homme devient bien plus laid à mes yeux que mes ennemis, je serre la main sur la poignée de ma lame dans laquelle je me mirai un instant plus tôt, bien déterminée à m'en servir, mais je sais bien que je ne ferai rien.
Au fond c'est ça qui m'écœure le plus j'imagine, malgré le temps passé à les observer les humains sont restés les mêmes.
Marrant comme avec l'âge on devient facilement distrait, je n'ai pas vu le temps passé. Le raclement strident de la grille en fer forgé qui s'abaisse me rappelle à l'ordre. Je serre les dents :
-Et un jour de carnage inutile en plus...
Je m'élance alors dans la lumière épée au clair, aussi silencieuse que la mort.
Le fiel me monte à la bouche tant je suis écoeurée, les choses doivent changer et il n'est jamais trop tard pour cela...