
Aion RP Communauté Roleplay sur Aion - Serveur Urtem |
| | | Yshuan - Le Marionnettiste (BG pouvant être violent/gore) | |
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| Auteur | Message |
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Anithia Vigilant

Messages: 143 Date d'inscription: 14/02/2010
Feuille de personnage Race: Elyséen Classe: Clerc Légion: /
 | Sujet: Re: Yshuan - Le Marionnettiste (BG pouvant être violent/gore) Lun 8 Mar 2010 - 11:36 | |
| La boite à musique git sur le sol, ouverte et égrenant les dernières notes de sa mélodie, près d'un draps couvert... non, gorgé de sang. Un sang... noir. Les murs sont éclaboussés par le fluide sombre et le matelas est éventré en son centre. Le crin de cheval et les ressorts jaillissent comme le feraient la chaire et les côtes d'une bête mise à mort. Un hurlement de douleur brise le silence de la pièce et une main jaillit d'un côté du lit pour se crisper sur le sommier de bois. Un autre hurlement déchire l'air et se finit par un gémissement plaintif. Un craquement sinistre, un bruit de déchirement humide... un autre hurlement qui se succède en une série de halètements précipités. La main se crispe une dernière fois avant de retomber mollement sur le matelas. Tellement d'évènements se sont produits en seulement quelques heures que j'ai encore du mal à faire le point. Pourtant, une chose est sûre : tout ce qu'il s'est passé... tout ce que j'ai vécu... sont autant de tournants décisifs dans ma vie. J'ai rencontré tellement de personnes depuis que je suis revenu à la vie, en ce jour brûlant dans le désert d'Elten ! Mes premières pensées cohérentes, ce jour là, furent de découvrir qui j'étais. Qui était le nom d'Yshuan qui tournoyait dans ma tête comme un vieux refrain. Le monde qui s'ouvrait à moi n'avait rien à voir avec les brides éparses de ma mémoire. De sa mémoire... J'étais alors complètement perdu, tiré des Ténèbres par le battement puissant d'un Cœur. Et maintenant, où en suis-je rendu... ? Debout à la croisé de mon chemin, j'écoute la boite à musique perler le silence de ses notes à croches. J'apprends à connaître qui j'étais avant de sombrer dans les Ténèbres, je sais ce que je pourrais devenir... Mais qui suis-je exactement !? "L'Ombre morcelée de ce qu'Yshuan fut..." est le murmure que quelqu'un a prononcé. "Petit homme" furent les paroles d'une autre personne. "Tu n'es qu'un enfant..." Dit la voix grave d'un inconnu. "Yshuan !" est le cri d'un être aimé. Tout s'embrouille dans ma tête en un millier de fragments. Je veux être moi. Je ne veux pas être l'Ombre d'un humain, ni la Marionnette d'un Général avide. Je veux être une personne unique. Le chemin se divise devant moi : l'un mène à une pluie de sang et des ronces noires grouillantes, alors que l'autre est une pelouse blanche avec une pluie de fleurs bleue. Inspirant, je me tourne vers ce chemin de douceur... mais un jeune homme me prend doucement la main. Je plonge mon regard dans le sien, je me laisse tomber dans la chaleur de son regard et la douceur de son sourire. Un vent que je ne ressens pas soulève ses cheveux en une envolée soyeuse. Sa main est fraîche dans la mienne, la pression rassurante. - Non Yshuan... tu ne peux pas abandonner maintenant. Tu ne dois pas me laisser, toi qui est l'écho de ma vie. Me souriant toujours, il me traîne vers le chemin pavé de corps écorchés et de ronces noires. Ma respiration se bloque un instant, quand la peur me saisie. Un froid m'enveloppe et je sens le poids de la solitude m'étrangler. Mais le jeune homme continu de sourire et m'entraîne davantage encore sur ce chemin. Des larmes coulent le long de mes joues, mais je n'ai pas la force de résister. Non... Je ne serais plus moi si je prends ce chemin. Je vais disparaître ! Je serais déchiqueté par les deux âmes se disputant en moi ! Je ne suis que le corps, mais je veux être moi-même. Je veux me débarrasser d'eux et vivre ! Pourquoi je n'en ai pas le droit, pourquoi dois-je souffrir autant en leur nom ? - Shhhh... Yshuan, n'ait pas peur. Tu es Moi, tu es quelqu'un. Ce sont mes souvenirs que tu as... ce sont eux dont tu te souviens et pas ceux du Général. Ne t'inquiète pas, nous allons finir par gagner. Toi et moi pouvons le faire, Yshuan. Ne m'abandonne pas. Ta propre existence, née du conflit entre le Général et moi... n'aurait pas du exister, j'en suis sincèrement désolé. Mais tu dois être fort, Yshuan. Pour moi, pour Ysandre aussi ! Tu ne dois pas te laisser abattre. Nous sommes deux et nous pouvons vaincre le troisième. J'écarquille les yeux, affolé. Alors c'est bien ça !? Je suis le fruit de leur combat ? D'abord coquille sans vie, simple enveloppe contenant deux esprits... l'écho de leur présence à commencé à me faire naître... moi, Yshuan. Naissant dans le désert d'Elten, j'apprends de leur actes. Yshuan m'a guidé, il m'a réveillé en douceur pour se créer un allié face au Général. Il m'a donné un passé en m'offrant le sien, il me laisse désormais exister. Ils sont comme les deux parties de ma conscience : la bonne et la mauvaise. Ils vont m'influencer, me guider et me tromper. Yshuan mènera cependant le jeu, mais le Général et désespéré, avide... Cédant, je me laisse entraîner dans le Monde d'Yshuan. Il fait si froid, on se sent tellement seul. - Tu n'es plus tout seul. Regarde attentivement ! Il y a le Lion, la Poupée... l'Ange, le Sorcier et même la Louve. On t'aime, on te déteste... on a pitié de toi, on te méprise... tu dégoûtes comme tu attires. Quel que soit les sentiments qu'éprouvent toutes ses personnes, tu deviens petit à petit le centre de leur vie. Tu tailles ta place dans leur existence... tu brilles dans leurs yeux. Tu n'es pas tout seul. Je le regarde et il se contente de sourire. Son visage est tellement doux, si beau ! L'enserrant de mes mains, je grave chacun de ses traits dans mon esprit. Je veux lui ressembler... Je veux pouvoir sourire comme lui, avoir ses cheveux et sa beauté. Le Général m'a influencé lorsque je suis né des Ténèbres. Je ne veux plus être sous son emprise. Yshuan me sourit, repoussant mes mains et s'en va vers les arbres aux feuilles blanches. Derrière, IL est là. Yshuan va le combattre de toutes ses forces pour me permettre de changer. Me détournant des arbres, je retourne à Moi. A la réalité. Allongé sur le lit, j'ai la petite boite de musique de Zuri dans la main. Remontant le mécanisme, je laisse s'écouler la mélodie alors que... je chance. Mes os sont broyés, perçant ma peau. Mes muscles se déchires, mon sang gicle. La douleur me fait me cambre, le sang éclabousse les murs. Des ronces surgissent des Ombres pour me déchirer, me disloquer. Puis les ombres me recouvrent et je me reforme lentement. Je vais être... épuisé. Je ne pourrais pas faire grand chose pendant plusieurs jours, grappillant la moindre parcelle d'énergie pour équilibrer mon nouveau corps. Mais ça en vaut la peine. Oui... Je me demande, ce que pensera Zuri de mon nouveau corps !? Et mon Sorcier, voudra-t-il toujours de moi ? Ywain... verra-t-il davantage Yshuan en moi ou continuera-t-il à voir le Général ? Je me pose tellement de question... avant que l'inconscience ne me saisisse. |
|  | | Feanarod Nomade
Messages: 75 Date d'inscription: 02/03/2010 Age: 25
Feuille de personnage Race: Elyséen Classe: Sorcier Légion: legion du Ciel Blanc
 | Sujet: Re: Yshuan - Le Marionnettiste (BG pouvant être violent/gore) Lun 8 Mar 2010 - 12:47 | |
| quelque soit la forme que prendre Yshuan, le sombre Elendarian, ou desormais Feanarod, le reocnnaitrea toujours, le corps peut etre different, mais l'ame reste la même |
|  | | Zuri Vigilant

Messages: 136 Date d'inscription: 24/12/2009
 | Sujet: Re: Yshuan - Le Marionnettiste (BG pouvant être violent/gore) Lun 8 Mar 2010 - 16:47 | |
| Elle avait du troqué ses habits blancs pour ce bout d'armure violet, a peine de quoi masquer ses formes. Un tas de viande, c'est ce qu'elle représentait aux yeux de son maitre...Son maitre...Si elle le pouvait elle lui enfoncerait certainement un poignard dans le dos mais comment pourrait elle oser lui faire du mal ? C'était inconcevable dans l'esprit de la jeune femme. Elle le détestait, oui, mais pas assez pour vouloir sa mort. Il l'avait emmené dans une maison ou deux autres personnes vivaient, une bonne et l'autre magicien noir. Dans la compagne, elle pouvait voir les vignes depuis sa fenêtre. Il ne la traitait pas mal, il était courtois et aimable avec elle...Mais dans quel but ?
Elle se présenta face a Yshuan, les bras croisés pour vêtir un décolleté bien trop plongeant a son gout. Quoi qu'elle fasse, elle avait l'impression d'être nue dans si peu de vêtements. Hors de question de le montrer outre mesure a son "maitre". Ils discutèrent de choses et d'autres, il lui offrit un masque pour ses futurs méfaits...Il lui dit que ce masque changera sa voix, travestira son essence même. Elle l'accepta, quand elle serait libre, elle le donnerai aux Ars Magna pour qu'ils étudient cette magie. Même si elle avait imposé sa démission, Ishmael et Ywain restaient ses coéquipiers, ses frères d'arme, ses amis, ses parents. C'était son devoir envers eux de les aider. Elle écoute a peine son maitre, laissant ses lèvres prononcer quelques piques a son encontre quand il fini par la prendre par le poignet pour la retourner, la tirant de sa réflexion sur la façon de détourner le pacte.
Une flamme était apparu dans la chambre, Yshuan avait ordonné a ses ombres d'apparaitre. Lui aussi voyait que cette flamme ne léchait pas les murs appétissant de la maisonnée, mais qu'elle prenait forme humaine...Les formes d'un homme grand, costaud...barbu...Maeldron ?! Elle l'appele, surprise. Yshuan est placé devant elle...Pour la protéger ?
En effet, c'était Maeldron, il venait la sauver ? Il venait discuter avec son allié ? Aucune idée, mais elle savait que si ils étaient alliés, cet homme réclamerait beaucoup... Très vite, les mécanismes de son esprit se goupillent, mettent un plan en place au cas ou Maeldron soit un ennemi. Il lui demanderait certainement sa main et lui ordonnerait de divorcer d'avec Laynar...Ce qui lui ferait énormément de mal, bien assez pour la libérer de ce pacte. Son plan était si rapidement fabriqué ? Il ne restait plus qu'a écouté les deux hommes. Maeldron cherche en effet a sauvé Zuri... Ou en tout cas a se l'approprier, Yshuan oppose des résistances, puis vacille. Il tente même de trouver du réconfort auprès de l'aède, lui lançant des regards désespérés, sa main dégoutante enserrant doucement celle de la jeune femme. Maeldron veut la mort de Laynar, Yshuan veut Laynar, ils ne s'entendront jamais et le mage l'avait compris, il avait marchandé habilement : il avait prêter au Lion une réputation d'homme coureur de jupons et a force de ne plus voir Zuri, il finirait par s'en désintéresser et trouver d'autres conquêtes, elle lui devenait donc inutile et il valait mieux que Maeldron la garde pour lui. L'aède ne peut pas enfoncer le clou, elle ne peut pas nuire a son maitre, mais l'envie y est.
La discutions avancait et elle prenait un tour dangereux pour la jeune femme : Maeldron voulait posséder Zuri et tuer Laynar, a ce moment, elle intervint et d'une simple phrase, remis de l'ordre dans l'esprit de Maeldron : Elle s'était sacrifiée pour son fils et son mari. Le mage et l'aède infligèrent conjointement le coup de grâce lorsque le marionnettiste disait ne pas manipuler Laynar. Ils lui rappelèrent qu'en prenant son fils, puis sa femme, il ne faisait que cela.
L'abattement du jeune homme n'inspira ni amusement, ni vengeance en Zuri... Mais de la peine. Il venait d'accepter qu'elle reparte parmi les siens mais le pacte restait. Elle ressentit cette terrible solitude le happer, faite de la même trempe que celle qu'elle avait vécue tôt dans sa propre vie. Personne n'est la pour soi, personne pour parler...Pour comprendre... Ce monstre n'était en fait...Qu'un homme. Maeldron lui tendait la main pour partir mais avant cela, elle sortit de son cube une petite boite a musique qu'elle remonta et laissa sur la table, les notes s'égrenaient lentement alors que Zuri et Maeldron partaient.
Sanctum...Le soleil éblouissant, les arbres en fleurs, les gens... Elle n'avait jamais été si heureuse de retrouver tout cela ! Elle vit Gynji les observer et alla le serrer dans ses bras. Il lui avait manqué lui aussi ! Elle expliqua dans les grandes lignes ce qu'il venait de se passer, folle de joie. Elle allait pouvoir retrouver Laynar et leurs fils. Mais avant...
Maeldron ne cessait de lui renouveler des mots d'amour... Elle le repoussait toujours avec la douceur et la délicatesse qui lui était propre, mais l'homme ne semblait pas le comprendre... Il était temps d'être plus claire. Ils discutèrent, Maeldron lui répéta qu'il ne souhaitait que le malheur de Laynar parce qu'il l'avait frappé. Lui l'aimait de toute son âme et serait toujours la pour elle et son fils. Maeldron...Pourquoi rendre tout cela si compliqué... Avec toute la douceur du monde, elle lui fait comprendre qu'elle l'aime, qu'il a le droit a une deuxième chance, avec toute la conciliation du monde, elle lui fait comprendre que s'en prendre a lui, c'est s'en prendre a elle et a son fils et que Maeldron ne souhaite pas cela...Il semble le comprendre... Il l'accepte pour son amour... Elle le remercie et part comme une fusée dans les rues de Sanctum...
- Laynar, bébé, attendez moi.
Elle rencontra quelques personnes qui pleuraient. Ils osaient pleurer alors que le ciel étai si radieux ce jour la ? Rien ne devrait... BOUM ! Son front heurta un homme en armure. Elle se frotta la tête et regarda l'homme en question : Laynar...Son Laynar et leur enfant... Elle se jeta dans ses bras. Elle était avec eux...Tout était fini...Son esprit avait bien calculé une décision vicieuse de Yshuan mais tout était si loin...Elle était a nouveau avec eux... Ses larmes prirent le pas sur tout. Laynar, aussi surpris qu'heureux de retrouver sa femme, la ramena au bureau des Ars Magna.
Zuri expliqua a son homme tout ce qu'elle pouvait lui raconter, elle sentait son propre corps vibrer par les récents évènements. Laynar usa de toute la tendresse possible pour la calmer, la réconforter. Un tendre baiser...Un baiser fiévreux et bientôt elle s'offrit a lui sans aucune restriction, appréciant chaque caresse de son homme, les baisers étaient un régal qu'elle pensait perdu a jamais, leurs corps ondulaient a nouveau au rythme de leur passion...Elle qui pensait être perdue il y a moins d'une demi journée... Elle se retrouvait a nouveau dans les bras de celui qu'elle avait choisis, celui qu'elle aimait par dessus tout.
Leurs retrouvailles pleinement consommés, Laynar glissa a nouveau l'alliance qu'il lui avait offert la veille au doigt. Des mots doux...De tendres baisers... Le bureau se retrouva a nouveau otage de leur retrouvailles passionnés.
Ils s'habillèrent doucement et Zuri prit son fils dans ses bras le temps qu'ils retrouvent la chaleur d'une chambre. Elle embrassa doucement le front du bébé endormis et le déposa dans son berceau avant de retrouver les bras chauds de Laynar. Au petit matin, elle se jura d'aller voir son "maitre"... Il n'était pas mauvais, quelque chose pouvait être sauver, elle en était sûre, elle pouvait ressentir ce combat perpétuel en lui... Cette volonté de vivre et d'être reconnus... Il ne s'y prenait pas bien et elle devait au moins essayer de courber la volonté de son maitre, de modeler l'ombre qu'il était.
...Mais pour cela, elle devrait retourner le voir... |
|  | | Ywain Highspear Nomade

Messages: 66 Date d'inscription: 08/01/2010
Feuille de personnage Race: Elyséen Classe: Gladiateur Légion: Ars magna
 | Sujet: Re: Yshuan - Le Marionnettiste (BG pouvant être violent/gore) Mar 9 Mar 2010 - 11:02 | |
| Ywain parcourait lentement les rues de Sanctum avec la satisfaction d'une soirée productive. Le plan contre Yshuan se mettait doucement en place, même des citoyens jusqu'alors peu intéressés par l'affaire se découvraient du génie pour des tactiques visant à le faire sortir de sa retraite. Ses pas le menaient aux abords de la taverne, où à une heure pareille il ne fallait plus espérer rencontrer personne. Il rencontra pourtant Zuri, qui l'aborda avec un visage inhabituellement morne. D'ordinaire, la belle souriait comme le soleil. " Ywain...je...je suis libre. "
La situation aurait dû la combler de joie, pourtant il n'en était rien. Ywain s'inquiéta. " Zuri...que s'est il passé ? - Il...il a attaqué Laynar...il a rompu le Pacte - Comment va Laynar ? - Bien...il est épuisé...nous devons aller le voir. Vous vouliez le sauver vous aussi..."
L'expression d'ordinaire neutre du jeune homme s'assombrit légèrement. Il répondit néanmoins "Oui... - Alors venez. Il faut aller le trouver chez lui."
La silhouette blanche de Zuri s'éloignait déjà en direction des quais. Ywain fini par se décider. - Attendez moi. Je dois aller chercher quelque chose. J'en ai pour un instant.
Tournant les talons, il couru à pas longs et souples le long des rues de Sanctum en direction du bureau. La porte n'était pas fermée. Laynar n'avait toujours pas de clé. Encore un oubli qui pouvait coûter cher. A l'intérieur, le coffre anti-magie reposait, curieusement tentant. Repoussant ses scrupules, Ywain souleva le couvercle et en tira l'épée. L'ouvrage en était magnifique. La poignée, sculptée en tête d'oiseau, figurait un bec finement ouvragé. La garde prenait la forme d'ailes, stylisées, à la fois simples et merveilleusement travaillés. Sur la lame, les plumes de la queue se déroulaient et s'entrecroisaient en lignes courbes et complexes. L'ensemble représentait la croix d'Aion : un ange stylisé. Une épée admirable. Mais plus important encore, celle d'un porteur de la Foi. Celle de Lawener.
Après avoir déposé l'arme avec respect devant lui, Ywain se délesta de l'un de ses sabres pour le remplacer par la nouvelle lame. Timide et discrète, l'arme cherchait déjà à sonder son porteur, irradiant calme et sérénité. Le chevalier ignorait encore s'il en aurait l'usage. Il désapprouvait Zuri. Mais elle serait partie de toutes façons. Impossible de la laisser y aller seule. Le fer qui avait déjà tranché le fil d'Yshuan serait une garantie supplémentaire.
Dans la rue, il retrouva Zuri qui l'attendait, et la suivi jusqu'au portail de Verteron. Le chemin était simple jusqu'à la maison du marionnettiste, et la jeune femme était enfin en mesure d'en indiquer la route sans rompre le Pacte qui les unissait. Ywain se planta sur le seuil et sonda les environs. Etrangement, les ombres refluaient. Incertain il regarda Zuri, qui appela Yshuan, câline et maternelle. L'écho seul lui répondit, répercuté dans le couloir de l'entrée. " Je pense qu'il n'est déjà plus là. Les ombres sont loin... - Je dois quand même essayer. "
Baissant les yeux, Ywain voila un instant l'azur de son regard. Lorsqu'il les rouvrit, l'iris en était doré et changeant, légèrement luminescent. Autour de lui, l'éther s'était épaissit. Il passa devant le premier, une main posée sur la garde de l'épée de Lawener, contact rassurant, tandis que Zuri repoussait les ombres à la lumière de son bâton, invoquant la protection d'Azariel. La maison était déserte. A l'étage, des trainées de sang récentes, sans doute la blessure mortelle infligée par Laynar. Au rez de chaussé, quelques témoignages dérisoires d'un semblant de vie. Un bouquet de fleurs à demi fanées, la vaisselle non rangée encore déposée dans l'égouttoir. La poussière recouvrait le sol et les meubles. Le ménage n'avait pas été fait depuis quelques temps déjà.
Convaincu qu'Yshuan n'était plus là, Ywain laissa Zuri inspecter la cuisine tandis qu'il montait à l'étage. Dans la seconde chambre, les résidus d'éther d'un autre mage. Yshuan avait il eu un invité ? Les livres sur les étagères attirèrent son regard, lorsque la voix ténue de Zuri lui parvint d'en bas : "Le chien..."
Sans prendre le temps d'examiner le reste de la pièce, il sorti en hâte dans le couloir. Par la fenêtre, l'ombre d'un chien s'éloignait vers la forêt en boitant, vacillant à la lumière de la lune. Zuri s'élançait déjà à sa suite. Avec un sombre pressentiment, Ywain dévala l'escalier. Dehors, Zuri se rapprochait déjà des grandes ombres jetées par les arbres. Le chien lui n'était plus visible. Le jeune homme pressa le pas, ses longues foulées étrangement silencieuses malgré la lourde armure. Sous sa main crispée, la poignée de l'épée se faisait accueillante. Lorsqu'il parvint en bordure de forêt, il l'avait perdue de vue.
Les ombres des arbres se croisaient, mouvantes et hostiles. Tournant comme un fauve qui cherche une faille aux barreaux de sa prison, Ywain chercha le passage le long des arbres. Il perdait du temps. Un instant, il cru voir une ombre plus profonde où il s'engagea, mais le chemin se perdit de nouveau, et les arbres se refermèrent sur lui. Ses yeux flamboyaient. Sous sa main, l'épée s'impatientait, avide de faire ses preuves. En silence il la tira du fourreau et s'agenouilla en la plantant au sol, les deux mains sur la garde. Son esprit se vida tandis que la prière s'élevait vers les frondaisons. Vers Aion. Lumière fugace, quelque chose répondit, qui sortit Ywain de ses dévotions. Entre les arbres, la silhouette flamboyante d'un pluma de feu apparaissait et disparaissait, incertaine, chassant les ombres, montrant le chemin. Le visage figé dans une expression de juste fureur, avec aux yeux, une lueur sombre et impitoyable, Ywain se releva et suivi l'oiseau. Sur ses lèvres, le nom flotta, comme un remerciement. "Lawener..."
Le chemin fut court. Zuri avait été si proche, et pourtant si loin. Trois ombres l'entouraient. Son armure était déchirée aux bras, l'une de ses jambes avait été atrocement mutilée. Ywain s'élança, tandis que l'épée éclatait de triomphe dans son esprit, attisant la juste colère, renforçant son âme et sa foi. (vidéo à regarder juste pour le combat)
Deux ombres le virent et se retournèrent sur lui, avides. La première se dissipa avant même que l'épée de la touche, soufflée par la Lumière. Les yeux d'Ywain flamboyèrent tandis qu'il déviait la seconde. Au loin, Zuri restait aux prises avec la troisième, affaiblie et blessée. L'ombre barrait la route, et Ywain porta un nouveau coup . Précipitation ou malchance, le fauve sombre esquiva et tourna sur lui même en gardant le chevalier à l'oeil. La silhouette blanche de Zuri dansait à la limite de sa vision. Soudain, il sembla à Ywain que le temps se ralentissait, qu'il pouvait encore la sauver, tandis que la bête, ramassée sur elle même, grondait et sautait à la gorge de la jeune femme. Les crocs acérés passèrent au travers de la peau. Retombant sur sa proie, la chose secoua la tête et arracha une partie de la trachée avec une satisfaction morbide.
L'épée d'Ywain s'abattit sur la seconde ombre, tranchante comme les rayons du soleil. Sans plus s'occuper de la chose qui s'étherait doucement dans son dos, il marcha vers la meurtrière à pas lents. Il avait connu trop de batailles pour espérer trouver Zuri encore vivante après un coup pareil. Fixant la bête d'un regard ardent, il leva l'épée devant lui en une parodie de salut puis parcouru l'espace qui les séparait en quelques enjambées rapides avant de l'empaler sur sa lame. Un instant, il resta immobile, le regard vide. Sur son visage, la calme impassibilité du Jugement ne laissait nulle place au sentiment, et il fallu plusieurs secondes avant que l'or de ses iris se fonde en un azur clair. Enfin, il remis sa lame au fourreau et s'agenouilla près de Zuri, l'attirant dans ses bras sans se soucier du sang qui inondait ses gants et son armure.
Le devoir se partageait en deux. Il brûlait de partir à la poursuite d'Yshuan. Affaibli par l'attaque, il ne pouvait être loin de ses ombres. Le temps pour Zuri était cependant compté. S'il est possible de rattacher l'âme d'un daeva à son corps, la chose devenait complexe une fois qu'elle s'était apaisée dans les courant d'éther. Avec d'infinies précautions il enleva Zuri dans ses bras et marcha jusqu'au village le plus proche sans s'accorder de repos. Mais déposer le corps inerte près de l'obélisque du village n'eut aucun effet. Jetant un voile de logique sur son inquiétude, Ywain souleva de nouveau la jeune femme pour l'emmener dans le temple, où plusieurs prêtres médusés les regardèrent entrer.
Les prêtres s'activèrent, tandis que le jeune homme s'écartait pour aller s'appuyer contre un mur. Sous sa main, l'épée de Lawener semblait satisfaite. Le lien était scellé, la lame et le chevalier, si semblables s'étaient bien trouvés. Craignant un nouveau tour d'Yshuan, Ywain ne quittait pas Zuri des yeux, se demandant s'il saurait faire la différence entre la jeune femme et...autre chose... L'arc-en-ciel des sorts et des prières fini par cesser. Le corps était réparé,mais de l'âme de Zuri, nulle trace. Les prêtres regardèrent Ywain. "Son éther se disperse..."
Le jeune homme vint alors s'agenouiller devant l'aède. Dans le silence feutré, il déploya ses ailes, puis se pencha sur les lèvres tendres où il posa un baiser. Le hoquet de surprise de plusieurs prêtres accueilli son geste. Ywain gardait les yeux résolument fermés, concentré sur sa tâche. Il devait transférer de l'éther à Zuri, suffisamment pour l'équilibrer, le temps de la ramener.
Rien.
Se redressant, il posa une main sur la joue de pêche, et murmura "Zuri...pour revenir vous devez le vouloir..." Le silence devint oppressant. A l'oreille de la belle, il fini par murmurer "Sur mon honneur, si le sacrifice de leur serviteur peut satisfaire Aion et Azariel, je partagerai ma vie avec celle qui doit chérir son époux et élever son enfant." Tandis qu'il fermait les yeux et enroulait l'éther autour de lui, la conscience de faire une erreur tomba dans son esprit comme une chape de plomb. Quelque chose refusait son acte. Les pensées défilaient dans l'esprit d'Ywain, glacées et ordonnées. Il existait de nombreux moyens de ramener un daeva à la vie. Doucement, il bougea Zuri entre ses bras, et l'observa. Il trouva bientôt ce qu'il cherchait. Un fil ténu d'éther, plus long que les autres qui s'échappaient du corps. Avec précautions, il le suivi du bout de la pensée. Et son visage se ferma encore. Le fil était rompu.
Reposant la jeune femme sur le sol de la chapelle, il se releva sous les yeux des prêtres, et tira une miséricorde acérée de sa botte. Le devoir était clair, et il devait suivre sa voie, où qu'elle mène. Les prêtres se jetèrent sur lui en grappes pour l'empêcher de commettre ce qu'ils prenaient pour un acte de folie, dicté par la peine. Immobilisé de toutes parts, Ywain lâcha l'arme qui tinta sur le sol en signe de bonne foi.
" Qu'on jette ce fou en prison !, dirent les prêtres. Ou il risque d'attenter encore à sa vie." Calme, Ywain les écouta avec patience. Comment pouvait-il reprocher à ces bonnes âmes d'accomplir leur devoir, au détriment du sien. Doucement, il fini par répondre : " Je suis Ywain Highspear, des Ars Magna. La loi martiale est déclarée sur tout Elysea. Je me constituerai prisonnier à un supérieur, mais en attendant je suis l'autorité ici. Je ne souhaite pas apporter la violence en ce lieu. Aussi je vous prie de me laisser accomplir ce que ma conscience me dicte." Le remous des prêtres s'intensifia, des murmures s'élevèrent, puis l'un d'eux exprima ce que tous pensaient "Comme si un héros de la capitale allait venir se perdre dans ce village."
Ywain baissa les yeux, puis murmura de nouveau, son visage exprimant le calme d'une mer avant la tempête. "Cette daeva n'est pas encore rendue à Aion. Si vous n'avez pas de meilleure idée pour détourner le cours de son destin, je vous prie de me laisser agir. - Elle est morte, vous devez étouffer le chagrin et chercher la sublimation dans la Foi, au lieu de nier l'évidence."
On le prenait pour un fou, pour un homme terrassé par le chagrin. Alors qu'il se préparait à les forcer à le laisser accomplir son devoir quoi qu'il en coûte, l'un d'eux le pris en pitié. " Nous allons envoyer chercher un grand prêtre à la forteresse. Il faudra plusieurs dizaines de minutes. Quant à vous, vous serez remis à la garde. "
Se résignant à l'attente, Ywain regarda Zuri pour la dernière fois. Il était trop tard pour songer à aller chercher son âme. Les mains liées dans le dos, il se tenait au centre du temple, droit et strict, et attendit l'arrivée de celui qui désormais pouvait seul la sauver.
Mais Zuri était déjà trop loin. Et comme étrangement magnifié par l'étreinte de la mort, son corps demeura inerte |
|  | | Laynar Fidèle

Messages: 358 Date d'inscription: 27/10/2009 Age: 29 Localisation: Paris
 | Sujet: Re: Yshuan - Le Marionnettiste (BG pouvant être violent/gore) Mar 9 Mar 2010 - 15:08 | |
| "Ne le tue pas... Laisse moi deux jours, tu me l'a promi...je peux le sauver." Des erreurs il en avait commise beaucoup dans sa vie. Il n'était pas parfait. Le monde croulait de gens parfaits et infaillibles... lui essayait juste de faire de son mieux dans des combats perdus d'avance.
...Laynar esquiva la main du jeune homme qui tentait de lui voiler les yeux et envoya son coude a la rencontre du visage de ce dernier. Dans un craquement sonnore celui ci tomba à la renverse et le capitaine fit une embardée sur le coté pour le doubler et charger contre le général. il serrait dans sa main les poignet de son arme à s'en faire blanchir les jointure. Face a lui l'ombre était colossale et il se trouvait mué d'une crainte indissible qu'il sentait poindre du fond de ses entrailles pour se répendre en vagues tout autour de lui. Au loin l'arbre blanc mugsissait sa longue plainte et le sang... Il tombait pareil a la pluit sans jamais toucher le sol donnant au décord tout son aspect apocalyptique. Le genéral n'était plus qu'à un pas de lui lorsqu'il envoya sa lame au travers du corps de l'ombre. C'était un combat inégal... Ici dans le cauchemard d'Yshuan, il n'avait aucune emprise. Au moins avait il plié la force des chose pour garder son arme et celle ci piqua d'estoc pour s'enfoncer dans l'estomac du jeune homme. Laynar pesta, en retirant le fer noircie par le sang. L'adolescent se plia en deux vomissant ce qui lui restait de noirceur. Ou était le général ? Clignant des yeux il se tourn...trop tard sa langue brulante tentait déjà d'e lacher de son contact brulant la joue du capitaine. "Fuit, fit le gamin. Pense à elle...rejoint là. Réveille toi." Il n'y avait peut etre pas d'autre solution certes. Le général était invincible ici et avoir engagé le combat était déjà en soit un acte stupide. Des erreurs il en avait fait beaucoup tout au long de sa vie... Il partirait mais pas sans une chose capitale. Au loin l'arbre blanc poursuivait sa longue plainte ets'ecartant vivement, Laynar risqua un coup d'oeuil vers le général. Celui ci se dirigeait déjà vers l'adolescant pour l'achever. Sans attendre le capitaine s'élanca vers l'objet de son désir. Emporter quelque chose...une réponse. Cinq metres... Démon et gamin tournèrent leur visage de consert vers lui. Trois mètres... Le démon posait victorieux son pieds contre le jeune homme pour l'ecraser. Un metre... Laynar fit tourner la lame dans sa main et, sautant de toute ses force s'éleva pour arracher une des feuilles blanche de l'arbre. Le demon compris trop tard l'intention du capitaine et chargea vers celui-ci. Laynar ferma les yeux avec dans sa main une feuille de papier blanc sur laquelle apparaissait les premieres inscriptions. Le général était presque sur lui lorsque le monde vacilla...
Il se réveilla dans leur chambre serrant avec en sa possession, l'une des supplique de Lawemer. Aupres de lui se trouvait son epouse et non loin...Yshuan. Il était là, blessé pret à être achevé. Tout pourrait enfin se terminer là... Ils pourraient enfin vivre en paix et se consacrer à leur famille. "Ne le tue pas... Laisse moi deux jours, tu me l'a promi...je peux le sauver." Une promesse était une promesse et sa femme semblait tellement y tenir... Ywain aussi. Il laissa ce soir la Yshuan repartir ainsi que sa femme afin qu'elle accomplisse ce qui semblait si important à son coeur d'Aède... Des erreurs il en avait commis beaucoup dans sa vie....peut etre celle ci fut-elle la plus terrible.
(désolé pour les fautes non corrigées, je rectifierai ca plus tard mais là j'ai un peu cà au boulot et à l'arrache ^^) |
|  | | Anithia Vigilant

Messages: 143 Date d'inscription: 14/02/2010
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 | Sujet: Re: Yshuan - Le Marionnettiste (BG pouvant être violent/gore) Mar 9 Mar 2010 - 19:06 | |
| Comment... ai-je pu me retrouver ainsi ? Qu'est-ce qui c'est passé ? Zuri... Pourquoi m'as-tu fais ça !? J'ai tellement froid. Ma vision se brouille, j'ai du mal à respirer alors que ma gorge se remplit d'un sang que je ne cesse de vomir. Chancelant, mes jambes cèdent enfin, ne pouvant pas me porter une seconde de plus. A genoux, les mains crispée sur la plaie béante de mon ventre, je me recroqueville sur moi-même en pleurant. Mon front frôle le sol de poussière grise et je lâche mon premier sanglot. Fermant les yeux, je murmure le prénom de ma belle Poupée, mais personne ne me répond. Zuri, où es-tu ? Pourquoi n'es-tu pas là pour me prendre dans tes bras ? Zuri... je me sens tellement triste. Prend moi dans tes bras, réconforte moi. Zuri.. s'il te plait ! Me redressant, je regarde par dessus mon épaule, mais personne ne se tient près de moi. Zuri ?
Pourquoi... Ma conscience vacille, les ténèbres rongent ma vision. Les murmures de milliers de voix remplissent ma tête de suppliques et de gémissements. Le vent froid cingle mon corps blessé, faisant rouler des billes de sang noir dans la poussière. Pourquoi... m'as-tu fais ça !? Tu disais vouloir m'apporter un livre. Tu me disais vouloir revenir pour me faire encore à manger et m'apprendre tellement de choses. Alors pourquoi est-ce que je me retrouve encore seul ? Zuri, j'ai tellement froid. Je ferme les yeux et je me relève laborieusement. Mon corps hurle de douleur et je lui fais écho dans le silence bruissant des Ombres. Ouvrant une brèche, je me retrouve dans ma villa au sud de Verteron et je m'écroule dans mon pauvre lit déjà détruit. Zuri, tu m'accuses d'avoir fait souffrir ton époux, mais je me suis battu pour lui. Les yeux mi-clos, je vois entre mes larmes la petite boite à musique. D'une main tremblante, je cherche à la saisir... seulement, le sang humide couvrant mes doigts la fait glisser et tomber sèchement au sol. Allongé sur le ventre, je finis par fermer les yeux. Zuri, je te jure de l'avoir protégé. Pourquoi a-t-il menti ? Pourquoi a-t-il dis que je l'avais attaqué ? Oooh... je ne voulais pas vous faire de mal. J'avais juste... tellement peur.
Après la visite de cet étrange sorcier je suis aussitôt venu vous voir. J'avais peur pour vous trois... je ne voulais pas qu'il fasse de mal à Laynar. Mon Lion... Quand ce Maeldron Sombrelune s'est présenté la première fois, ce fut pour m'enlever ta présence. A cause de lui, je me retrouvais seul. Cette nuit, il est venu pour se proposer comme substitue. J'ai refusé son offre, j'ai tenté de lui expliquer que lors d'un Pacte avec une Ombre, il n'y a pas de domination entre le sorcier et sa magie. L'Ombre devient la magie du sorcier ! Mais il ne comprenait pas et moi, j'étais atrocement affaiblis par la modulation de mon corps. Je voulais tellement ressembler à l'Yshuan que tu désirais sauver en moi, que j'ai tout risqué pour y parvenir. Ainsi vulnérable, je ne pouvais déployer mes Ombres qu'en une illusoire protection. Si tu me trahissais et que les paladins venaient... s'en serait fini de moi. Mais contrairement à toutes craintes, c'est ce sorcier qui est venu à ma porte. Mais le résultat fut à peu ou proue identique. En prononçant ton nom, en lui rappelant pour la énième fois que je ne t'influencerais plus... il m'a attaqué. Mes Ombres ont su protéger la villa de son Inferno, mais la dépense d'énergie fut un coup terrible pour mes maigres forces. S'il décidait d'attaquer Laynar, je ne pourrais rien faire.
J'entrouvre les yeux, me demandant pourquoi tu m'as abandonné. Non ! Tu vas venir plus tard. Tu va revenir ici et me prendre dans tes bras. Un sourire timide étire mes lèvres, j'essaie de me rassurer. La faille a du se refermer trop vite derrière moi et tu n'as pas eut le temps de me suivre. Tu as voulu t'assurer que le bébé et ton époux allaient bien avant de venir. N'est-ce pas ? Zuri... pourquoi es-tu si longue maintenant ? Je tousse du sang, couvrant ma bouche d'une main et fermant les yeux sous les élancements douloureux qui parcourent mon corps. Aaah... J'ai juste assez de force pour faire cesser l'hémorragie au niveau de mon ventre.
Il faisait tellement sombre dans votre chambre. Le bébé était de l'autre côté du lit, Laynar tenait son épée en me dévisageant et toi... tu me demandais ce qu'il se passait. Tu cherchais à me calmer, à comprendre ce qu'il m'arrivait. Zuri, j'étais tellement affolé et si fatigué. Je n'ai pas songé à verrouiller mon regard, à protéger de ça ton époux imprudent ! Et lui, pourquoi n'y a-t-il pas pensé ? Je ne voulais pas le blesser. Je ne voulais pas me séparer de toi, jamais je n'aurais voulu rompre notre pacte. Tu m'étais devenue tellement précieuse. Mais voilà, nos regards se sont croisés et je me suis laissé capturer par l'éclat orage de ses yeux... par l'intensité de ses prunelles braquées sur moi. Et il fut là : dans mon propre Monde. Yshuan se tenait à côté de lui, figé sur place par la surprise. Il... Je... Je regardais Laynar contempler la désolation de mon environnement. La pluie de sang piquait ses épaules, les corps écorchés ondulaient sous ses pieds et les arbres noirs aux feuilles blanches bruissaient sous le vent porteur de gémissements. Je sentais sa peur tel un parfum enivrant qui m'aurait étourdis si je m'étais laissé emporté par ses fragrances, mais j'ai su résister. Il fallait que je te le renvois... Que je te le rende. Laynar devait partir immédiatement, seulement... Seulement il a refusé. Une épée à la main, il me tenait à distance tout en continuant de fouiller le paysage d'un regard rapide.
Une épée... te le dira-t-il seulement un jour !? Sa volonté l'a emporté sur la mienne. Ton époux, Zuri, a su faire venir dans mon Monde une partie du sien. Sa propre force était fermement tenue dans sa main sous la forme d'une magnifique épée... un élément hors de mon contrôle. Il ne me laissait pas l'approcher, que pouvais-je faire ? Il m'aurait suffit de poser la main sur ses yeux. Il m'aurait suffit de briser le contact pour te le rendre. Je ne pensais qu'à ça, Zuri. Juste... protéger le Lion de mes propres peurs. Mais il était déjà trop tard... le Général fut bientôt sur nous et alors que je tentais de saisir Laynar pour l'écarté d'une attaque à distance, me prenant les pieux de plein fouet ? Il me frappa au visage d'un coup de coude pour m'écarter de lui... et se rua sur l'Ombre en rugissant sa haine. Mais ce n'est pas le corps torturé du Général qu'il transperça avec violence. Ce fut le mien... Sournois, IL a dévié la réalité qui nous entourait pour que ton homme jète sa charge sur moi. La douleur dans mon corps fut comme l'écho amer d'un sombre souvenir. Nos yeux, à Laynar et moi, se croisèrent encore mais cette fois le Lion ne s'attarda pas. Il visait déjà autre chose. Accroché à son épée, la douleur me paralysait. Le gênant, il me dégagea de sa lame d'un coup de pied et je m'écroulais au sol dans un cri étranglé. La pluie de sang scintillait au dessus de moi, rapidement effacée par la silhouette du Général.
- Fuis, souffla Yshuan. Pense à elle...rejoint là. Réveille toi. Je sentais la joie de l'Ombre à me voir autant souffrir. Cela faisait plusieurs siècles que je n'avais pas ressenti une telle douleur et IL s'en régalait. Me frappant, le Général oublia un instant Laynar et je ne ravalais aucun de mes hurlements de douleur afin de garder son attention rivée sur moi. Et je regardais ton époux courir vers les arbres. Je l'observais m'abandonner pour saisir une feuille blanche, puis... disparaître. Le froid tomba sur moi comme une chape de plombs. Zuri, je te jure que je n'ai pas cherché à lui faire du mal. C'est plutôt, l'inverse... L'ombre du Général me cache la vue, il me sourit avant de m'achever. Une larme reste fichée dans mes cils alors que toute vie quitte mon regard.
En émergeant, je garde la tête basse et je me contente d'écouter Zuri s'inquiéter du cri d'alarme de son époux. La douleur déchire mon corps de l'intérieur, se répandant lentement comme une bête enragée jusqu'à gratter ma peau et y ouvrir une plaie béante. Je sens ma conscience chanceler, manquant de peu de m'évanouir. Mais je dois rester éveillé, m'assurer que cet idiot de daeva ne porte pas de marque d'ombre sur lui... mais déjà Laynar déclare que je lui ai fait du mal. N-non ! Zuri renchérit et je me lève, plaquant une main sur mon ventre. Tout s'embrouille autour de moi, j'ai l'impression de réfléchir au ralenti, d'avoir des flashs noirs de plusieurs secondes. La conversation est hachurée, je ne comprends pas tout. J'ouvre un portail... je me glisse laborieusement à l'intérieur.
Ouvrant les yeux, je sens une présence approcher. Je la reconnais tout de suite, c'est Zuri. Souriant, je me relève alors que la douleur m'impose un repos complet. Je l'ignore, car je sais que ma Poupée arrivera d'ici une heure peut-être et qu'elle me prendra enfin dans ses bras pour me bercer. Ma joie est pourtant de courte durée. Je sens avec elle l'Ange. Les Ombres s'agitent de plus en plus, un malaise m'envahit puis une peur sourde et incontrôlée. Tremblant de la tête aux pieds, je me traîne vers la fenêtre grande ouverte et j'observe la forêt plus bas. Oui... Il n'y a pas de doute ! Lawener accompagne Zuri et l'Ange. Je reconnaitrais cette aura parmi un millier d'autres et ça me glace d'effrois avant qu'une douleur sourde ne me saisisse à ma cicatrice. Crispant les mains dessus, je tombe à genoux. Pourquoi ? J'ai pris soin de ton enfant, j'ai protégé ton époux contre ce sorcier étrange puis contre le Général. Pourquoi m'as-tu fais ça, Zuri...? Une telle trahison, je n'aurais jamais cru que ça me ferais aussi mal. J'ai tellement voulu y croire à cette main que tu m'as tendu. Tu m'appelais « petit homme » et tu me prenais dans tes bras. Tu m'avais promis d'apporter un livre, mais tout ce que tu apportes avec toi ce soir c'est la mort. Lawener me tuera, comme il l'a fait il y a déjà plus de trois cents ans. Le Pacte a été rompu et tu viens te venger... mais je ne peux pas me laisser mourir maintenant. Me levant, je plonge dans une autre fissure, porté par les Ombres affolées.
Je ne peux pas aller bien loin. Je suis beaucoup trop faible. J'échoue dans un coin de la forêt et je ne peux que tisser un labyrinthe d'ombres pour me protéger. Quiconque entrera dans cette partie de la forêt, ne pourra jamais en ressortir. Comme une boucle sans fin, les Ombres entrecroisées, comme les barreaux serrés d'une cage, garderont leurs proies jusqu'à la mort. J'ai mal et j'ai atrocement froid... Grelottant, je me blottis contre un tronc d'arbre et je ferme les yeux. Le chien affable se matérialise et s'éloigne à pas souples jusqu'à la villa où il attend l'arrivée de Zuri. Je sais qu'il va l'entraîner ici et que mes Ombres vont la dévorer pour que je puisse me soigner au travers de leur festin.
Lentement, je sors la boite à musique de mon cube. Je remonte le mécanisme et je laisse monter à la cime des arbres la triste mélodie. Zuri... Tout seul, comment veux-tu que je lute contre le Général ? Je suis seul maintenant et je ne veux plus personne à côté de moi. J'ai été naïf, je peux l'être encore ou changer... La douleur qui je ressens dans mon âme me pousse dans les bras de l'Ombre qui m'habite. Je vais jouer à nouveau, ouvrir mes plus belles représentations de marionnettes. Je vais jouer avec vous jusqu'à ce que mort s'en suive. Je trancherais les mains qui se tendent. Plus jamais je ne veux éprouver ça. |
|  | | Anithia Vigilant

Messages: 143 Date d'inscription: 14/02/2010
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 | Sujet: Re: Yshuan - Le Marionnettiste (BG pouvant être violent/gore) Jeu 29 Avr 2010 - 22:29 | |
| Une pièce vide. Le sol parsemé de tapis sent la paille et la teinture... mêlé à l'odeur de mort des fourrures qui recouvrent le lit. Les murs sont nus, le plafond absent de toute lampe. Il n'y a pas de portes, pas de fenêtres. Pas de jours ni de nuits... rien ne rythme désormais ma vie à part les repas qui apparaissent devant moi. Deux, trois par jours. Les gardiens s'occupent de moi. Une pièce à la luminosité rouge de la sphère ensanglantée qui passe au travers des panneaux de bois. Les ombres s'étendent, faméliques, sur le sol et m'ignorent. Je n'entends plus leurs murmures. Je suis désormais seul.Les barreaux de ma cage me toisent, m'isolent. Je n'ai plus de voix, je n'ose parler de peur que le silence me réponde... me siffle que je suis seul et que je n'ai qu'à me taire davantage encore. Les murs froids de pierres sont un soulagement à ma peau brûlante d'une fièvre qui n'en ait pas une. Les draps fins couvrent totalement mon corps, seul doit rester visible mes yeux. Un regard terne, à l'éclat jadis ensorcelant qui n'est plus qu'une flaque d'encre séchée. Le vent souffle tellement fort parfois. Les murs s'estompent en des flocons de cendre qui retombent sur une plaine grise. Je suis debout, offrant mon visage aux cendres tièdes. Le ciel est rouge, parsemé de nuages noirs... L'air est glacé.Un garde s'arrête pour jeter un regard désintéressé à l'intérieur de ma cage. Son regard passe sur ma silhouette avant qu'il ne continu sa ronde. L'herbe grise ondule comme les vagues sur un rivage, léchant dans ses remous mes mollets ou mes hanches. La caresses est mordante.Le raclement sur le sol de la cellule m'indique qu'il est l'heure d'un repas. Lequel ? Matin... midi ou soir ? Je tourne à peine la tête vers la porte, frissonnant violemment quand ma joue quitte la fraicheur du mur. Tremblant, je me mords le dos de la main pour ravaler mes cris d'angoisses et je reste silencieux. Au delà de ce qui est visible, je peux voir un mur. Noir... immense et infini. Il tranche dans la plaine et pulse au rythme de mon souffle. Le seul écho dans le silence, le seul bruit qui gronde à ma gorge... à ma poitrine.Je pose une main sur mon torse, fouillant sous la tunique pour trouver ma peau. Elle est brûlante, mais glacée en un seul endroit. Au dessus du cœur, la cicatrice persiste encore... gouffre sans vie qui aspire mon essence pour demeurer. Levant les yeux sur le mur, je peux voir l'immense portail. Tranchant dans le mur par ses barreaux de foudre, il luit d'une Lumière chaleureuse et protectrice. En son milieu, une lourde chaîne d'Ether maintient les portes de la cage fermées. Il est toujours en moi et pourtant absent de ma vie. Je l'ai combattu, répondant à la voix du prêtre... j'ai défié le Général. Ils ont réussit à le vaincre de sorte à me laisser en vie. Mais, quelle différence ? Je vais mourir pour des actes que je n'ai pas fais... Une silhouette remue derrière les barreaux du portail. CA n'ose pas s'approcher à cause de la Lumière et CA ne peut pas forcer le passage à cause des glyphes.... mais que je n'ai pas empêché d'arriver. Je suis rester cruellement passif. Mais je ne voulais pas être seul. Abandonné. Les glyphes scintillent, écoulant leurs étincelles de pouvoir au sol ondulant d'herbe grise. Feu... Eau... Terre et Air. Elles sont magnifique dans leurs courbes et entrelacs. Au total, huit clefs enferment désormais le Général. Je suis le réceptacle de cette prison. Enfermé en dedans de moi, j'en suis le triste gardien. Puis-je pleurer ? L'herbe est son pouvoir s'écoulant faiblement... gorgé de haine et de rancune. Mes mains caressent l'herbe tranchante. Mon sang perle comme une rosée.Mon seul crime fut d'avoir peur d'être seul. J'ai cherché à m'entourer et ce, quelqu'en soit les moyens. Amour, Haine, Pitié, Colère, Mépris... Donnez moi de votre chaleur. Ne me laissez pas. La pièce m'enferme, la sphère sanglante étend les ombres silencieuses. Les fourrures se froissent, se battent sur le lit dans une piètre copie des bêtes qu'elles étaient. Ma Poupée, tu m'as encore abandonnée. Tu devais me revenir... mais tu m'offrais ma dernière visite ? Des promesses dans le vent, un sourire impossible. Mon Lion... ton regard et tes cris me manquent. J'ai tellement froid. Plus personne pour me réchauffer. Le silence se moque et le sceau me glace le dos... lourd comme du plombs. Les ombres paressent sur les tapis et la sphère dégouline de sang. Je suis seul. Des bruits de pas. Trop de personnes s'approchent de ma cellule. J'émerge et je regarde vers les barreaux. Des soldats, une femme... une clef qui tourne et un vague grincement. On vient me juger ? Désorienté, je ne comprends pas... le noir m'engloutit brusquement. Je n'ai plus de conscience. Je suis allongé dans l'herbe haute. Elle se tresse sous moi comme une couche et se penche au dessus comme un cocon. Un linceul.... ? J'entends un vague murmure. Je n'en saisis pas le sens, mais... j'ai peur. |
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